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Restaurant Holodeck : table étoilée au Château de Chambert

Façade du restaurant Holodeck au Château de Chambert

Restaurant Holodeck

Déjeuner ou dîner au Holodeck, le restaurant étoilé du Château de Chambert, c’est découvrir une autre facette de ce lieu. Après les vignes et les chais, place à une cuisine précise, libre, très liée au vin, mais jamais enfermée dans le décor.

Le Holodeck se trouve au Château de Chambert, à Floressas, dans le Lot. Le cadre est superbe : les vignes tout autour, la cuisine ouverte, les assiettes qui circulent et les verres qui racontent autre chose que le simple accompagnement d’un plat.

Le restaurant a obtenu une étoile au Guide Michelin en 2026. En cuisine, le chef Baptiste Moura signe une cuisine fine, vive, souvent audacieuse, mais toujours lisible. En salle, Lin Liu, Master of Wine, apporte une lecture très personnelle des accords mets-vins. Pas de discours figé : ici, le vin se goûte, se raconte et s’ajuste.

Le nom Holodeck surprend un peu au départ — petit clin d’œil à Star Trek — mais il prend vite son sens. Dans la série, le holodeck est un espace immersif où l’on entre dans un autre univers. Ici, pas de vaisseau spatial : des vignes, du Malbec, de belles assiettes et un vrai moment à table.

Une table étoilée au cœur du Château de Chambert

Ce que j’ai aimé tout de suite, c’est que le Holodeck ne joue pas la grande table intimidante. Tout est précis, bien sûr. Les cuissons, les sauces, les assaisonnements, le rythme du repas : rien n’est laissé au hasard. Mais l’ensemble reste chaleureux, vivant, presque conversationnel.

La cuisine ouverte y est pour beaucoup. On voit les gestes, les échanges et les assiettes qui prennent forme. Dans une propriété viticole, cela fonctionne particulièrement bien : le vin n’est pas un supplément d’âme, il fait pleinement partie de l’expérience.

Le soir, le menu se découvre au fil du repas. On se laisse guider, on goûte, on compare, on se laisse surprendre. Bref, tout ce que j’aime.

Un menu précis, vivant et très personnel

Le repas a commencé avec trois amuse-bouches très parlants.

D’abord, une gougère farcie à la vieille mimolette, relevée d’une pointe de piment. Puis une huître de Normandie servie avec une sauce chien, clin d’œil aux Antilles, vive et parfumée. Enfin, une bouchée inspirée de l’ajo blanco, cette soupe froide andalouse à l’amande, ici travaillée avec du fenouil, de l’amande fraîche et une cerise confite.

Pas d’esbroufe, mais déjà une vraie direction : de l’acidité, du relief, des herbes, des voyages et cette envie de déplacer les repères sans perdre le goût.

La suite jouait autour d’un thon de Méditerranée pêché à la ligne, servi dans un esprit de carpaccio. Il était accompagné de tomate confite, longuement marinée, de quelques gouttes de colatura, d’une feuille de câpre, d’huile au basilic et d’un gaspacho de tomate.

L’assiette était d’une grande netteté. La tomate apportait la douceur et la profondeur, la colatura la salinité, le basilic la fraîcheur végétale. Le poisson, lui, gardait toute sa délicatesse. C’est le genre de plat qui paraît simple lorsqu’il arrive, mais où tout se joue au millimètre. J’ai adoré !

Des assiettes marquantes, entre fraîcheur et audace

Le homard arrivait avec une sauce dite à la diable, relevée aux graines de moutarde. À côté, une sucrine maraîchère braisée, posée sur une compotée de légumes travaillée comme un bouillon, avec de petits morceaux d’oreille de cochon et une feuille de guanciale.

Sur le papier, cela peut paraître chargé. Pourtant, dans l’assiette, tout se tenait. Le homard conservait sa douceur, la sauce apportait du relief, la sucrine une légère amertume et les touches de cochon ce côté gourmand, presque canaille, qui réveillait l’ensemble.

Poissons, sauces et fraîcheur

Très belle assiette aussi autour du rouget, servi avec deux sauces. La première, orangée, associait carotte, safran et moule. La seconde, plus sombre, était préparée à partir du jus du poisson.

Autour, le chef proposait une déclinaison de carotte : crue et macérée à l’huile de poivre vert, en crème safranée, puis en douceur épicée. Le rouget a du caractère. Il supporte ce type d’accompagnement à condition de ne pas être écrasé. Ici, le plat restait fin, précis et très juste.

Le Saint-Pierre jouait une partition plus délicate. Il arrivait avec un jus de petits pois relevé d’un peu de yuzu kosho, cette pâte japonaise fermentée au yuzu et au piment. Une huile de mélisse du jardin et un beurre blanc complétaient l’assiette.

J’ai beaucoup aimé ce plat. Le poisson était parfaitement cuit, le yuzu kosho apportait une vibration sans tout dominer et la mélisse une fraîcheur très élégante. Fin, mais jamais fade. Technique, mais jamais froid.

Veau, sardine fumée et Malbec

La viande proposait l’association la plus inattendue du repas : du veau accompagné d’un travail autour de la sardine.

Les poissons arrivent frais en cuisine. L’équipe les marine dans de l’huile d’olive du Douro, puis les fume au bois de hêtre. Les têtes et les queues servent ensuite à préparer un fumet, enrichi de Malbec. Ce jus accompagne le veau, avec des cœurs d’artichauts, de la sauge, un peu de tapenade et de noisette.

Veau et sardine ? Oui, vraiment. Et cela fonctionne. La sardine ne prend pas toute la place ; elle apporte de la profondeur, de la salinité, presque une colonne vertébrale au plat. Le veau reste tendre, l’artichaut arrondit l’ensemble et le Malbec relie l’assiette au vignoble. C’est malin, audacieux, mais jamais gratuit.

Desserts : fraîcheur, herbes et jolies surprises

Côté sucré, j’ai retrouvé le même fil conducteur que tout au long du repas : des desserts qui privilégient le goût, l’équilibre et les contrastes plutôt que les effets de style. Chaque élément a sa place et apporte réellement quelque chose à l’ensemble.

Il y a eu notamment une création autour de la fraise, légèrement compotée, avec du poivre, une touche fumée et une glace au yaourt. Fruit, acidité, fraîcheur, chaud-froid : tout ce que j’aime dans une fin de repas.

Puis une très belle association entre chocolat noir et Chartreuse : mousse au chocolat, infusion de verveine du jardin, gelée, chocolat chaud à la Chartreuse, poudre végétale aux herbes et cacao à 72 % d’Équateur. C’était aromatique, herbacé et délicat, avec juste ce qu’il fallait d’intensité.

Enfin, il y a eu ces petits clins d’œil de fin de repas, dont un travail autour du miso blanc en version sucrée. J’aime beaucoup cette idée. Le miso apporte de la profondeur, une note presque caramélisée et un umami discret. Cela ne cherche pas à surprendre à tout prix, mais cela reste en mémoire.

Les accords mets-vins : le vin comme conversation

Au Holodeck, les accords ne sont pas un simple supplément. Ils font partie de l’identité de la maison.

Forcément, dans une table installée au cœur d’un vignoble, on attend beaucoup du vin. Mais ce qui m’a plu, c’est que les propositions ne se contentent pas d’accompagner gentiment les plats. Elles les éclairent.

On passe d’un vin de Chambert à d’autres bouteilles selon les textures, les sauces et les goûts des convives. Lin Liu explique sans assommer, raconte sans réciter et ajuste sans rigidité.

Pour moi, c’est cela, un bel accord mets-vins : lorsqu’il rend l’assiette plus claire, plus lisible et plus intéressante. Pas lorsqu’il complique tout.

J’ai particulièrement aimé celui proposé avec le dessert au chocolat : un Rogomme, un vin muté du Lot que je ne connaissais pas.

Bouteille de Rogomme Chambert, recette traditionnelle de Malbec dessert

Rogomme de Chambert

C’est le genre de découverte qui me plaît. Les notes de cacao, de fruits noirs et d’épices répondaient au chocolat sans jamais prendre le dessus. Un bel accord, mais aussi une façon de remettre en lumière un vin presque disparu.

Mon avis sur le restaurant Holodeck

J’ai passé un très beau moment au restaurant Holodeck du Château de Chambert. Ce n’est pas seulement une table étoilée au milieu des vignes. C’est une expérience complète, où le cadre, la cuisine, le vin et le service avancent ensemble.

Ce que je retiens surtout, c’est la personnalité de la maison. La cuisine de Baptiste Moura est précise, mais elle ne cherche pas à impressionner pour impressionner. Les sauces comptent beaucoup, les cuissons sonnent juste et les associations surprennent parfois, tout en gardant leur cohérence.

J’ai aussi aimé cette façon de ne pas s’enfermer dans l’image attendue du Lot. Ici, pas de folklore forcé, pas de canard obligatoire sous prétexte que l’on est dans le Sud-Ouest. Le territoire est présent, bien sûr, mais il dialogue avec la mer, les épices, les herbes, le Japon, les Antilles, l’Italie ou le Portugal.

Et c’est ce qui rend le repas vivant.

Bref, c’est une adresse qui mérite clairement le détour. Et même le voyage, si vous aimez les tables où l’on mange très bien, mais où l’on comprend aussi un lieu.

Informations pratiques

Restaurant Holodeck — Château de Chambert
46700 Floressas
Site : www.chambert.com

Le restaurant est ouvert toute l’année, avec un nombre limité de services. La réservation est fortement recommandée. Vérifiez les jours et les horaires directement sur le site du Château de Chambert avant de vous déplacer.

J’ai découvert le restaurant Holodeck dans le cadre d’un voyage de presse dans le Lot. Comme toujours, je partage ici mon ressenti personnel.

À consommer avec modération, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.