Logo - Papilles et Pupilles

Chargement en cours...
Veuillez patienter...
P & P

Papilles & Pupilles

Blog culinaire qui fait voyager

Le botrytis à Sauternes, la magie de la pourriture noble

France Reportages

Grappe botrytisée à Sauternes, raisins atteints de pourriture noble

Grappe botrytisée

Vendredi, j’étais à Château Coutet, Premier Grand Cru Classé de Sauternes. Jour de vendanges. Ici, rien n’est jamais banal à cette période de l’année, mais ce matin-là avait un petit quelque chose en plus.

La journée a commencé dans le brouillard, comme souvent dans ce coin précis de Gironde, entre la Garonne et le Ciron. Une brume dense, presque cotonneuse, qui enveloppe les vignes et ralentit le temps. Tout est plus silencieux. Plus feutré aussi. On comprend vite que ce brouillard n’est pas un décor : c’est un acteur à part entière de l’histoire.

Vendangeurs en train de récolter les raisins botrytisés à Sauternes

Les vendangeurs

Puis le ciel s’ouvre. Le bleu arrive, franc, lumineux, presque joyeux. Et au milieu de ce paysage presque paisible, le château veille. Imposant sans être écrasant. Discret mais solidement ancré. À Sauternes, on sent très vite que le temps long n’est pas un concept marketing, mais une réalité quotidienne. 

Château Coutet, Premier Grand Cru Classé de Sauternes

Château Coutet

Dans les rangs, les vendangeurs avancent lentement. Ici, pas de gestes mécaniques ni de grandes coupes franches. On observe, on hésite parfois, on choisit surtout. Chaque grappe compte, chaque grain aussi.

La photo du jour, c’est celle d’une grappe.

Botrytis sur grappe de raisin à Château Coutet, pourriture noble à Sauternes

Botrytis – Château Coutet

Elle ne ferait rêver personne au premier regard. Des grains fripés, brunis, presque fatigués. Et pourtant… c’est là que tout commence.

Voici le secret du goût unique des vins de Sauternes : le botrytis, ou plus précisément Botrytis cinerea, que l’on appelle ici la pourriture noble. Un nom un peu rude, soyons honnêtes, mais sans lequel Sauternes ne serait qu’un joli vignoble parmi d’autres.

Grâce à ce microclimat si particulier, les brumes matinales favorisent le développement du botrytis sur des raisins arrivés à parfaite maturité. Puis, lorsque le soleil prend le relais, les grains s’assèchent lentement. Leur peau se micro-perfore, l’eau s’évapore, et le jus se concentre. Moins de volume, beaucoup plus d’intensité.

Sucres, acides, matière, arômes : tout se resserre. C’est ainsi que naissent ces notes si reconnaissables des grands Sauternes, entre miel, fruits confits, abricot sec, agrumes, épices douces, parfois une pointe de cire d’abeille ou de safran.

La récolte se fait alors en plusieurs passages successifs dans les vignes, appelés tries. Les vendangeurs ne coupent pas une grappe entière. Ils sélectionnent presque grain par grain, uniquement ceux qui ont atteint le stade idéal. Un travail patient, minutieux, exigeant. Rien n’est laissé au hasard.

Ce qui frappe, quand on assiste à ces vendanges, c’est la fragilité de l’équilibre. Trop d’humidité, et la pourriture devient grise, destructrice. Pas assez, et le botrytis ne s’installe pas. Chaque millésime est une aventure, parfois une prise de risque.

Ici, la nature ne se dompte pas. Elle se regarde, s’écoute, se respecte. Et quand tout s’aligne, elle transforme ces grappes flétries en véritables trésors : des vins à la douceur précise, à la longueur impressionnante, capables de traverser les années sans perdre leur éclat.

 

À consommer avec modération, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

À suivre…

Allez on en discute ?
Les 2 derniers commentaires
  • Cécile a écrit le 18 octobre 2010

    Merci Anne pour l’info 🙂

  • Château Coutet a écrit le 18 octobre 2010

    Bravo pour ces superbes photos!

    Electroménagère, savez-vous que la sensation de sucre en bouche, aussi concentré soit-il, n’est pas lourde si l’équilibre entre l’alcool, l’acidité et le sucre est optimable? Il en est de même, si le vin est judicieusement associé à un mets qui contrebalance le côté sucré, comme un fromage persillé par exemple…

P & P

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Photo - Anne Lataillade
Anne Lataillade
Fondatrice de Papilles & Pupilles
Autrice culinaire à Bordeaux

Depuis 2005, je raconte la cuisine telle que je la vis au quotidien : des recettes fiables, de saison, simples et savoureuses, mais aussi des coups de cœur, des produits que j’aime… et des escapades gourmandes qui donnent envie de passer à table.

S'inscrire à la
newsletter

Je voudrais...
Psst, vous pouvez cocher
plusieurs options !
Par ingrédients
Par type de repas













Par type de plats











Par événements










Par régime alimentaire




Une envie ? Un ingrédient dans votre frigo ?
Dites-nous tout !

Et les petits lutins de Papilles et Pupilles
trouveront la meilleure recette
juste pour vous

Photo - Anne Lataillade

Anne Lataillade

auteure enthousiaste et passionnée
de Papilles et Pupilles

Je m'appelle Anne, je vis à Bordeaux et je suis depuis 2005 celle qui partage sur ce blog recettes, coups de cœurs, voyages et reportages. Cliquez ici si vous voulez en savoir plus sur moi.

 Allez, on reste en contact  ?
FACEBOOK
267 000
followers
Pinterest
568 300
followers
Instagram
94 800
followers