
Benoit Labouille
J’ai rencontré il y a quelques jours Benoit Labouille, un agriculteur passionné et innovant, qui a été l’un des premiers à avoir introduit la culture de la patate douce en France, il y a une dizaine d’année. Installé sur la ferme familiale de Pinchagut à Bourideys dans le sud Gironde, il cultive aujourd’hui plus de 40 hectares de patates douces en agriculture biologique et conventionnelle, la Douce des sables.
Un choix audacieux : de la culture du maïs à la patate douce
Benoit a repris la ferme créée par son père. Et, en reprenant l’exploitation, il a eu envie de diversifier la production et de gagner en autonomie. C’est avec une réflexion pragmatique qu’il s’est tourné, entre autres, vers la patate douce :
En effet, il s’est rendu compte lors de la naissance de sa fille, que l’offre en légumes d’hiver adaptés aux purées pour bébés était limitée. La patate douce, alors principalement importée des États-Unis et d’Israël, s’est imposée comme une évidence. De plus, avec l’aide d’un ingénieur agronome, Benoit a analysé le marché. Résultat : les jeunes parents et les amateurs de cuisine recherchaient déjà ce tubercule.
- Ferme de Pinchagut
- Patates douces
Et donc, en l’espace d’une décennie, il est devenu l’un des premiers producteurs français à proposer des patates douces locales.
Comment Benoit Labouille cultive-t-il ses patates douces ?
La patate douce appartient à la famille du liseron (Convolvulaceae). Ses souches principales proviennent soit d’Amérique du Sud (ce sont majoritairement des patates douces à chair orange), soit d’Asie (les variétés plutôt blanche et violettes).
Les différentes variétés de patates douces :
- À chair orange et à peau orange → Bellevue, variété savoureuse.
- À chair orange et à peau rosée → Beauregard, sucrée et tendre.
- Puis, à chair blanche, et peau blanche → Plus fondante et sucrée.
- À chair blanche et peau mauve → Goût et texture proches de la châtaigne.
- Et enfin à chair violette et peau violette → Magnifique visuellement, idéale pour chips et purées colorées. Au goût, elle est un peu plus âpre.
- 2 variétés de patates douces
- Patates douces chair blanche
- Patate douce chair orange
A noter que toutes ces variétés ont indice glycémique bas, idéal pour une alimentation équilibrée.
De la terre à l’assiette
Sa culture repose sur une plantation manuelle de boutures au mois de mai. Les nœuds enfouis sous la terre se transforment en racines et produisent les tubercules. Et, en surface, la plante développe des tiges rampantes qui couvrent le sol. Les fleurs ressemblent vraiment à celles du liseron !

Fleurs de patates douces ©Benoit Labouille / Douce des Sables
Le désherbage est manuel et mécanique. Il n’y a ni ravageurs, ni maladie est la culture est naturelle. Benoit produit à la fois en bio et en conventionnel. La différence se fait au niveau des engrais (fumier et fientes en bio et potasse en conventionnel).
- Champ de patates douces ©Douce des sables
- Récolte ©douce des sables
La récolte se fait à la main (de septembre à mi-novembre) pour éviter d’abîmer les tubercules. En effet ils sont très fragiles en sortant de terre. Le stockage se fait en pallox, sans lavage, pour préserver leur intégrité.

Patates douces des sables sortant de terre ©Douce des Sables
Puis, quand l’entrepôt est plein vient une phase de curing. Les pommes de terre sont laissées à une température de 28°C avec une forte hygrométrie pendant 1 semaine. Cela permet de transformer l’amidon en sucre, d’améliorer ainsi le goût. Cerise sur le gâteau, cela permet également la cicatrisation des petits chocs.
Ensuite, les patates douces sont stockées dans un entrepôt entre 10 et 12°C. Quand viendra le moment d’expédier, elles seront lavées, séchées, calibrées et mises en carton.
Bref, grâce au travail de producteurs comme Benoit Labouille, la patate douce française devient une alternative locale et responsable aux importations d’Israël et des États-Unis. L’essayer c’est l’adopter !
Où trouver les patates douces de Benoit Labouille ?
Si vous êtes dans le sud de la Gironde il fait un petit peu de vente directe à la propriété (Ferme du Pinchagut à Bourideys). Mais sinon, partout en France, dans les grandes surfaces (Auchan Mériadeck pour les girondins) et aussi chez Grand Frais.

Colis de patates douces
Et voici le lien vers la recette créée spécialement pour mettre en avant ces patates douces dans le cadre d’un reportage pour le journal de 13 heures de France 2 : Parmentier de canard aux patates douces.
Bon appétit !















vu le reportage aujourdhui au JT de France 2 super !
merci à tous les 2 (bon enfin ils t’ont juste rebaptisée!!)
je vais partager le reportage !
oui, je l’ai signalé. #soupirs.
Hasard du calendrier, hier j’ai catalogué le dernier numéro de Cuisine Actuelle, et Pierre Hermé y propose une recette de gâteau (au chocolat, évidemment) à la patate douce … j’ai mets souvent dans les gratins de butternut, et dans certaines soupes, et bien sûr, moi aussi j’ai découvert ce tubercule quand mes enfants étaient bébés et que je leur préparais des purées … il y a 15 ans !
Merci pour ce reportage très intéressant, j’ignorais qu’il existait autant de variétés différentes ! Malheureusement vers chez moi les supermarchés (et je crois que les grandes surfaces type Grand Frais ou autres, c’est encore pire) proposent plutôt des patates douces qui viennent de l’autre bout de la planète … heureusement, il y a les marchés de producteurs !
BOnjour Lisbei
Avec plaisir 🙂
Mon cultivateur Girondin vendait chez grand Frais 😉