
Andrew Malcom, Cueilleur de plantes sauvages à Kilkenny
Quitter la route, suivre un talus, entrer dans les herbes hautes et commencer à regarder autrement. Voilà comment a débuté ma cueillette sauvage dans le comté de Kilkenny.
Ce n’était pas une animation folklorique pensée pour les touristes. C’était une vraie marche, attentive, avec un cueilleur passionné qui connaît chaque plante comme d’autres connaissent leurs grands crus. Ici, le paysage n’est pas un décor. C’est un garde-manger discret.
Apprendre à lire le vert
Le vert irlandais semble uniforme au premier regard. En réalité, il est d’une complexité fascinante. Mon guide dessinait des formes dans l’air pour expliquer la nervure d’une feuille, la coupe d’une tige, la différence subtile entre une plante comestible et sa cousine indésirable.
La cueillette demande précision et humilité. On observe longuement. On froisse entre les doigts. On respire. On identifie avec certitude. Ensuite seulement, on goûte.
Les fleurs et plantes rencontrées

Ail triquètre (Allium triquetrum)
L’ail triquètre (Allium triquetrum) pousse en sous-bois, en petites clochettes blanches inclinées vers le sol. Son goût est délicatement aillé, frais, presque élégant. Parfait pour réveiller une salade ou parfumer un beurre.

Silène dioïque (Silene dioica)
La silène dioïque (Silene dioica), avec ses petites fleurs roses délicates, apporte surtout une touche visuelle. Sa saveur reste légère, herbacée, mais son graphisme illumine une assiette.

Oseille sauvage
L’oseille sauvage (Rumex acetosa) ne passe pas inaperçue. Ses feuilles allongées offrent une acidité franche, presque citronnée. Une bouchée et tout s’éclaire.

Mûres sauvages (Rubus fruticosus)
Les ronces débordaient de mûres (Rubus fruticosus). Les plus noires étaient sucrées, intenses, presque confiturées. Les doigts se tachent. Personne ne s’en plaint. La gourmandise sauvage a toujours raison.

Chèvrefeuille sauvage (Lonicera periclymenum)
Le chèvrefeuille sauvage (Lonicera periclymenum) embaumait les talus. On ne le cuisine pas vraiment, mais son parfum raconte le paysage. Certaines plantes nourrissent le corps, d’autres nourrissent la mémoire.
Entre terre et horizon

Côte irlandaise
La balade s’est terminée face à l’horizon, là où l’herbe rencontre le vent et où la mer impose sa respiration lente. Comprendre une plante, c’est aussi comprendre le sol, l’humidité, la proximité de l’océan. Tout est lié.
Pourquoi cette expérience change le regard
Depuis cette marche, les talus irlandais ne sont plus de simples talus. Ils deviennent des cartes botaniques vivantes. Kilkenny ne se résume pas à ses pierres médiévales ; le comté possède une richesse végétale discrète, profondément ancrée dans la culture rurale.
Pour découvrir davantage la région, retrouvez ma page dédiée au comté de Kilkenny. Et pour un itinéraire plus large, ma page complète est ici : Irlande – voyages gourmands et idées de visites.














