
Le Chef et ses plats
J’ai eu la chance d’assister hier à un événement organisé à Bordeaux par le consulat de Turquie, dans le cadre de la Semaine de la cuisine turque. Ce déjeuner haut en couleurs et en saveurs m’a fait voyager, sans quitter ma ville. Un grand merci à toute l’équipe du consulat et au chef pour leur accueil généreux et cette parenthèse gourmande.
Une cuisine qui vient du cœur (et de la maison)
Depuis 2022, la Turquie célèbre chaque année son patrimoine culinaire avec cette semaine dédiée. Pour l’édition 2025, l’accent se porte sur la cuisine traditionnelle familiale, celle que l’on prépare au quotidien dans les foyers turcs. Des recettes simples, vivantes, transmises de générations en générations. Pas de chichi, mais du goût, du geste, et beaucoup d’âme.
Je ne suis jamais allée en Turquie mais j’aime profondément la cuisine de cette région du monde. Elle fait partie de celles qui nourrissent autant le corps que l’âme. À la maison, j’ouvre régulièrement Mes recettes turques de Leylâ Güzel, un livre qui traduit avec tendresse cette générosité du quotidien, ce goût du partage, et ce lien si fort à la terre et aux saisons.
Une assiette comme un voyage sensoriel
Le déjeuner prenait la forme d’un buffet, ce qui m’a permis de tout goûter. Et d’y revenir, évidemment.
Dans mon assiette : des aubergines séchées farcies, mijotées dans une sauce à la mélasse de grenade, une spécialité de Gaziantep classée par l’UNESCO. À côté, les dolmas, ces feuilles de vigne roulées et citronnées, offraient une belle fraîcheur. Le kisir, taboulé turc aux herbes et pâte de poivron, réveillait les papilles. Les köfte de lentilles corail, moelleuses et végétariennes, se laissaient picorer sans fin.
- Feuilles de vignes farcies
- kisir
- Aubergines
- Köfte de lentilles corail
Et puis… les manti ! Ces mini-raviolis à la viande, nappés d’une sauce au yaourt à l’ail et d’un beurre infusé au paprika, ont volé la vedette. Un concentré de Turquie dans une cuillère. J’ai adoré.

Manti
Un riz pilaf aux pois chiches et au poulet effiloché rappelait les nuits stambouliotes. Les haricots verts fondants à l’huile d’olive, les böreks croustillants aux épinards ou au fromage, la tartinade de poivrons et noix (muhammara)… tout avait du sens, du goût, de la justesse.
- Riz pois chiche poulet
- Böreks feta
- Muhammara
- Böreks épinards
- Haricots confits à l’huile
Et côté douceurs ?
Un riz au lait onctueux, cuit au four, doucement vanillé. Et bien sûr, une baklava maison à la pistache, généreusement feuilletée, nappée d’un sirop discret. Le tout accompagné d’une citronnade bien fraîche. Simplicité, équilibre, savoir-faire.
- Riz au lait au four
- Baklava pistaches
Une cuisine à la croisée des cultures
Ce que j’admire dans la cuisine turque, c’est sa diversité. À l’est, les épices s’intensifient. Au sud, les légumes prennent le pouvoir. Sur les rives égéennes et méditerranéennes, les herbes, les poissons et l’huile d’olive imposent leur style.
Cette gastronomie raconte des siècles de brassage culturel : influences anatoliennes, arabes, balkaniques, méditerranéennes, caucasiennes… Elle se nourrit de toutes ces racines, sans rien perdre de son identité. Elle sait aussi traverser les frontières : à Paris, Berlin, Londres ou Bordeaux, les restaurants turcs s’installent, s’adaptent, se renouvellent. Sans jamais trahir leur âme.
Un événement pour célébrer le goût et la transmission
Participer à cette Semaine de la cuisine turque, c’était bien plus qu’un déjeuner. C’était une rencontre culturelle, une célébration de la transmission, un instant de complicité entre cuisinier et convives. On repart rassasié, touché, curieux. Et avec une seule envie : continuer à explorer cette cuisine généreuse, précise, sincère.
Pour les bordelais, on m’a glissé dans l’oreillette que le restaurant turc Nazik (qui est à Mérignac et Cenon) était très bien. Je ne peux pas vous confirmer, je n’y suis jamais allée.
Et comme on dit là-bas : Afiyet olsun — bon appétit !















du partage, du partage ,et toujours du partage!
Exactement <3