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Melon, du champ à l’assiette : la cueillette

Melon mûr dans un champ avant la cueillette

Melon ©Teri Virbickis Shutterstock

Comment la nourriture arrive-t-elle dans notre assiette ? Je ne sais pas vous, mais moi, cela me passionne. Quel chemin parcourt un produit avant d’arriver sur l’étal ? Comment sait-on qu’il est prêt ? Que se passe-t-il entre le champ, la station et notre panier ?

C’est pour cette raison que ma journée passée chez Rouge Gorge, à Taizé, dans les Deux-Sèvres, m’a autant intéressée. Dans un premier article, je vous ai raconté le parcours du melon de la graine au champ. Ici, on passe à l’étape suivante : la cueillette du melon.

La cueillette du melon dans les champs

La cueillette se fait tous les jours. Un melon, cela n’attend pas. Quand il est mûr, il faut intervenir au bon moment, sinon on perd en qualité, en tenue et en goût.

Dans les champs, l’équipe de cueillette compte en général une quinzaine de personnes : un chef d’équipe, deux porteurs chargés de récupérer les seaux de melons, dix à douze cueilleurs et un conducteur de tracteur, qui peut aussi aider au portage.

Pendant la pleine saison, l’entreprise emploie de nombreux saisonniers. Elle passe d’environ 90 salariés à près de 1800 personnes pendant la période la plus productive. Autant dire que derrière le melon que l’on coupe tranquillement en deux dans sa cuisine, il y a une sacrée organisation.

Comment reconnaître un melon mûr dans le champ ?

Les cueilleurs ne choisissent pas les melons au hasard. Plusieurs signes leur indiquent qu’un fruit est arrivé à maturité. La feuille la plus proche du melon commence à faner, et une petite goutte de sucre peut perler. Ce sont des indices précieux.

Les melons abîmés, eux, sont laissés sur place. Le tri commence donc déjà dans le champ, bien avant l’arrivée en station.

Sur une même plante, on peut aussi voir cohabiter fleurs et fruits.

Ces fleurs plus tardives donneront ce que l’on appelle des melons de recoupe : souvent plus petits, parfois moins bons. Quand vous voyez des barquettes de trois petits melons en grande surface, il s’agit souvent de melons de recoupe, et non d’une variété particulière.

Ce qu’il faut savoir sur la culture du melon

On ne cultive pas du melon sur la même parcelle chaque année. En général, on ne revient sur une terre qu’une fois tous les sept ans, pour limiter le risque de maladies comme la fusariose. Le melon aime particulièrement les terres argilo-calcaires.

Une fois cueillis, les melons sont acheminés vers des points de stockage, puis rapatriés à la station de conditionnement. Là encore, tout doit aller vite : un melon cueilli en plein soleil peut être très chaud, surtout lors des journées de cagnard.

À l’arrivée en station

À leur arrivée, les melons passent au moins 6 heures dans de grandes pièces ventilées, sortes de chambres froides. L’objectif est d’abaisser leur température. Quand ils ont été cueillis sous une forte chaleur, ils peuvent atteindre une température très élevée. Il faut donc les refroidir pour éviter qu’ils ne s’abîment.

Le taux de sucre est ensuite vérifié par échantillonnage. Les melons sont regroupés en lots similaires. Toujours sur échantillon, certains fruits sont fendus en deux afin de rechercher d’éventuelles maladies, comme la vitrescence du melon.

Tout lot qui ne correspond pas aux critères de qualité est écarté. C’est assez impressionnant à voir, parce que l’on comprend très vite que la cueillette n’est qu’une étape dans une chaîne beaucoup plus précise.

Dans l’article suivant, je vous raconte la suite : le conditionnement du melon, du champ à l’assiette.

Bon appétit !