
Marché de Port Louis ©Herr Olsen CC BY-NC 2.0
Un marché qui bat comme un cœur
Si Port Louis est le cœur de l’île Maurice, alors son marché en est la pulsation. Depuis plus de deux siècles, le bazar central de Queen Street rassemble habitants et visiteurs dans un tourbillon de couleurs, d’odeurs et de voix. Ici, on ne fait pas que faire ses courses : on échange des nouvelles, on partage des recettes, on retrouve un visage familier derrière un étal de légumes.
Dès l’entrée, le parfum du curcuma se mêle à celui des letchis sucrés. Les vendeurs interpellent les passants, un sourire accroché au visage, et leurs mains dansent au-dessus des produits, comme pour mieux les mettre en valeur.
Les fruits et légumes : un festival tropical
Les allées débordent de fruits exotiques aux noms chantants : ananas gorgés de soleil, pamplemousses chinois aussi gros qu’un ballon, mangues à la chair dorée. Les letchis s’empilent comme de petits bijoux rouges, et les christophines brillent d’un vert éclatant.
Côté légumes, c’est un monde à explorer :
- Le giraumon, cette courge ronde et sucrée, parfaite dans un curry.
- La pipangaille, lisse ou côtelée comme ici, doit être utilisée encore jeune car sa pulpe devient rapidement fibreuse et non comestible. Desséchée, on peut l’utiliser comme éponge. Côté recettes, elle se cuisine en daube, en ratatouille ou encore dans les currys.
- Giraumon
- Pipangaille
- Le bringelle angive : Petit légume joufflu de couleur verte, le « bringelle angive » ou « angive » tout court, est une variété d’aubergines que l »on retrouve dans la cuisine mauricienne. De la taille d’une balle de golf, on le choisira bien ferme. Cela se prononce « anguive ». Il se consomme le plus souvent sauté.
- La margose : J »n avais déjà vues sous le nom de concombres amers. J’ai lu que la variété Réunionnaise, celle d’ici, était peu amère (Margoze de l’Inde). Elle peut se consommer crue, coupée en rondelles mais il faut auparavant la faire dégorger quelques heures dans du sel, puis la rincer plusieurs fois. Dans ce cas là, on l’accompagne d’une vinaigrette.
- Pommes d’amour
- Tomates
- Enguive (Engive)
- Margoze (ou margose)
Chaque produit raconte une histoire, souvent transmise par la voix du vendeur qui vous glisse un conseil de cuisson ou une astuce héritée de sa grand-mère.
Les épices et les herbes
Impossible de passer à côté des épices qui embaument l’air : curcuma éclatant, coriandre (cotomili) fraîchement coupée, piments rouges séchés qui accrochent l’œil. Les bouquets de brèdes songe, feuilles de taro, s’alignent comme des éventails verts, promesse de plats rustiques et nourrissants.
- Coriandre ou cotomili
- Ciboulette
- curcuma
- Curcuma – gros plan
- Piments verts
- Piments rouges
La roselle est davantage connue en France sous le nom d’Hibiscus sabdariffa (enfin hibiscus cela parle déjà un peu plus je trouve). Et c’est avec ces fleurs que l’on prépare le karkadé, ou bissap. Il suffit de verser de l’eau dans une casserole, d’ajouter un peu de sucre et une petite poignée de fleurs séchés. On porte à ébullition 5 minutes et hop, vous obtenez un sirop à mélanger à de l’eau bien fraîche.

Roselles
Ces parfums sont plus qu’un décor : ils sont l’âme de la cuisine mauricienne, métissée et généreuse.
Le marché aux poissons
Ici, pas de cohue matinale comme chez nous : le marché aux poissons prend vie l’après-midi. Les étals brillent de reflets argentés, avec du capitaine, du merlu, des rougets, et une foule d’espèces que je ne saurais nommer mais que les Mauriciens cuisinent à la perfection.

Marché aux poissons, Port Louis, Île Maurice
L’air salin se mêle à l’animation des transactions, et l’on reste quelques minutes juste pour observer cette chorégraphie entre pêcheurs, acheteurs et poissonniers.
L’Alouda : la gourmandise glacée du marché
Au marché de Port Louis, il y a un moment où l’on oublie les courses, la photo du piment parfait ou la négociation pour les letchis… C’est quand on aperçoit le stand de Pillay. Ici, l’Alouda n’est pas juste une boisson, c’est une petite madeleine de Proust pour de nombreux Mauriciens.
Servi bien frais, dans un grand verre, il mêle lait, lait condensé, glace vanille et ces fameuses graines de basilic qui, une fois gonflées, ressemblent à de minuscules perles translucides. Certains y voient un dessert à boire, d’autres un réconfort sucré pour affronter la chaleur de midi.
Astuce de gourmande : prenez le temps de le siroter assis, au milieu des allées. Vous verrez défiler devant vous tout ce que le marché a de plus beau… et de plus vivant.
- Alouda, Pillay, Port Louis
- Alouda
Prendre le temps de s’arrêter
Le marché n’est pas un lieu que l’on traverse à la hâte. Il se savoure comme un repas : lentement, en s’attardant sur les détails. Un vendeur qui taille une tranche de pastèque avec précision. Une cliente qui choisit ses piments avec la concentration d’un chef. Une poignée de mains ferme pour conclure un marché.
- Mélange pour soupe
- citrons
- Concombres
- Calebasse
Fruit du calebassier, la calebasse a une peau assez dure et doit être épluchée. J’ai appris qu’elle se mariait très bien avec les viandes et qu’elle pouvait être farcie.
- Pamplemousse chinois
- Brèdes songe
Les brèdes songes ou kalé sont si j’en crois l’internet mondial des feuilles de taro. Si vous avez des informations là dessus, je suis preneur. Cliquez ici pour plus d’informations sur le taro. Et enfin, un petit dernier, les pamplemousses chinois, les gros, ceux que l’on trouve en France également.
- Arrow Root
- Taro qu’on appelle à Maurice Aroui ou Arouille
A l’île Maurice, les tomates s’appellent des pommes d’amour. Trop beau non ?
- Pommes d’amour
- Tomates
Marché de Port Louis, mémoire vivante de l’île
Ce marché est un miroir de l’île Maurice : métissé, accueillant, coloré, un peu bruyant… et profondément humain. On y trouve bien plus que des produits : on y trouve une façon de vivre.
L’adresse: Marché de Port Louis – 9 Corderie St, Port Louis, Maurice – Ouvert tous les jours de 5h00 à 17h30.
La prochaine fois que vous viendrez à Port Louis, laissez-vous porter par ses allées, et repartez avec un sac plein de fruits… et la tête pleine de rencontres.
Envie d’explorer aussi la ville et ses autres trésors ? Voici ma balade complète à Port Louis.















J’habite la Martinique et je retrouve les mêmes produits sur les marchés et bien d’autres encore qui doivent pousser à Maurice.
Cordialement
oui, on retrouve beaucoup de choses 😉
Très palpitant les photos des légumes sur le marché de POrt-Louis!je reviens de vacances de mon île adorée;j’aimerai savoir ce qu’est devenue Céline Bigot une habitante de la réunion que j’ai connue « au pensionnat Monseigneur Leen » à Rose-Hill dans les années 65-68!Elle était accompagnée de sa jeune soeur pour passer les vacances à Maurice;on était allé danser à plaine Magnien;Céline fais moi signe,j’habite en France depuis 1974.