
Brive-la-Gaillarde ©Dmitrijs Kaminskis Shutterstock
Brive-la-Gaillarde, Brive-la-Gaillarde… Mais où est-ce exactement, vous demandez-vous peut-être si vous habitez Strasbourg, Boulogne ou si votre géographie de la Corrèze s’arrête grosso modo à “quelque part entre le foie gras et les vacances” ?
Stop. Je vous entends déjà penser : « Mouais… Brive, c’est quand même un peu au milieu de nulle part. Et puis bon, ce n’est pas Ibiza non plus. »
Alors comment vous dire ? Entre bouloter des truffes sur le causse et me trémousser en écoutant David Guetta, personnellement, j’ai choisi mon camp. Et il sent davantage la truffe que la crème solaire pailletée.
Brive, c’est une ville du Sud-Ouest qui ne se la raconte pas. Elle avance avec son marché, ses producteurs, son accent, son rugby, sa foire du livre, ses bons produits et ce petit supplément d’âme qui fait que l’on s’y sent vite bien. Pas “waouh paillettes”, non. Plutôt “tiens, on reprendrait bien un petit verre et une tranche de quelque chose”. Ce qui, entre nous, est souvent meilleur signe.
Un week-end gourmand à Brive-la-Gaillarde
Pour tout vous avouer, j’ai passé un excellent week-end à Brive-la-Gaillarde. Du marché de Brive à la découverte d’un maître liquoriste, en passant par la visite passionnante d’une truffière et la rencontre avec un chocolatier local, la Chocolaterie Lamy, je ne me suis pas ennuyée une seconde.
Le marché, déjà, mérite qu’on s’y attarde. À Brive, il se tient sous et autour de la Halle Georges Brassens, les mardis, jeudis et surtout samedis matin. On y trouve ce que la région sait faire de mieux : des noix, des fromages, des canards gras, des charcuteries, des légumes de saison, du miel, des champignons quand c’est le moment, et cette ambiance de marché du Sud-Ouest où l’on arrive “juste pour regarder” et où l’on repart avec trois sacs, évidemment. La dignité, parfois, tient à peu de chose.

MArché de Brive la Gaillarde ©Brive 100% Gaillarde
J’y ai surtout rencontré des gens passionnés, chaleureux, authentiques. Le genre de personnes qui vous parlent de leur métier avec les yeux qui brillent et qui vous donnent envie, dans les dix minutes, de refaire votre valise pour revenir plus longtemps. La Corrèze a ce talent-là : elle ne force pas le trait, mais elle vous attrape par la gourmandise. Fourbe, mais efficace.
Brive, côté terroir : truffes, noix et bonnes maisons
Ce que j’aime à Brive, c’est que la gourmandise n’a rien de décoratif. Elle fait partie du paysage. Ici, on ne parle pas de “produits locaux” parce que cela fait joli dans un communiqué de presse. On parle de ce que l’on mange, de ce que l’on cultive, de ce que l’on transmet.
En hiver, Brive est aussi connue pour ses foires grasses et son marché aux truffes. Autant vous dire que si vous aimez les ambiances feutrées, les paniers bien remplis et les conversations sérieuses autour d’un foie gras ou d’une truffe noire, vous êtes au bon endroit. On est loin du snack avalé debout entre deux portes. Ici, on prend le temps. Et franchement, cela fait du bien.
- Noix
Ce week-end-là, entre les parfums de noix, de chocolat, de liqueur et de terre humide dans la truffière, j’ai retrouvé tout ce que j’aime dans les escapades gourmandes : des produits, des histoires, des gens. La sainte trinité, version Papilles.
Des visites ouvertes à tous
Et le mieux dans tout cela ? Les lieux que nous avons visités sont ouverts au public. Ce n’était pas un séjour prout-prout réservé à trois VIP avec badge autour du cou et sourire réglementaire.
Non, tout ce que nous avons fait, l’office de tourisme le propose aussi aux visiteurs. Et c’est cela qui m’a plu : on ne regarde pas Brive de loin, en mode carte postale. On met les pieds dans le marché, on écoute les producteurs, on pousse les portes, on goûte, on discute. Bref, on vit un peu la ville par le bon bout de la fourchette.
Brive se découvre très bien le temps d’un week-end. Vous pouvez flâner dans le centre, passer par la collégiale Saint-Martin, vous perdre dans les rues commerçantes, faire un tour au marché, puis filer vers les villages et paysages alentour. La Corrèze n’est jamais très loin de la Dordogne, du Lot, des causses et des routes qui donnent envie de s’arrêter toutes les dix minutes. Ce qui est très mauvais pour la ponctualité, mais excellent pour les souvenirs.
Une semaine 100 % gaillarde
Je vais donc vous emmener, si vous le voulez bien, pour une semaine 100 % gaillarde, avec quelques étapes gourmandes et corréziennes comme je les aime : des produits, des recettes, des rencontres, et probablement une ou deux envies de refaire sa valise.
Au programme :
- un article sur les truffières, que j’ai adorées ;
- une recette de milhassou, bien corrézienne comme il faut ;
- une recette de tournedos de magrets, parce que tant qu’à être gourmand, autant ne pas faire semblant.

Tournedos en croûte de cèpes et milhassous
Alors, Brive, cela vous tente ?
Moi, j’y retournerai, c’est sûr. Merci à tous les Brivistes pour leur accueil, avec une pensée toute particulière pour Clémentine et Stéphane. Brive-la-Gaillarde porte bien son nom : elle a du caractère, du cœur, et une sacrée façon de passer à table.
Et puis, entre nous, une ville capable de vous parler à la fois de truffes, de livres, de rugby, de chocolat et de liqueur de noix mérite qu’on lui accorde plus qu’un simple arrêt sur la route. Brive n’est peut-être pas Ibiza. Mais elle a quelque chose que j’aime beaucoup plus : de la gueule, du goût, et cette façon très gaillarde de vous donner envie de revenir.