Logo - Papilles et Pupilles

Chargement en cours...
Veuillez patienter...
P & P

Papilles & Pupilles

Blog culinaire qui fait voyager

Zohos, ou le laiteron maraîcher à la crétoise

Grèce Photothèque Fruits et Légumes Produits et Ingrédients

Laiteron Maraicher ©Sten Porse CC BY-SA 3.0

Laiteron Maraicher ©Sten Porse CC BY-SA 3.0

Il y a des herbes qu’on croise sans les voir. Des feuilles dentelées, un peu fatiguées, qui poussent entre deux cailloux, au bord des chemins, ou dans les talus qu’on ne regarde jamais.

Et pourtant… en Crète, ces herbes-là sont tout sauf invisibles. On les appelle horta, et elles sont le cœur vert de la cuisine traditionnelle.

Parmi elles, il y a le zohos (ζοχός en grec) ce qu’on appelle chez nous le laiteron maraîcher. Une plante sauvage, un peu rebelle, jamais domestiquée, mais profondément aimée. Elle ne se vend pas en barquette, elle se cueille au lever du jour, elle se prépare doucement, et elle se partage souvent.

Ce n’est pas une star, ce n’est pas un ingrédient tendance. C’est une herbe vraie. De celles qui nourrissent sans bruit, qui racontent un territoire et un savoir-faire, et qui rappellent qu’avant de cuisiner avec Instagram, on cuisinait avec ce qu’on avait sous la main.

 Laiteron, qui es-tu ?

Cousin des pissenlits et des chicorées, le laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) est une plante sauvage comestible, reconnaissable à ses feuilles dentelées, ses tiges creuses, et ce petit lait blanc qui s’échappe quand on les casse.
Oui, cette “mauvaise herbe” qu’on arrache en France est l’un des trésors du régime crétois.

Comment on le prépare là-bas

En Crète, on ne chipote pas. On cueille le zohos au bon moment, quand les feuilles sont encore tendres, souples, avant qu’il ne prenne trop d’assurance. On le trie sur un coin de table, on enlève les tiges un peu trop nerveuses, et on le plonge dans une grande casserole d’eau salée bouillante.

Quelques minutes suffisent. Pas besoin de minuteur, juste d’un peu d’attention et du coup d’œil de celle ou celui qui a déjà fait ça mille fois. Ensuite, on l’égoutte, on le laisse tiédir, et on l’arrose sans retenue d’huile d’olive extra vierge, la bonne, celle qui pique un peu au fond de la gorge. Un jus de citron, une pincée de sel, et voilà. Pas de topping, pas de mise en scène. Juste une herbe, une huile, un citron. Et toute une histoire dans l’assiette.

Horta cuites

Horta cuites

C’est une préparation sans esbroufe, mais qui dit tout : le respect du produit, la justesse du geste, la confiance dans la simplicité. Une assiette de zohos, c’est une main tendue entre générations, entre la terre et la table.

Et côté bienfaits, ce n’est pas du vent

Le laiteron, ce n’est pas qu’une feuille un peu amère qu’on déguste tiède sous une tonnelle. C’est aussi une plante qui nourrit le corps autant que la tradition. Dans ses feuilles un peu froissées se cachent de jolis trésors : de la vitamine C en pagaille, comme si le soleil s’était stocké dans ses nervures ; du potassium, pour garder les jambes solides même après une matinée de cueillette ; des antioxydants discrets mais costauds, qui veillent sans faire de bruit.

Et puis il y a les fibres, douces, faciles à digérer, idéales quand on veut du végétal qui ne tire pas la couverture. Le zohos cale, réconforte, hydrate, et tout ça avec à peine quelques calories. C’est une feuille intelligente, qui n’a pas besoin d’un emballage fluo pour prouver qu’elle est bonne pour nous. (Source : Au potager bio)

Pas besoin d’être nutritionniste pour comprendre pourquoi il fait partie du régime crétois : il pousse sans effort, il soigne sans discours, et il rassasie sans alourdir. 

Laiteron maraîcher ©Harry Rose CC BY 2.0

Laiteron maraîcher ©Harry Rose CC BY 2.0

Une herbe normale… mais essentielle

En Crète, personne ne s’extasie devant le zohos. On le cueille en riant, on le fait cuire entre deux tomates farcies, on le sert à table sans en faire des caisses. Et c’est là qu’il est beau.

Il incarne une cuisine de bon sens, de saison, de lien avec la terre. Le genre de plat qui ne cherche pas à séduire, mais qui vous fait du bien.

Et chez nous alors ?

Bonne nouvelle : le laiteron pousse aussi en France. Dans les champs, les jardins, les friches. On le considère souvent comme une mauvaise herbe, alors qu’il se cuisine comme une merveille. Cueillez-le jeune, avant qu’il ne monte en graines, ou remplacez-le par du pissenlit ou des fanes de radis.

À tester si vous le croisez

Il ne brille pas, il ne crie pas, il ne coûte rien. Mais une fois préparé comme en Crète à savoir bouilli, citronné, huilé,  il fait le job, et même un peu plus.

Goûtez. Vous verrez.

Allez on en discute ?
Les commentaires

Aucun commentaire sur cette recette : soyez le premier à laisser le vôtre !

P & P

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Photo - Anne Lataillade
Anne Lataillade
Fondatrice de Papilles & Pupilles
Autrice culinaire à Bordeaux

Depuis 2005, je raconte la cuisine telle que je la vis au quotidien : des recettes fiables, de saison, simples et savoureuses, mais aussi des coups de cœur, des produits que j’aime… et des escapades gourmandes qui donnent envie de passer à table.

S'inscrire à la
newsletter

Je voudrais...
Psst, vous pouvez cocher
plusieurs options !
Par ingrédients
Par type de repas













Par type de plats











Par événements










Par régime alimentaire




Une envie ? Un ingrédient dans votre frigo ?
Dites-nous tout !

Et les petits lutins de Papilles et Pupilles
trouveront la meilleure recette
juste pour vous

Photo - Anne Lataillade

Anne Lataillade

auteure enthousiaste et passionnée
de Papilles et Pupilles

Je m'appelle Anne, je vis à Bordeaux et je suis depuis 2005 celle qui partage sur ce blog recettes, coups de cœurs, voyages et reportages. Cliquez ici si vous voulez en savoir plus sur moi.

 Allez, on reste en contact  ?
FACEBOOK
267 000
followers
Pinterest
568 300
followers
Instagram
94 800
followers