La Touraine, je la connaissais déjà un peu. Mais ce voyage-là m’a donné envie de rassembler, au même endroit, les étapes qui m’ont vraiment marquée. Elles se situent autour de Tours, Chinon, Rivarennes, Ligré et du Château du Rivau.
Ce n’est pas un guide exhaustif de la région. Ce n’est pas non plus un classement définitif, gravé dans le tuffeau pour les trois siècles à venir. C’est plutôt un carnet de route gourmand, construit au fil de mes visites, de mes rencontres et de mes coups de cœur.
J’en suis revenue avec une impression très agréable. Ici, tout se répond : les châteaux, les jardins, les produits locaux, les tables sincères et les spécialités anciennes. On les redécouvre avec bonheur. Bref, de quoi préparer un week-end savoureux en Touraine, sans prétendre avoir tout vu. Et c’est très bien comme cela : cela laisse une excellente excuse pour revenir.
Un voyage entre patrimoine, jardins et assiettes bien pensées
Ce qui m’a plu pendant ce séjour, c’est ce mélange très naturel entre patrimoine et assiette. On passe d’un château de la Loire à une tarte aux pommes au vin rouge. Puis d’un jardin de contes de fées à un fromage de chèvre fermier. Ensuite, d’un village tranquille à un plat de poissons de Loire. Rien ne semble plaqué. Tout se répond.
Le voyage a commencé par des lieux emblématiques, comme le Château de Chenonceau. On croit le connaître parce qu’on l’a déjà vu partout. Et pourtant, sur place, la magie opère : le château posé sur le Cher, les galeries, les jardins, la lumière sur l’eau… tout fonctionne.
Le Château de la Bourdaisière m’a surtout séduite par son jardin et son atmosphère de printemps. C’est une visite parfaite si vous aimez les potagers, les tomates et les promenades tranquilles. Le lieu prend son temps, et c’est très agréable.
Puis il y a eu le Château du Rivau, entre conte de fées, jardins habités et détails inattendus. On y vient pour le château, bien sûr. Mais aussi pour cette fantaisie douce qui parle aux amateurs de patrimoine comme aux rêveurs du dimanche. Et franchement, les rêveurs du dimanche ont aussi droit à une belle sortie.
Dans un registre plus littéraire, La Devinière m’a offert une parenthèse plus calme, sur les traces de Rabelais. On y retrouve les paysages autour de Chinon, la Touraine des pierres et des chemins. On a aussi cette sensation de marcher dans un morceau d’histoire, sans que le lieu en fasse des tonnes.
Des spécialités qui racontent vraiment le territoire
Pendant cette escapade, j’ai retrouvé ce talent discret de la Touraine : bien manger sans forcément sortir les trompettes. Ici, les spécialités racontent souvent un produit, un paysage ou un savoir-faire. Des pommes, des poires, des fromages de chèvre, des poissons de Loire, des vins, des jardins, des potagers… De quoi remplir un panier, une assiette et quelques souvenirs.
À Rivarennes, j’ai découvert ou redécouvert la poire tapée. Cette poire séchée et aplatie garde une vraie dimension patrimoniale. C’est simple, étonnant, très local, et beaucoup plus gourmand qu’on ne l’imagine au premier abord. J’ai d’ailleurs eu envie d’aller plus loin avec un article pratique. J’y explique comment cuisiner la poire tapée, la réhydrater et l’accorder.
Autour de Chinon, impossible aussi de passer à côté de la tarte vigneronne. C’est une tarte aux pommes qui a décidé de prendre un petit air canaille : pâte feuilletée, pommes, vin rouge, parfum de terroir. Elle croustille, elle intrigue, elle change de la tarte classique. C’est exactement pour cela qu’elle mérite sa place dans ce carnet. J’ai même cherché où manger une bonne tarte vigneronne à Chinon. La curiosité culinaire est une qualité très sous-estimée.
Côté fromages, Le Vazereau, près de Chinon, coche tout ce que j’aime : une ferme, une boutique, du lait cru, des fromages de chèvre bien faits. On repart avec cette impression très agréable de comprendre ce que l’on mange. C’est simple, vrai, ancré dans son territoire.
Et puis il y a la Loire. Pas seulement comme décor de carte postale, mais comme rivière nourricière. Avec les Pêcheries Ligériennes, on comprend mieux le lien entre le fleuve, les poissons, les pêcheurs et les assiettes. C’est une autre façon de regarder la Loire. Moins “joli paysage”, plus “produit vivant”.
Des tables qui prolongent le voyage
Pendant ce voyage, plusieurs tables ont donné du relief aux visites. Ce ne sont pas des adresses posées là pour “faire une pause”. Ce sont des lieux qui racontent, chacun à leur manière, un rapport au produit et au territoire.
À La Cabane à Matelot, les poissons de Loire prennent naturellement leur place à table. L’adresse donne du sens à l’escapade. On parle produits locaux, cuisine de saison et lien direct avec le fleuve. C’est exactement le genre de déjeuner qui relie ce que l’on a vu, ce que l’on a appris et ce que l’on mange.
Aux Jardiniers à Ligré, le potager n’est pas un décor marketing posé près de la salle pour faire joli sur Instagram. Il nourrit vraiment la cuisine. L’adresse a quelque chose de très actuel, sans être poseuse. Des légumes, des fermentations, des assiettes vivantes, et une vraie cohérence entre le lieu et ce que l’on mange.
Au Jardin Secret du Château du Rivau, l’expérience joue une autre partition. Le cadre est féérique, le dîner prolonge la visite, et l’on garde cette sensation d’être dans un lieu à part. Une adresse à réserver si vous aimez les expériences un peu hors du quotidien, sans basculer dans le compassé.
Et pour entrer dans Tours par le goût, le food tour avec Yael reste une excellente idée. On découvre la ville par ses commerces, ses produits, ses rencontres et ses petites histoires. C’est vivant, accessible, et parfait si vous aimez picorer les anecdotes autant que les bonnes choses.
Comment organiser une escapade autour de Chinon et Tours
Pour un séjour de deux ou trois jours, je vous conseille de ne pas trop charger le programme. La Touraine se savoure mieux quand on garde de la marge. On peut traîner dans un jardin, discuter avec un producteur, entrer dans une boutique “juste pour regarder”. Et en ressortir, évidemment, avec trois choses dans le sac. Étrange phénomène, très étudié par les voyageurs gourmands.
Vous pouvez prendre Tours comme point de départ si vous voulez commencer par la ville, un food tour et une ambiance plus urbaine. Chinon fonctionne très bien aussi si vous préférez rayonner vers Rivarennes, Le Vazereau, La Devinière et les adresses plus rurales. Dans les deux cas, les distances restent raisonnables. Mais les visites donnent vite envie de ralentir.
L’idéal, à mon avis, est de prévoir une journée plutôt patrimoine et jardins. Une autre journée peut être consacrée aux produits et aux savoir-faire. Puis une belle table relie tout cela. Pas besoin de cocher toutes les cases. Mieux vaut garder un peu d’air dans l’itinéraire : c’est souvent là que les meilleurs souvenirs se glissent.
Pourquoi cette escapade m’a plu
Je garde surtout en tête cette façon qu’a la Touraine de ne jamais séparer complètement le paysage de l’assiette. Un jardin mène à une table. Une visite mène à une spécialité. Une rencontre donne envie de refaire une recette en rentrant.
Et puis il y a ces images qui restent : Chenonceau posé sur l’eau, les poires tapées de Rivarennes, la tarte vigneronne à Chinon, les fromages rapportés dans le sac. Il y a aussi les poissons de Loire, racontés autrement qu’en décor de carte postale. C’est ce genre de voyage-là que j’aime. Celui où l’on revient avec des photos, oui, mais aussi avec des goûts, des histoires et deux ou trois envies de cuisine.
Si vous avez envie de prolonger la balade, j’ai aussi rassemblé ici mes autres découvertes, recettes et escapades gourmandes en Centre-Val de Loire. Parce qu’évidemment, une seule escapade ne suffit jamais tout à fait.
Voyage de presse – Invitation Touraine Val de Loire