
Temple neuf – Metz
Ce qu’il y a de bien avec la Moselle, c’est qu’on ne l’attend pas forcément… et qu’elle vous surprend à chaque détour. Je suis partie sans grandes attentes, juste une envie de bien manger et de découvrir ce que cette région discrète avait à offrir. Résultat ? Des rencontres sincères, des assiettes qui font du bien, et des coins de campagne où on ralentit sans s’ennuyer.
Tout a commencé à Metz, qui avait l’honneur cette année d’accueillir la révélation du palmarès du Guide Michelin. Ambiance tapis rouge, vestes blanches bien repassées, murmures dans les couloirs et étoiles pleuvant comme des flocons. J’ai écouté, noté, et jeté un œil curieux aux talents mis en lumière.
Pour profiter de tout ça, j’ai posé mes valises à la Maison Heler : un hôtel à la fois décalé et élégant, signé Philippe Starck. La vue imprenable sur la ville depuis sa maison perchée est imprenable. Idéal pour observer Metz sous un autre angle… avant de partir à la découverte de la région.
- Maison Heler
- Terrasse
- Vue
Pâté lorrain, tête de veau… et une tarte à se damner
Côté cuisine, la Moselle sait y faire. À Sarreguemines, j’ai déjeuné à la Brasserie du Casino, une adresse sans chichi mais avec du fond : bons produits, cuisine généreuse, ambiance détendue.
À Melling, j’ai découvert le restaurant d’Alexis Baudin. Cuisine précise, locale, sincère. On sent tout de suite que le chef sait où il va (et où il veut nous emmener).
Au Domaine de la Klauss, à Montenach, j’ai terminé la journée par un dîner à l’auberge du domaine. Une cuisine élégante, bien pensée, servie dans un cadre feutré, entre bois clair et pierre blonde. Une belle table pour clore la journée en douceur.
- Brasserie du Casino – Sarreguemines
- Alexis Baudin
- Auberge de la Klauss
- Auberge du Lion d’Or
À Ancy-Dornot, j’ai trouvé une pépite : l’Auberge du Lion d’Or, tenue par Julien Jotz. Une vraie auberge comme on les aime : tête de veau aux crêpés lorrains, sauce ravigote, câpres, mayonnaise maison, et en entrée un pâté lorrain croustillant, parfumé, réconfortant. Une salle en bois, des habitués au comptoir… un lieu vrai.
Et puis il y a eu la tarte au fromage blanc de Thierry Hommel, à Saint-Avold. Une révélation. Légère, bien dosée, fine, légèrement vanillée, pas trop sucrée. La tarte qu’on rêve de retrouver mais qu’on ne sait jamais où chercher. Maintenant, je sais. Et comment ne pas parler des fameux Pavés de la Cathédrale de Fabrice Dumay. De petits carrés de gianduja fondant, élégants, délicats, et terriblement addictifs. J’ai aussi profité d’être. sur place pour me régaler de délicieux pâtés lorrains !
- Part de tarte au fromage blanc
- Pavés de la cathédrale
- Pâté lorrain
Vignes et bulles : la Moselle viticole
Côté vignes, j’ai eu deux très belles rencontres.
Au Domaine Sontag, à Contz-les-Bains, j’ai fait le tour des vignes avec vue sur trois pays, avant une dégustation sur place. Coup de cœur pour leur crémant, élégant, vif, joyeux – comme leur accueil.
Et j’ai aussi rencontré Marie-Geneviève Molozay, qui, avec son mari, a redonné vie au domaine Molozay – Château de Vaux. Depuis 1999, ils ont tout repensé : bio, biodynamie, vinifications parcellaires, cuvées « hors pistes »… Et un chai militaire réhabilité, devenu un outil de vinification impressionnant. Une belle énergie, un beau projet.
- Vignes – Domaine Sontag
- Vignobles Molozay
L’art sous toutes ses formes
La Moselle ne se déguste pas seulement à table, elle se contemple aussi. Direction la Route des Arts du Feu, une superbe balade pour les curieux, les amoureux du geste, et les amateurs de belles matières.
- À la Cristallerie Saint-Louis, les souffleurs dansent avec le feu. Chaque mouvement est millimétré, hypnotique, presque chorégraphique. Le verre prend vie sous vos yeux.
- À la Faïencerie de Sarreguemines, j’ai retrouvé les motifs fleuris de mon enfance, les assiettes à souvenirs, les décors un brin surannés qu’on a tous vus quelque part. Un joli saut dans le temps.
- Et au CIAV de Meisenthal, changement d’ambiance : verre contemporain, lignes épurées, créations poétiques. J’ai eu un petit faible pour leurs boules de Noël, même en avril (on ne juge pas).
- Vase Saint-Louis
- Vaisselle – Faïence de Sarreguemines
- Meisenthal – Vase
Entre histoire et vieilles pierres : pause à Rodemack… et sur la ligne Maginot
Parce qu’un voyage, ce n’est pas que manger (enfin… pas uniquement #ahem 😀 ), j’ai pris aussi le temps de lever les yeux, de marcher un peu et de m’arrêter là où la Moselle murmure son histoire.
À Rodemack, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, j’ai déambulé dans les ruelles pavées, longé les remparts, observé les pierres anciennes qui ont tout vu passer. Il y a là quelque chose de suspendu, de calme, de simple. Une parenthèse médiévale où l’on se surprend à ralentir. Et à respirer.
- Porte de Sierck
- Ligne Maginot
- Rodemack
- Ligne Maginot
Un peu plus loin, je me suis arrêtée devant un vestige de la ligne Maginot. Un bloc de béton planté dans la verdure, un reste de fortification qui dit, en silence, l’Histoire avec un grand H. Pas de visite guidée ce jour-là, juste une pause face à la mousse, à la rouille, et aux souvenirs invisibles.
Ce n’était pas prévu. Mais j’aime quand un itinéraire laisse de la place à l’imprévu. Surtout quand il raconte.
Où poser ses valises : moulins, terrasses et feu de cheminée
En Moselle, les hébergements ont du charme et du caractère. Pas de palaces en série, mais des lieux à taille humaine, souvent plein d’âme, et où on dort bien – ce qui, soyons honnête, n’est pas toujours garanti ailleurs.
À la Paulusmühle, un ancien moulin en pleine campagne, j’ai trouvé un petit coin de paix. Une maison d’hôtes pleine de douceur, nichée au creux de la nature, où le ruisseau file doucement et où le temps ralentit. Parfait pour boire un café, écrire trois lignes, ou ne rien faire du tout (ce que j’ai très bien fait, merci).
- Salle de restaurant – Relais Menderen
- Paulusmühle
Et puis il y a eu le Relais Manderen, hôtel cosy, juste à côté du Château de Malbrouck. Ambiance douce, tables en bois, bar à manger, salon de thé et ce feu de cheminée qui réconcilie avec les jours de pluie. Le petit-déjeuner est délicieux, et la déco vous donne des idées pour chez vous. Bref, un vrai coup de cœur.
La Moselle, ce n’est pas que des mirabelles 😀
C’est un territoire vivant, qui cultive le goût des choses bien faites. Des chefs ancrés dans leur territoire, des vignerons engagés, des artisans au geste sûr, et cette douceur discrète qu’on ne remarque pas tout de suite, mais qu’on n’oublie pas.
Moi, j’ai beaucoup. Et je me dis que je n’ai sûrement pas tout vu. Tant mieux : je me dis que cela me fait une occasion de revenir. Merci encore à Clémence Daviron, de MosL pour l’organisation de ce voyage.
Et vous ? Connaissez-vous cette région ?















Merci Anne d’avoir si bien raconté mon département
Avec plaisir 😉 C’était une chouette découverte
Je n’avais encore pas pris le temps de lire ton post mais alors la façon dont tu décris tous ces lieux est fantastique et donne vraiment envie de s’échapper quelques jours par là bas et de se poser. Merci pour cette belle découverte et pour toutes ces adresses .
merci MLaure 🙂