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L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque

Blé ©rsooll shutterstock

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L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque, qu’est ce que c’est ?

La maladie cœliaque correspond à une intolérance alimentaire à certains composants du gluten.

Au sens strict du terme, le gluten est la masse protéique élastique restante après extraction de l’amidon du blé. L’industrie agroalimentaire a étendu abusivement l’utilisation de ce terme pour dénommer les protéines des différentes céréales, et en particulier du maïs (« gluten de maïs »), qui ne présente aucune toxicité pour le cœliaque. Il s’agit donc d’un mélange de nombreuses protéines, classées en deux groupes : les prolamines et les gluténines. Les composants toxiques dans la maladie cœliaque sont certaines prolamines présentes en importantes quantités dans :

Cette intolérance est d’origine dysimmunitaire, sans que l’on puisse parler de véritable allergie alimentaire : il ne s’agit d’aucune des réactions d’hypersensibilité. Il existe une nette prédisposition familiale à la maladie cœliaque dont la prévalence est de l’ordre de 10% chez les parents de premier degré d’un patient atteint.

En dehors de ces prédispositions génétiques, d’autres facteurs, probablement infectieux, viraux et/ou bactériens encore mal connus, interviennent dans le déclenchement de la maladie ; la responsabilité d’un adénovirus de type 12, fortement suspectée, n’a pas été confirmée .D’autres facteurs encore pourraient intervenir, comme une introduction trop précoce du gluten dans le régime alimentaire.

La prévalence de la maladie cœliaque est très variable d’un pays à l’autre, pour des raisons encore mal déterminées . Elle est de 1/100 et 1/300 en Europe et aux États-Unis, 1/300 à 1/125 en Irlande. En France, elle est largement sous-diagnostiquée. Elle survient essentiellement chez les sujets de race blanche et exceptionnellement chez les noirs africains, les chinois et les japonais. Elle est 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme. Ce sex-ratio s’atténue actuellement, avec l’augmentation du taux de diagnostic des formes cliniquement asymptomatiques.

La maladie cœliaque a deux pics de fréquence avec une révélation soit dans l’enfance, le plus souvent entre six mois et deux ans après l’introduction du gluten alimentaire, ou à l’âge adulte le plus souvent entre 20 et 40 ans. Les formes à révélation tardive (après 65 ans) ne sont cependant pas exceptionnelles.

Source : Groupe d’Etude et de Recherche sur la Maladie Cœliaque

Comment diagnostique-t-on la maladie cœliaque

Pour des informations beaucoup plus complètes, je vous conseille le site de l’AFDIAG (Association Française des Intolérants Au Gluten).

Comment traite-t-on la maladie cœliaque

Le traitement repose sur le régime sans gluten qui doit être maintenu plusieurs mois (6 à 12) avant de juger du résultat.

Ce régime doit être suivi à vie chez l’adulte.

Le principe du régime repose sur la suppression totale et définitive des aliments à base de : blé (froment, épeautre, kalmut), seigle et orge. Ca change beaucoup la vie, dans la mesure où vous ne pouvez plus manger de pains, pâtes, gâteaux, … »normaux »

Les aliments du commerce les plus courants sont :

En théorie, le régime sans gluten paraît simple, mais, en pratique, son application est très difficile dans la mesure où le gluten est présent dans de nombreux aliments ou produits alimentaires du commerce, sous des formes diverses.

Le malade cœliaque doit donc apprendre à repérer la présence de gluten dans une lecture très approfondie des étiquetages du commerce.

La prise en charge de la sécurité sociale

La maladie cœliaque non compliquée ne fait pas partie des affections de longue durée dont les soins médicaux sont pris en charge à 100% par la sécurité sociale (liste « ALD 30 »).

Cette pathologie peut pourtant exposer à des hospitalisations plus fréquentes, et son suivi régulier nécessite des bilans biologiques parfois coûteux (dosage des anticorps, par exemple). Il peut donc être tout à fait utile de souscrire une assurance complémentaire.

Toutefois, les aliments diététiques sans gluten, eux, sont partiellement pris en charge pour les patients (enfants et adultes) atteints de maladie cœliaque. Il faut pour cela que la maladie soit documentée par une biopsie digestive, et que le médecin traitant ait envoyé une demande de prise en charge.

Il est également nécessaire que le médecin traitant prescrive une ordonnance de produits sans gluten (pain, pâtes, farine et biscuits sans gluten).

Cette prise en charge n’est pas un remboursement en totalité des produits sans gluten, mais une participation à leurs frais d’achat, dont la limite est fixée par arrêté ministériel

Mon expérience :

Pour ma fille, nous nous sommes rendus compte du problème elle n’avait même pas un an. Pour elle pas de diarrhée mais une courbe de poids qui stagnait et baissait, le décrochement par rapport à sa courbe « normale » se produisant vers l’âge de 6 mois, date à laquelle nous avions commencé la diversification alimentaires et les fameux petits bouts de pain. Notre pédiatre a suspecté une intolérance au gluten, nous a déconseillé la biopsie – « vous savez, même en chirurgie pédiatrique, il y a des maladies nosocomiales » et a mis immédiatement notre fille au régime sans gluten.

La courbe de poids s’est rapidement inversée et a repris son rythme de croisière. Ma fille est restée au régime « sans gluten » jusqu’à l’entrée au CP. A l’âge de 6 ans après 5 années de régime restrictif nous avons réintroduit avec succès le gluten. Quel soulagement !