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Gaspacho au piment d’Espelette, chocolat et lard fumé

Une recette au piment d’Espelette qui sort vraiment des sentiers battus. Ici, pas de poulet basquaise ni d’omelette tranquille : on part sur un gaspacho revisité en version sucrée-salée, imaginé par un pâtissier bordelais.

Sur le papier, j’ai levé un sourcil. Dans l’assiette, j’ai arrêté de réfléchir et j’ai goûté. Et là… ça marche.

Le piment d’Espelette, avec sa chaleur douce plus aromatique que brûlante, se prête très bien à ce genre d’exercice : il réveille sans tout écraser.

Cette recette a été réalisée lors d’un atelier du goût par Sébastien Antoine, de la pâtisserie Antoine à Bordeaux. L’idée est assez folle : transformer un gaspacho en création de chef avec une soupe froide au chocolat légèrement fumée, accompagnée d’un finger croustillant garni d’une compotée de légumes.

Ingrédients pour la soupe froide chocolat-lard

Je vous donne ici une version adaptée pour la maison, pour environ 1 litre de soupe. La recette originale était prévue pour 5 litres. Autant dire qu’on a calmé le jeu.

Pour 4 personnes en entrée, ou 6 à 8 petites verrines :

Préparation

Mixez les tomates, le poivron, le concombre, l’oignon, l’ail, les pignons, le vinaigre, l’huile d’olive, le concentré de tomates, le sel, le piment d’Espelette et l’eau glacée.

Commencez avec 300 ml d’eau, puis ajustez si besoin. La texture doit rester fluide sans devenir trop liquide.

Filtrez la préparation pour obtenir une texture fine.

Faites fondre le chocolat noir tout doucement, puis incorporez-le à la soupe en mixant. Ajoutez les lardons grillés, laissez infuser 20 minutes au frais, puis retirez-les.

Goûtez et ajustez : un peu de sel, une pointe de vinaigre, une pincée de piment d’Espelette si nécessaire. Préparez idéalement cette soupe la veille : les parfums se posent et l’équilibre devient plus intéressant.

Pourquoi cette soupe fonctionne

Ce qui m’a plu, c’est le contraste : d’abord la fraîcheur tomate-concombre, puis le chocolat noir qui arrondit l’ensemble, et enfin le fumé du lard qui arrive en arrière-plan. Le piment d’Espelette fait le lien entre tout cela, sans jouer les gros bras.

C’est une recette de chef, bien sûr, mais elle donne surtout une idée à retenir : le piment d’Espelette peut aller beaucoup plus loin qu’un simple saupoudrage de dernière minute.

Bonus : l’atelier autour du piment d’Espelette

Cet atelier était animé par Sébastien Antoine, de la pâtisserie Antoine à Bordeaux. Tout Bordelais connaissait cette maison. Personnellement, j’adorais son Pablo, ses Craquelines, et ses petits fours du dimanche.

Avant de rejoindre la pâtisserie familiale, Sébastien Antoine avait travaillé dans plusieurs belles maisons, notamment auprès de Jean-Marie Amat, Michel Guérard et Christian Parra. On retrouvait bien cette double culture cuisine-pâtisserie dans l’atelier : de la technique, de l’audace, et cette envie de faire bouger les lignes.

Les autres idées de l’atelier

L’atelier proposait aussi une sucette glacée à l’Ossau Iraty, chocolat blanc et piment d’Espelette — je vous le dis franchement, ce n’est pas ce que j’ai préféré, mais l’idée était intéressante — ainsi qu’une forêt d’Itxassou revisitée avec chocolat, cerises et piment d’Espelette, moins surprenante mais très efficace.

À noter : la pâtisserie Antoine, située 19 cours Portal à Bordeaux, n’existe plus aujourd’hui. Je garde cette mention comme trace de cet atelier et de cette belle maison bordelaise.