
Annabel Langbeim
Au début du mois, je me suis rendue à l’Ecole du Cordon Bleu à l’occasion de la sortie en français du livre d’Annabel Langbein : Annabel au naturel. Je vous en avais d’ailleurs beaucoup parlé, j’étais sortie enthousiaste.
J’avais profité de l’occasion pour interviewer Annabel Langbein sur son parcours, ses envies, mais aussi sur les habitudes culinaires néo-zélandaises. Parce qu’en France, on connaît finalement assez mal la cuisine néo-zélandaise. Et moi, j’avais très envie de savoir ce qu’on mangeait à Wellington, quels étaient les produits locaux, les spécialités, et à quoi ressemblait le dîner d’une famille kiwi.
Voici donc un extrait de cet entretien. Merci encore Annabel.

Nouvelle Zélande ©Shay Yacobinski shutterstock
Les produits locaux en Nouvelle-Zélande
Annabel, comme en France nous ne connaissons pas très bien, pour ne pas dire pas du tout, la cuisine néo-zélandaise, pouvez-vous me dire quels sont les produits locaux ?
J’ai toujours pensé que la Nouvelle Zélande était le jardin originel du monde tellement nos produits sont de bonne qualité. Toute notre viande provient d’animaux élevés dans nos pâtures ; nous ne les engraissons pas dans des granges, ils mangent de l’herbe toute l’année.
Les produits fermiers se développent beaucoup ces dernières années : je pense par exemple au porc, aux poulets, aux œufs. De plus, une grande variété de produits biologiques est maintenant disponible. Comme les circuits de distribution sont plutôt courts, les fruits, légumes et autres produits sont souvent hyper frais.

Moutons – Nouvelle Zélande ©Phillip Capper CC BY 2.0
Nous avons aussi à portée de main dans nos supermarchés énormément de saveurs et de produits différents. Notre nourriture est donc multiculturelle et subit beaucoup d’influences. Pour vous donner une idée, on trouvera dans nos placards aussi bien de l’huile d’olive, de l’huile de sésame, du vinaigre balsamique, du vinaigre blanc, du vinaigre de riz, de la moutarde que du wasabi, du quinoa, des lentilles, des épices marocaines ou cajuns, de la sauce soja, du nuoc mam, de la sauce chili et de la mélasse de grenade. En d’autres mots, on y trouve des saveurs et des parfums du monde entier.
Les spécialités néo-zélandaises
Quelles sont les spécialités néo-zélandaises ?
Le plat national néo-zélandais est l’agneau rôti. Il n’y a pas si longtemps il y avait quelque chose comme 70 millions de moutons pour seulement 4 millions d’habitants. De nos jours il y a moins de moutons et les gens mangent des choses plus légères. Il est bien fini le temps des énormes rôtis de viande accompagnés de légumes.

Moutons – Nouvelle Zélande © Phil Whitehouse CC BY-NC 2.0
Si un ami arrive aujourd’hui pour le diner, je lui préparerais sans doute un carré ou un gigot d’agneau, ou alors un poisson (nos poissons sont si bons). Ce qui a changé ces dernières années, c’est que la viande n’est plus l’ingrédient principal. Nos repas sont plus équilibrés et l’on met davantage l’accent sur les légumes. Je voudrai dire que nous autres, kiwis, mangeons davantage de légumes que les Français, c’est du moins ce qui ressort de mon expérience personnelle.
La Pavlova (une délicieuse meringue cuite recouverte de crème et de fruits frais), trouve son origine en Nouvelle Zélande et a été longtemps notre dessert national. On lui préfère aujourd’hui des fruits frais ou cuits. Je trouve la nourriture néo-zélandaise plus légère que la française. Nous utilisons moins de beurre et de crème dans notre cuisine.
Le dîner en famille en Nouvelle-Zélande
A quoi ressemble le repas d’une famille néo-zélandaise ? Le repas est-il pris en famille ?
Je pense que c’est la même chose partout dans le monde occidental. Ce sont les gens qui ont le moins d’argent qui mangent le plus de nourriture industrielle. C’est fou. Mais sinon, tous les gens que je connais cuisinent et c’est très facile de cuisiner sans avoir appris. On trouve beaucoup de choses intéressantes dans les supermarchés. Nous n’avons pas besoin d’aller dans de nombreux magasins.

Table du dîner ©Unsplash
Ma famille et les familles que je connais dînent à table tous les soirs. Les diners sont simples mais c’est un moment convivial pour discuter, pour passer un moment ensemble alors que nos vies sont si remplies. Je détesterai ne plus avoir ce rituel dans ma vie. Vous pouvez toujours avoir un mauvais diner mais s’asseoir ensemble autour d’une table est un moment phare de la journée pour moi.
Merci beaucoup Annabel d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. J’aime beaucoup cette idée d’une cuisine à la fois simple, ouverte sur le monde et très attachée aux bons produits. Cela donne envie d’aller voir de plus près ce qu’il y a dans les assiettes néo-zélandaises. Et peut-être aussi dans les marchés, les fermes… et les cuisines.
Pour aller plus loin
- Un site : www.langbein.com
- Des recettes : le site de recettes d’Annabel Langbein