
Truffière
Avant de mettre les pieds en Charente, j’ignorais totalement que ce département produisait des truffes noires. Pour moi, truffe = Périgord ou Sud-Est, point final. Eh bien non, amis des internets, il y en a aussi ici, et même dans tout l’ancien Poitou-Charentes !
C’est Régis Mesnier, trufficulteur, viticulteur et président des trufficulteurs de Charente, qui m’a ouvert les portes de son univers. Avec lui, j’ai découvert que ce terroir discret cache une vraie histoire de truffes.
La Charente, terre de vignes… et de truffes
On dit souvent que là où pousse la vigne, la truffe n’est pas loin. La Charente en est la preuve. Entre 1870 et 1910, le département a connu un véritable âge d’or du Tuber melanosporum.
Pourquoi ?
À cause du phylloxéra, ce puceron venu d’Amérique du Nord qui a ravagé le vignoble français. En Charente, privée de vignes (coucou le Cognac, coucou le Pineau), on s’est tourné vers la truffe pour survivre. Et ça a marché : pendant plusieurs décennies, le champignon noir a prospéré… jusqu’au retour des plants de vigne importés des USA. Les viticulteurs ont retrouvé le Cognac et le Pineau, et la truffe est retombée dans l’ombre.

Régis & Flibuste
Une filière relancée
Depuis une quinzaine d’années, la chambre d’agriculture de la Charente soutient activement la trufficulture. Elle distribue des aides à la plantation, accompagne techniquement et forme les nouveaux trufficulteurs.
Patience, toutefois : entre la plantation et la première récolte, il faut 5 à 6 ans… parfois 15. Et encore, rien n’est garanti : sur 100 arbres plantés, seuls 30 à 40 produisent des truffes.
Cavage avec Flibuste
J’ai eu la chance d’accompagner Régis et son chien Flibuste, un Lagotto Romagnolo, pour une séance de cavage (la chasse aux truffes). Imaginez : le soleil couchant, une truffière de chênes dorée par la lumière, et le chien qui renifle de tronc en tronc… jusqu’au moment magique où il gratte et signale la précieuse trouvaille.
Un spectacle incroyable, qui donne une idée de la beauté (et de la difficulté) de cette culture.
Chiffres clés de la truffe en Charente
- En France, environ 50 tonnes de truffes changent de main chaque année.
- Le Sud-Est (Carpentras et alentours) fournit 35 tonnes.
- Le grand Sud-Ouest récolte environ 2 tonnes, dont la moitié en Charente.
- Sur le marché de Jarnac, les truffes s’échangent entre 500 et 800 €/kg.
- Chaque mardi matin, de décembre à février, 600 à 700 kg de truffes passent par ce marché officiel.
- Le marché noir représenterait au moins autant, sinon plus…
Où acheter les truffes charentaises ?
Le marché de Jarnac est le rendez-vous. Il est contrôlé par le syndicat des trufficulteurs. Chaque truffe est inspectée et canifée une à une, les exemplaires douteux sont écartés, et seules les vraies melanosporum de qualité sont proposées.
Résultat : l’acheteur repart serein, avec une truffe prête à l’emploi (brossée, nettoyée, canifée). Le prix est environ 15 % plus élevé qu’en Sud-Est, mais il y a moins de pertes car on n’achète pas “de la terre avec”. Et c’est clairement rassurant.

Truffe canifée
Combien prévoir et comment conserver ?
- Quantité par personne : comptez 15 g pour parfumer une purée de 5 à 6 personnes, ou 30 g pour un repas truffé de 6 convives.
- Conservation : au réfrigérateur, entre deux feuilles de papier absorbant dans un récipient hermétique, jusqu’à 15 jours maximum. Changez le papier tous les 1 à 2 jours.
- Astuce bonus : placez quelques œufs, un morceau de beurre ou du fromage dans le récipient : ils se parfumeront naturellement.

Truffes, beurre, oeufs
Alors, la truffe charentaise, elle vaut quoi ?
Eh bien… je n’ai pas goûté 😅. Mais pourquoi serait-elle moins bonne que celle du Périgord ? Même espèce, mêmes qualités. En tout cas, j’ai adoré vivre ce moment de cavage avec Régis et Flibuste, entre tradition, patience et passion.
Un immense merci à eux pour ce partage.















Il y en a partout où le terrain est composé de couches calcaires associées à de la terre lourde style glaise .
Donc beaucoup de vignobles ont cette configuration de terroirs . de même que les « Causses » .
Le fait que beaucoup de truffières ont disparu ou périclité vient aussi du fait que la guerre de 14/18 a
fait disparaître énormément d’Hommes Paysans qui s’occupaient de leurs truffières avant guerre . Leurs
Veuves étaient très occupées avec leurs enfants , ont été obligées de se tourner vers des cultures plus rentables dans l’urgence . De ce fait, de plus de 400 tonnes, la production a chuté de façon vertigineuse !
Bon , mais il semble qu’il y ait un regain dans les récoltes dans nos Pays . Il faut éviter la truffe de Chine
qui est là pour tromper les « gogos » car elle a le même aspect extérieur , mais c’est tout .
Ca c’est sur. La truffe de Chine n’est pas toujours facile à détecter. On m’avait expliqué par exemple que si tu en glisses une dans un panier de « vraies », elle prend l’odeur et à l’oeil pas facile de la détecter.
Bonjour
Connaissez-vous des adresses de trufficulteurs vers Surgères (17700) ou La Rochelle (17000)?
J’aimerai bien en acheter.
Merci d’avance
Non, je suis juste allée chez ce producteur. Désolée