
Plaqueminier ©remore shutterstock
« Je suis un arbre qui porte des fruits oranges, je suis probablement originaire de Chine, et mes fruits restent accrochés à mes branches même quand mes feuilles ont déserté… Qui suis-je ? »
Si vous avez pensé au kaki, vous êtes sur la bonne voie. Mais pour être vraiment précis, il fallait répondre : le plaqueminier.
Eh oui, c’est ainsi qu’on appelle l’arbre à kakis. Pour les bordelais d’ailleurs, il suffit de flâner au Jardin Public ou de s’offrir un déjeuner au Saint James à Bouliac pour admirer de magnifiques spécimens.
Un fruit d’automne venu de loin
Originaire d’Asie de l’Est, et plus précisément de Chine, le kaki est cultivé depuis plus de 2 000 ans. On le retrouve ensuite au Japon, en Corée, puis dans le bassin méditerranéen où il s’est fait une place de choix grâce à sa douceur et à sa belle couleur éclatante en fin d’année. Aujourd’hui, l’Italie, l’Espagne et Israël comptent parmi les plus gros producteurs pour l’Europe, mais quelques plaqueminiers résistent encore et toujours dans nos jardins français.
Kaki, oui mais lequel ?
En matière de kakis, mieux vaut s’y connaître un minimum avant de croquer à pleines dents. Deux grandes variétés dominent les étals :
Le hachiya (ou bachiya) : reconnaissable à sa forme légèrement en cœur. Sa chair, très sucrée et très tendre, est d’une belle couleur rouge orangé. Mais attention, il faut impérativement attendre qu’il soit extrêmement mûr — presque à la limite de l’effondrement — pour pouvoir le savourer. Sinon, gare à l’astringence ! Cette sensation de bouche râpeuse est due aux tannins encore présents.
Le fuyu : plus plat, plus rond, il ressemble à une tomate légèrement aplatie. Bonne nouvelle, celui-ci est dépourvu de tannins à maturité. Il se déguste aussi bien ferme que tendre, offrant une expérience beaucoup plus douce et accessible.

Kakis © nnattalli. shutterstock
Comment choisir un bon kaki ?
Avant de plonger dans la dégustation, mieux vaut poser quelques questions au producteur ou à l’épicier. Connaître la variété est crucial pour ne pas transformer l’expérience en épreuve gustative. Choisissez un fruit intact, sans taches brunes, avec une peau lisse et bien colorée.
Si vous optez pour un hachiya, laissez-le mûrir tranquillement à température ambiante jusqu’à ce qu’il devienne presque liquide sous la peau. Pour un fuyu, un fruit légèrement ferme est parfait pour une dégustation immédiate.
Comment déguster le kaki ?
Rien de plus simple. Il suffit de couper le fruit en deux et de prélever la chair à la cuillère, un peu comme on le ferait avec un kiwi. Le hachiya bien mûr se transforme en une sorte de confiture naturelle, ultra sucrée et fondante. Le fuyu, quant à lui, se laisse aussi croquer en tranches, ajouté à une salade d’automne avec quelques éclats de noix et une pointe de fromage.
Le kaki peut aussi se glisser dans des compotes, des smoothies, des gâteaux, ou tout simplement être dégusté à la petite cuillère, à l’heure du goûter, sous un plaid.
Et côté santé ?
Comme souvent avec les fruits gorgés de pigments orangés, le kaki est une petite bombe nutritionnelle. Il est riche en vitamine A, vitamine C, fibres et antioxydants. Autrement dit, il aide à soutenir le système immunitaire en hiver, tout en apportant douceur et énergie.
Bref, avec sa couleur éclatante, sa douceur sucrée et ses airs de fruit solaire en plein cœur de l’automne, le kaki mérite amplement qu’on l’adopte dans nos cuisines. Que vous soyez plutôt hachiya fondant ou fuyu croquant, il y a forcément un kaki pour réchauffer vos journées grises.

Plaqueminier – Arbre à kakis
Et si vous passez à Bouliac, levez les yeux : un plaqueminier magnifique vous rappellera qu’en matière de fruits d’automne, la nature sait faire les choses avec élégance.
Enjoy !














