
Huile de millepertuis
Une huile crétoise ancestrale
Vous l’avez peut-être déjà croisée sur un marché crétois, cette petite bouteille rouge orangée, sobrement étiquetée “Hypericum oil” ou “St. John’s Wort Oil”. Fabriquée à partir des fleurs jaunes du millepertuis perforé (Hypericum perforatum), cette huile macérée dans de l’huile d’olive est utilisée depuis des siècles en Crète… et ailleurs dans le monde méditerranéen.
En grec, on l’appelle σπαθόλαδο (spathólado), littéralement “huile d’épée” parce qu’elle servait, selon la tradition, à soigner les plaies des guerriers. Pratique, quand on est Crétois et qu’on se bat depuis l’Antiquité (ou qu’on affronte un coup de soleil en juillet). #oops
Comment est-elle fabriquée ?
Traditionnellement, on cueille les sommités fleuries de millepertuis en juin, lorsqu’elles sont bien jaunes, pleines de principes actifs. On les fait ensuite macérer pendant plusieurs semaines dans une bonne huile d’olive locale, en plein soleil. Peu à peu, l’huile se teinte d’un rouge profond : c’est l’hypericine, un pigment aux propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes, qui migre dans l’huile.
C’est ce pigment qui colore naturellement les préparations artisanales. Si l’huile est jaune pâle ou transparente : méfiance.

Millepertuis ©Andreas Rockstein CC BY-SA 2.0
En Crète, un remède toujours vivant
En discutant avec une productrice locale à grands coups de mains, de sourires et de Google Trad, j’ai compris à quel point cette huile faisait encore partie du quotidien. Chaque village a sa méthode, chaque famille sa recette. On l’applique sur les coups de soleil, les piqûres d’insectes, les douleurs musculaires… et certains la consomment même contre les troubles de l’humeur. Mais ça, c’est une autre histoire et pas sans risque (voir plus bas).
Millepertuis : petit flacon, grands effets (mais pas à n’importe quelle sauce)
Ne vous fiez pas à son look de liqueur ancienne : ce flacon rouge vif, c’est un concentré de savoir-faire crétois. L’huile de millepertuis, on l’applique sur la peau pour apaiser, réparer, détendre. Elle fait des merveilles sur une brûlure légère, une piqûre qui gratte ou une nuque un peu tendue après une journée passée à escalader des ruines. Elle calme les rougeurs, détend les muscles, soulage les égratignures — bref, elle coche pas mal de cases du parfait petit remède de vacances.
Mais voilà, le millepertuis a son caractère. On ne l’utilise jamais en journée, et encore moins avant d’aller au soleil. Sinon, bonjour les taches et les brûlures et là, ce n’est plus du tout crétois zen. C’est le soin du soir par excellence, à appliquer sur peau propre, quand la lumière baisse et qu’on pense déjà au dîner.

Huile de millepertuis
En revanche, on évite d’en mettre sur une plaie profonde, on ne le boit surtout pas, et on ne tente pas de l’intégrer à sa routine bien-être sans en parler à son médecin, surtout si on prend un traitement. Ce petit flacon a beau venir des champs, il n’est pas pour autant inoffensif.
En résumé, c’est un élixir de soin, mais pas un couteau suisse à dégainer les yeux fermés. Utilisé avec discernement, le millepertuis est un vrai trésor crétois… à glisser dans la trousse à pharmacie (et pas dans la valise de plage).
Où en trouver en Crète ?
Dans les herboristeries locales, les boutiques d’huiles essentielles, certaines coopératives agricoles, et souvent sur les marchés. Privilégiez les petits producteurs, ceux qui utilisent de l’huile d’olive locale comme base.
En résumé
L’huile de millepertuis est un remède traditionnel encore bien vivant en Crète. Apaisante, cicatrisante, relaxante, elle mérite sa place dans la trousse de voyage, à condition de l’utiliser avec précaution. Le bon réflexe : on l’applique le soir, et on la garde loin des UV.
Vous connaissiez ? En avez-vous déjà utilisé ?















Jamais entendu parlé ;
merci donc !
j’allais écrire un mot sur les risques d’intéractions médicamenteuse(chaque année des incidents) mais inutile, tu l’as fait comme toujours parfaitement 🙂
Merci BArbara 🙂
Je connais la fleur, pas l’huile . encore une découverte !!!!! Merci qui ? 😀
Héhé 🙂