
Auberge Lou Bourdié, Bach
À Bach, dans le Lot, l’Auberge Lou Bourdié a le charme des vrais restaurants de village. On y vient pour une cuisine du Quercy sincère, un accueil simple et attentif, le pastis maison — salé ou sucré — et les crêpes Suzette préparées au guéridon.
Ce que j’ai aimé ici, au-delà de l’assiette, c’est cette impression de continuité. Lou Bourdié n’a pas été transformée en décor pour touristes : la maison a conservé ses recettes, son esprit et sa façon de recevoir.
Une maison de famille devenue auberge
Il ne s’agit pas d’une auberge sortie de nulle part. Avant d’être un restaurant, c’était une maison de famille où l’on vivait du travail de la terre. Le nom le dit d’ailleurs très bien : en occitan, “bourdié” désigne le fermier. Ici, la cuisine vient d’un lieu, d’une famille et d’une façon de recevoir.
Dans cette maison, la table a toujours compté. La grand-mère Marie y cuisinait déjà, puis Monique, la tante de Jérôme, a pris le relais et tenu l’auberge pendant de longues années. Dans le village, beaucoup se souviennent d’elle : une femme généreuse, directe, attachée aux recettes familiales et à cette cuisine qui rassemble autant qu’elle rassasie. Une vraie personnalité, aussi.
Aujourd’hui, ce sont Julie et Jérôme qui continuent cette histoire familiale, sans la trahir ni la figer.

Julie et Jérôme Fouillade
Julie et Jérôme, une reprise en douceur
Avant Bach, tous les deux avaient déjà un vrai parcours dans la restauration. Ils se sont rencontrés à Béziers, ont travaillé, appris, avancé chacun dans leur métier. Julie s’était formée en salle et en sommellerie ; Jérôme avait acquis une expérience plus gastronomique, notamment en restauration étoilée.
Puis la vie les a ramenés ici. Julie est venue aider Monique un été, et elle est finalement restée. Elle a travaillé à ses côtés pendant des années, d’abord en salle, puis en cuisine. Elle a appris les recettes, les gestes, les habitudes, mais aussi les codes de la maison.
Ce que j’ai aimé dans leur démarche, c’est qu’ils n’ont pas cherché à tout effacer pour repartir de zéro. Ils ont préservé l’esprit du lieu, tout en apportant leur énergie, leur expérience et leur manière de faire. Julie respecte cette continuité en cuisine ; Jérôme, en salle, apporte l’attention, le service et cette présence tranquille qui rend le repas agréable.
Une cuisine du Quercy, franche et généreuse
À la carte, on retrouve les marqueurs du Quercy : le canard, le foie gras, le magret fumé, les pommes de terre, les terrines, le pastis, les plats mijotés. On sait où l’on est, et c’est précisément ce que l’on vient chercher ici.
Le potage
Le repas commence par un potage, comme dans beaucoup d’auberges de campagne. Il n’est pas forcément annoncé sur le menu, mais la soupière arrive à table, et personnellement, j’adore ce genre d’attention. Ce jour-là, c’était un velouté de courgettes. Dit comme cela, rien de très spectaculaire. On se dit : bon, une soupe de courgettes. Sympathique, mais pas exactement le plat que l’on imagine raconter trois paragraphes plus loin.

Potage aux courgettes
Et pourtant, il était délicieux. Plus parfumé, plus profond que ce que l’on imagine d’un simple potage de courgettes. À l’aveugle, j’aurais juré qu’il y avait du chou, du jambon, quelque chose d’un peu “garbure” dans l’esprit.
En réalité, Julie le parfume avec des entames de magret fumé maison, qu’elle laisse infuser avant de les retirer. C’est tout simple, mais très malin. Rien ne se perd, tout donne du goût, et la soupe prend soudain une autre dimension. J’aime beaucoup ce genre de détail : discret, mais décisif.
Les entrées
Nous avons ensuite choisi deux entrées très différentes. De mon côté, j’ai pris une terrine de cabillaud et saumon, sauce oseille. C’était frais, bien fait, avec cette petite acidité de l’oseille qui réveille l’ensemble sans tout bousculer. La sauce avait une texture incroyable.
Mon mari, lui, a choisi le pastis quercynois au confit de canard, sauce Périgueux. Là, on change de registre. On entre directement dans le pays du canard, du croustillant, de la sauce qui a du coffre.
- Terrine de cabillaud et saumon sauce oseille
- Sauce à l’oseille
- Pastis Quercynoix au confit de canard sauce Périgueux
Les plats
En plat, j’ai opté pour le poulet aux morilles. C’est exactement le genre d’assiette que j’aime trouver dans une auberge : une sauce parfumée, du moelleux, du goût, du confort. Rien de compliqué pour faire joli, mais un vrai plat qui fait plaisir. Il est servi avec d’excellentes pommes de terre sautées et un petit flan de courgettes ultra moelleux.
- Poulet aux morilles
- Pommes de terre et flan de courgettes
- Tourte Quercynoise au confit de canard et salsifis
Mon mari a poursuivi avec la tourte quercynoise au confit et aux salsifis. Là encore, on est dans une cuisine terrienne, franche, qui ne minaude pas. Et entre nous, elle aurait bien tort.
C’est l’une des spécialités de Julie : le pastis salé, cette pâte très fine du Sud-Ouest, garnie ici de confit de canard et de salsifis. Le dessus croustille, l’intérieur reste fondant, et l’ensemble a beaucoup de caractère. Je vous en reparle dans cet article dédié, parce que le geste mérite à lui seul que l’on s’y attarde.

Pastis
Les desserts
Et comme il aurait été dommage de repartir sans dessert, nous avons quand même trouvé le moyen d’en goûter deux. Il ne restait plus beaucoup de place dans nos estomacs — disons plutôt placard à balais que salle de bal —, mais c’était suffisant pour les crêpes Suzette et le pastis aux pommes.
- Crêpes Suzette
- Pastis aux pommes
Les crêpes Suzette méritent une mention spéciale, parce qu’elles sont préparées au guéridon par Jérôme, directement devant vous. Et cela, franchement, on ne le voit plus si souvent.
Le geste est très agréable à regarder, sans théâtre inutile. La sauce prend doucement, l’orange parfume le beurre et le sucre, le caramel se forme, puis la flamme surgit. C’est précis, chaleureux, un peu spectaculaire quand même, mais sans jamais en faire trop.
Je vous mets la vidéo juste ici, parce que ce serait dommage de ne pas partager ce moment.
Dans l’assiette, c’est très bon. L’orange apporte une légère amertume qui équilibre le beurre et le sucre. Même si, sur le papier, cela peut sembler costaud, cela passe très bien. Trop bien, peut-être. Mais enfin, on ne va pas se plaindre d’une crêpe Suzette réussie. Il y a des combats plus urgents.
Mon avis sur l’Auberge Lou Bourdié
J’ai passé un très bon moment à l’Auberge Lou Bourdié. Ce n’est pas une table précieuse, ni une adresse qui cherche à faire moderne à tout prix. C’est une auberge sincère, avec une histoire, une cuisine de caractère, très bien faite, et un accueil très agréable.
On vient ici pour manger des plats du Lot, se remémorer des souvenirs d’enfance, goûter le pastis salé, profiter d’un vrai repas d’auberge et repartir content. Ce que je retiens surtout, c’est cette continuité entre l’histoire du lieu et ce que Julie et Jérôme en font aujourd’hui : une cuisine attachée au Quercy, une salle accueillante, une vraie simplicité et beaucoup de soin.
Si vous êtes dans le secteur, cela vaut clairement l’arrêt. Et si vous prévoyez une visite des Phosphatières du Cloup d’Aural, l’enchaînement fonctionne très bien : une découverte étonnante, puis une bonne table dans le même village.
Pensez à réserver, surtout en saison. Lou Bourdié a ses habitués, et on voit vite pourquoi.
Informations pratiques
Auberge Lou Bourdié, Le Bourg, 46230 Bach
- Ouverture : lundi, mardi, jeudi, vendredi et dimanche, de 12h à 14h30
- Fermeture : mercredi et samedi
- Le soir : possibilité de réservation sur demande
- Réservation : recommandée, surtout en saison
Comme toujours, pensez à vérifier les horaires avant de vous déplacer, surtout hors saison ou pendant les vacances.
Invitation – Voyage de presse dans le Lot















Crêpe suzette, la vidéo donne trop envie 😜
Il faut y aller 😉
j oubliais prix serrés: incroyable
et j’adore les assiettes en grès j’avais les mêmes ..♥
Oui, fou fou