
Papilles et Pupilles 2005 – Première version du blog en juin 2005
Il y a 20 ans tout juste, j’ai ouvert Papilles & Pupilles avec trois recettes, un modem qui faisait krrrrr bip bip krrrrrr, et l’idée un peu floue que ça pouvait être sympa de parler cuisine sur Internet. C’était le début du blogging. Personne ne savait trop ce qu’on faisait, mais on le faisait avec enthousiasme.
Pas de plan marketing, pas de business model, pas de filtres Instagram. Juste du plaisir, du partage, et beaucoup de pains et de gratins. Je publiais une recette, quelqu’un la testait le soir même, et venait me dire en commentaire :
“C’était super bon, merci !”
Et moi j’étais là, toute émue devant mon écran.
C’était ça, la magie.
✨ Des lecteurs, des messages, du matériel
Petit à petit, le blog a grandi. J’ai partagé des milliers de recettes, des adresses, des coups de cœur. J’ai reçu des mails adorables, des photos de plats testés, des questions sur la cuisson du riz (spoiler : rincez-le). Et puis un jour, j’ai reçu… un robot. Un vrai. Un Kitchenaid !
C’était Noël + anniversaire + validation absolue.
Il y a eu des invitations, des propositions, des rencontres, des articles dans la presse, la montée des marches au Festival de Cannes, une rencontre avec un ministre, des voyages merveilleux etc.
Et toujours cette envie intacte de partager ce qui marche, ce qui régale, ce qui rend le quotidien un peu plus doux.
- Papilles et Pupilles 2007
- 2008
- 2011
Et puis le web s’est mis à courir
Un jour, les blogs sont passés de “wouah génial” à “ah bon, ça existe encore ?” Les stories, les reels, les vidéos verticales ont pris le dessus. Tout est devenu plus rapide, plus court, plus bruyant.
Moi, je suis restée fidèle à mes recettes maison, à mes articles bien ficelés, à mes astuces testées-vérifiées-approuvées.
J’ai vu passer la vague TikTok, les danses, les trends, les montages avec musique BoumBoum. Et j’ai regardé tout ça avec une tartine de beurre salé à la main. Je ne me voyais pas du tout faire cela ! Cela me prendra peut-être un jour ? Qui sait !
Mais je me souviens de ce que m’a dit une fois Gordon Ramsay, paraphrasant Jean Cocteau : « être à la mode, c’est déjà être démodé ».
Bref.
Je suis encore là… mais plus vraiment dans la boucle
Mon blog cartonne toujours (merci à vous ♥️).
Des millions de pages vues chaque mois, des lecteurs fidèles, des recettes qui tournent, des messages chaque jour. Mais les agences de relation presse, elles, ont changé de disque… et de personnes aussi. Je ne suis plus vraiment dans les sélections, plus trop dans les envois, plus dans les radars.
Et parfois, je me dis que mon adresse bordelaise n’aide pas. Je ne suis pas à Paris et je ne vais pas aux cocktails d’agence. Je ne fais pas de “personal branling” (pardon Maman). Et aujourd’hui quand je prends sur moi et écris à une marque (coucou Le Cr**set), elle ne me répond même pas.
- Papilles & Pupilles 2014
- Papilles et Pupilles 2017
Je sais faire… mais je ne fais pas (assez) savoir
Je suis bonne en savoir-faire. Je suis beaucoup moins bonne en faire-savoir. J’ai toujours pensé que le contenu, la sincérité, l’utilité suffisaient.
Spoiler : non.
Il faut aussi (surtout) se montrer, réseauter, buzzer. Mais ce n’est pas moi. Et franchement, je préfère consacrer mon temps à vous expliquer comment réussir une blanquette ou un curry. J’ai certainement tort.
Et si, finalement, c’était ça, la vraie victoire ?
Quoi qu’il en soit, vingt ans après, je suis toujours là. Je n’ai pas (encore 😀 ) levé de fonds. Je n’ai pas fait de danse sur Instagram. Mais j’ai publié plus de 4000 recettes, reçu des milliers de commentaires, et peut-être aidé quelques-uns d’entre vous à ne pas paniquer devant un céleri-rave.
Papilles & Pupilles, c’est ma maison virtuelle. Un endroit où je peux vous parler cuisine, produits de saison, bons plans, sans avoir à “performer”. Et tant que ça aura du sens et que je continuerai à m’en sortir financièrement, je continuerai.
Je prévois même quelques changements à la rentrée pour que ce soit plus facile pour vous au niveau utilisation. J’ai donc besoin de vous pour répondre à un questionnaire. C’est ici « Parlons Cuisine« . Il y a 2 volets. 10 questions rapides puis, si vous en avez la possibilité, un peu plus de temps plus tard :D.
Bref.
Merci d’être là
Que vous soyez là depuis 2005, depuis la mousse au chocolat sans œufs ou depuis hier, merci. Merci de cuisiner avec moi, de lire, de commenter, de partager. Merci de faire vivre ce blog, jour après jour.
Et si vous avez envie de me faire plaisir : dites-moi, vous m’avez connue comment ? 😊















Chère Anne, je me permets car depuis le temps que je te lis … depuis au moins 15 ans, voire un peu plus .
Je ne me rappelle plus très bien mais c’était avant 2009 car je me souviens que j’étais restée en arrêt devant l’extraordinaire recette du Cassoulet* de Lilo ( sublime blog « Cuisine campagne » – cœur cœur cœur – ) et que j’étais passée chez toi ( enfin ton blog ! :p) pour voir ce que tu proposais, je venais d’avoir l’ ADSL – oui à campagne, ça a pris du temps ! – car le « krrrrr bip bip krrrrrr » m’ horripilais et je me demandais bien ce qu’on allait bien pouvoir faire de tout cet internet …. niveau clairvoyance je suis une buse ! 😀 (C’est là que j’ai l’impression d’être un dinosaure :p ) .
Et puis j’ai pris l’habitude de passer régulièrement sur le blog, je t’ai souvent vu passer lors d’ événements en Gironde, pour ton livre ou bien des démos pro … j’avoue que quand je vais aux Capus, je jette toujours un coup d’œil à la file d’attente chez « notre » boucher au cas ou je puisse de faire un p’tit sourire en passant. Je me suis souvent dit » ça pourrait être une « chouette copine » avec au moins un point commun : le bien manger !
Car en fait, outre tes recettes toujours cohérentes, simples, claires et délicieuses, c’est ta façon de dire les choses qui me va : Tu défends les m^mes idées que moi, la conviction que notre alimentation mérite le sain, le bon, le local quand c’est possible, et le « pas trop cher » . Pas d’ ingrédients venus de l’espace ou de matériel biscornu, pas de « trucs à la mode dans le Paris qui brille et qui pétille » et une aversion pour l’ultra transformé.
Ton humour et ta bienveillance font que je ne suis pas prête de lâcher l’affaire avec Papilles et Pupilles, j’ai un peu abandonné mes explorations des autres site/blogs de cuisine par manque de temps mais aussi parce que je sais que je trouverai ici tout ce dont j’ai besoin : de » l’épate belle mère » (est ce qu tu sais que cette rubrique à elle seule a sauvé des vies !??? 😀 ) à « au secours, je fais quoi avec touts les aubergines du potager qu’on vient de me donner !!!? » ( je ne suis pas fan des aubergines et encore moins de la ratatouille ! 😀 )
Ne change rien !
Je vois qu’on dépasse les 700 commentaires : j’espère qu’ils t’accompagneront les jours de lassitude ou quand l’agressivité de certains te décourage un peu trop …
Je me permets une biz ?
* recette parfaite, le « pas a pas » m’a permis un petit triomphe personnel et franchement : j’avais un peu la trouille avant de commencer …
coucou Bliss
Merci beaucopu pour ce partage de souvenirs 🙂 Pour les Capus, j’y vais en semaine, le weeekend j’évite il y a trop de monde 😉
Bises aussi
Bonjour
On ne vous connait pas depuis 20 ans mais plutôt depuis 4 ou 5 ans et vous êtes devenue notre « cuisine de tante Marie ». Une référence familiale dont on fait tourner les recettes entre mère et soeurs par WhatsApp. Bien plus facile que de s’envoyer des photocopies comme il y a 20 ans 😁
mdr 🙂 Merci Gabrielle. Je ne connais pas la cuisine de Tante Marie mais je vais chercher 🙂
Un grand classique que mes parents avaient reçu en cadeau de mariage d’une tante qui devait penser que le secret d’un mariage heureux était au bout de la cuillère en bois. Ça y contribue peut être !
https://www.lefestindebabette.fr/product/tante-marie-la-veritable-cuisine-de-famille-comprenant-1000-recettes-et-500-menus/
mdr 🙂
Merci Gabrielle, je ne connaissais pas du tout.