
Plante « Doliprane »
Au Jardin botanique de Valombreuse, en Guadeloupe, entre deux perroquets curieux et une haie de bougainvilliers, une plante étrange m’a interpellée. À première vue, rien de spectaculaire : un petit buisson bas, aux feuilles épaisses, vert tendre et couvertes d’un léger duvet. Mais l’odeur, elle, ne laissait aucun doute : on entrait dans le registre médical. Et sur la pancarte : Doliprane. Rien que ça.
C’est comme ça que j’ai rencontré le Coleus neochilus . Une plante médicinale originaire d’Afrique, adoptée avec enthousiasme sous les tropiques, et particulièrement aux Antilles. On l’appelle « Doliprane » parce qu’on l’utilise pour tout ou presque : maux de tête, troubles digestifs, insomnie, petit coup de mou. Une infusion, et ça repart. Du moins, c’est ce qu’on dit.
Une odeur inoubliable (même sans fleurs)
Pas besoin de floraison pour qu’elle se fasse remarquer : ici, ce sont les feuilles qui mènent la danse. En les froissant à peine, on libère un parfum camphré, entre eucalyptus et pharmacie d’antan. Pas vraiment subtil, mais diablement efficace. Les moustiques ? Ils changent de trottoir 😀 .
Facile à cultiver, elle pousse même là où d’autres baissent les bras : plein soleil, peu d’eau, zéro caprice. Elle se propage gentiment, avec ses feuilles rebondies qui évoquent un peu… des oreillers végétaux. Pas très glamour, mais costaude, loyale, et toujours prête à rendre service.
Une plante de caractère, comme la Guadeloupe
On ne la glissera pas dans un bouquet romantique, mais elle a ce charme brut des plantes qui savent ce qu’elles font. Coleus neochilus, c’est un peu la tante herboriste qu’on ne voit pas souvent, mais qu’on écoute toujours. Une plante qui pique la curiosité, soigne les petits bobos, et vous ramène, en une bouffée, à l’ombre d’un jardin tropical.
En résumé…
Le Coleus neochilus (aussi appelé Plectranthus neochilus) ne gagnera sans doute jamais le concours de la plante la plus parfumée, mais il a pour lui un sacré caractère. Facile à vivre, généreux en vertus médicinales, et doté d’un parfum suffisamment puissant pour faire réfléchir deux fois un moustique avant d’approcher. Cela dit, son efficacité répulsive reste modeste : il dissuade peut-être, mais ne protège pas à lui seul d’une attaque en règle.
Autrement dit, c’est une plante utile, surtout en complément d’autres moyens. Et puis, elle a ce petit je-ne-sais-quoi qui intrigue, soigne et raconte un bout des Antilles. Alors si vous la croisez, que ce soit sous le nom de Doliprane ou de Plectranthus neochilus, n’hésitez pas à tendre le nez et à l’observer d’un peu plus près. Même sans fleurs, elle a beaucoup à dire.















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