Le mafé est d’abord une sauce à base de beurre de cacahuètes, originaire du Mali, mais dans certains pays comme le Sénégal, le mot désigne aussi le plat de viande ou de poisson mijoté dans cette sauce. Il y a un peu la guerre concernant la paternité du plat, mais pour ne fâcher personne, disons que c’est un grand classique d’Afrique de l’Ouest.
Cela faisait longtemps que j’avais envie d’en préparer et là, je me suis lancée. J’avais partagé la recette sur Instagram, mais elle méritait bien sa place ici.
Nuoc mam, me voilà
Je sens venir les cris d’orfraie : “Mon Dieu, du nuoc mam dans le mafé ?!”
Eh oui 😄 ! En cherchant une recette, je suis tombée sur celle du New York Times, hyper bien notée. Les commentaires expliquaient que la sauce nuoc mam pouvait remplacer le poisson séché et salé utilisé traditionnellement, difficile à trouver ici.
C’est donc ce que j’ai fait, et je pense que c’est ce qui apporte cette note d’umami.dans la sauce. Donc inutile de m’adresser des mails d’insultes (oui oui, il y en a qui le font 😅). Si vous ne voulez pas en mettre, n’en mettez pas.
Autre précision : on trouve souvent du chou dans le mafé. C’est fréquent, mais pas obligatoire. Et ce jour-là, je n’en avais pas.
Une version maison adaptée
Le mafé traditionnel mijote souvent longtemps, surtout lorsqu’il est préparé avec une volaille locale africaine, à la chair ferme et musclée, parfaite pour les cuissons lentes. Ici, j’ai choisi un poulet fermier français, plus tendre, donc plus rapide à cuire, idéal pour une version maison, sans perdre l’esprit du plat.
Résultat : une version maison, accessible et savoureuse, sans perdre l’esprit du plat. La sauce est riche, onctueuse, et pleine de caractère. Oubliez le régime ce jour-là 😄.
Ingrédients
Temps de préparation : 25 minutes - Temps de cuisson : 65 minutes
Il vous faut pour 8/10 personnes :
- 1 poulet fermier label rouge
- 1 morceau de gingembre d’environ 3 cm de long
- 12 gousses d’ail
- 1 bonne pincée de poivre noir
- 2 bonnes pincées de sel
- 1 pincée de piment de Cayenne
- 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
- 1 oignon
- 3 cuillères à soupe de nuoc mam (sauce poisson)
- 170 g de concentré de tomates
- 200 g de beurre de cacahuètes (non sucré bien sûr)
- 1, 5 litre d’eau
- 4 carottes (225 g)
- 350 g de pommes de terre
- 1 patate douce (225 g)
Pour terminer :
- 1 pincée de piment de Cayenne
- 1 cuillère à soupe de persil (pas du tout réglementaire mais cela apporte un peu de vert, c’est psychologique)
Préparation
Coupez le poulet en morceaux et enlevez la peau.
Epluchez 6 gousses d’ail et le morceau de gingembre et râpez le tout. Mettez dans un plat plat. Ajoutez du sel, du poivre, une pincée de piment de Cayenne. Mélangez et enrobez grossièrement les morceaux de poulet de cette pâte. Réservez.
Mixez le beurre de cacahuètes dans un blender avec 500 ml d’eau pour le détendre. Réservez également.
Pendant ce temps, épluchez 6 autres gousses d’ail et 1 oignon et ciselez le tout.
Cuisson
Versez 3 cuillères à soupe d’huile d’olive dans une grande cocotte en fonte. Faites chauffer et faites-y blondir les lamelles d’ail et d’oignon pendant 3 minutes avec une pincée de sel.
Ajoutez ensuite le nuoc mam (clic si vous ne connaissez pas) et le concentré de tomates. Laissez cuire 3 à 4 minutes de plus puis mouillez avec le beurre de cacahuètes mélangé aux 500 ml d’eau. Versez le litre d’eau supplémentaire et remuez.
Il ne vous reste plus qu’à ajouter les morceaux de poulet préalablement parfumés d’ail et de gingembre.
Portez à ébullition puis laissez mijoter à petite ébullition pendant 15 minutes, à découvert.
Pelez, lavez et coupez les carottes en petits cubes d’1/2 à 1 cm de côté. Epluchez, lavez et coupez en morceaux d’environ 2,5 cm les pommes de terre et la patate douce.
Au bout de 15 minutes de cuisson du poulet, ajoutez les carottes. Poursuivez la cuisson pendant 15 minutes. Puis, ajoutez les dés de pommes de terre et de patates douces et poursuivez la cuisson pendant encore 30 minutes.
Au bout de ce laps de temps, la sauce doit être épaisse. S’il y a comme une couche un peu huileuse dessus … c’est normal, le poulet mafé ce n’est pas light mais c’est ultra bon.
Pour servir
Saupoudrez d’un peu de piment, de persil si vous aimez, et servez avec du riz blanc. Le mafé se réchauffe très bien, il est même encore meilleur le lendemain, les saveurs s’arrondissent et gagnent en profondeur.
Délicieux et parfumé !
Variante longue cuisson
Si vous avez du temps, vous pouvez prolonger la cuisson à feu doux pendant 2 à 3 heures et y ajouter quelques aubergines : elles fondent dans la sauce et la rendent encore plus veloutée.
Une version plus traditionnelle, riche et confite, parfaite pour un dimanche cocooning.
Questions fréquemment posées
Peut-on remplacer le poulet ? Oui, par du bœuf, de l’agneau ou même du tofu ferme pour une version végétarienne.
Comment épaissir la sauce ? Laissez réduire sans couvercle : le beurre de cacahuètes fera son travail de liant.
Pour aller plus loin
Le mafé, plat emblématique d’Afrique de l’Ouest – France Inter
Bon appétit !