À Monpazier, j’ai eu un vrai coup de cœur pour Le Croquant, le restaurant du chef Benoît Jarrige. Une adresse comme je les aime : simple, goûteuse, avec des assiettes bien cuisinées, très bien assaisonnées, et un rapport qualité-prix réjouissant.
Nous y avons déjeuné lors d’un séjour dans la région des Bastides Dordogne-Périgord. Monpazier était déjà sublime, avec ses pierres blondes, ses arcades, sa place parfaite et cette impression de décor médiéval où rien ne semble avoir bougé.
J’étais donc déjà dans de bonnes dispositions. Mais un beau village ne suffit pas à faire un bon déjeuner. Heureusement, au Croquant, l’assiette suit. Et même très bien.
Ce qui fait la différence : la justesse
Le Croquant se présente comme une cantine de campagne. J’aime beaucoup cette expression. Elle dit quelque chose de franc, de direct, de chaleureux. Pas de grand tralala, pas d’assiette qui donne l’impression d’avoir été montée à la pince à épiler par temps de grand stress. Ici, on vient manger une cuisine lisible, soignée, généreuse, ancrée dans son territoire.
Le jour de notre passage, le menu affichait une formule entrée, plat, dessert à 21 euros, ou entrée, plat, fromage, dessert à 29,50 euros. Franchement, vu la qualité du déjeuner, c’est un excellent rapport qualité-prix. Et en voyage, quand une adresse coche à la fois la case plaisir et la case bon sens, je prends. Je note, je recommande et je fais même des petits cœurs dans ma tête.
La carte était courte, précise, avec des intitulés qui donnaient envie sans avoir besoin d’un glossaire gastronomique. On y trouvait notamment des poireaux grillés, sauce gribiche, des courgettes rôties, vierge de tomate, une terrine de campagne au foie gras, des haricots verts grillés au barbecue, du magret de canard, une assiette de fromages et deux desserts très saisonniers.
Rien de compliqué sur le papier. Mais c’est justement là que cela devient intéressant. Parce que la cuisine simple ne pardonne pas grand-chose. Quand il n’y a pas quinze artifices dans l’assiette, il faut que le produit, la cuisson et l’assaisonnement tiennent debout. Ici, ils tiennent très bien.
Ce que nous avons mangé
En entrée, nous avons choisi deux propositions différentes : les courgettes rôties, vierge de tomate, et la terrine de campagne au foie gras.
Les courgettes jouaient la carte de l’été : du légume, du jus, de la fraîcheur, une assiette sans lourdeur mais avec du goût. Ce n’est pas toujours évident de rendre la courgette intéressante, soyons honnêtes deux secondes. Maltraitée, elle peut vite donner l’impression d’avoir renoncé à toute ambition personnelle. Là, elle avait du relief, de l’assaisonnement, une vraie présence.
La terrine, elle, s’inscrivait davantage dans l’esprit périgourdin. Généreuse, bien faite, avec ce supplément de gourmandise apporté par le foie gras. Une entrée plus rustique, mais dans le bon sens du terme : celle qui accompagne bien un déjeuner de campagne, pas celle qui vous oblige à prévoir une sieste immédiate sous la table.
Pour le plat, nous avons tous les deux choisi le magret de canard. Il était servi avec une crème d’ail, des petits pois et des pommes de terre écrasées au beurre noisette. Le genre d’intitulé qui met déjà de bonne humeur.
Et c’était très réussi. Le magret était bien cuisiné et l’accompagnement apportait ce qu’il fallait de douceur, de rondeur et de caractère. La crème d’ail donnait du relief sans écraser le reste. Les petits pois amenaient leur côté végétal, les pommes de terre au beurre noisette faisaient le travail de réconfort. Bref, une assiette qui ne cherche pas à épater par tous les moyens, mais qui sait exactement où elle va.
Des desserts simples et bien envoyés
Pour terminer, nous avons goûté deux desserts : le pain perdu, coulis de fruits rouges et sorbet fromage blanc et le crumble pomme, rhubarbe, fraise et sorbet fraise.
Le pain perdu cochait la case réconfort avec application. C’est un dessert que j’aime beaucoup quand il est bien fait : moelleux, gourmand, mais pas plombant. Avec le coulis de fruits rouges et le sorbet fromage blanc, il gardait une jolie fraîcheur. Ce détail compte, surtout après un magret.
Le crumble, lui, jouait davantage sur le fruit. Pomme, rhubarbe, fraise, sorbet fraise : acidité, douceur, croustillant, fraîcheur. Tout ce qu’il faut pour finir le repas sans avoir l’impression de demander une civière à la sortie. Là encore, c’était simple, mais bien pensé.
Mention spéciale aux glaces servies avec les desserts : elles étaient délicieuses, avec une texture ultra soyeuse, presque veloutée.
Une cuisine simple, goûteuse et très bien assaisonnée
Ce que j’ai vraiment aimé au Croquant, c’est cette impression de justesse : les cuissons, les sauces, les assaisonnements, les accompagnements. Et cela, croyez-moi, ce n’est pas si courant. Ici, chaque élément semblait à sa place. Les plats avaient du goût, les portions étaient équilibrées, le menu était cohérent. On sentait une vraie main derrière, une attention aux détails, mais sans démonstration inutile.
C’est une table qui nourrit bien, où le chef cuisine vraiment et respecte le produit. On en sort avec cette impression très agréable d’avoir choisi la bonne adresse.
Après le déjeuner, j’ai aussi eu la chance d’échanger avec le chef Benoît Jarrige. Je vous raconte ici sa démarche, entre cuisine de saison, ferme à quelques kilomètres du restaurant et nouveau projet en préparation.
Bref, si vous passez par Monpazier et que vous cherchez où déjeuner, gardez Le Croquant sous le coude. La bastide est magnifique, l’adresse est chaleureuse, et l’assiette tient largement la route. Pour moi, c’est une très belle halte gourmande en Dordogne.
Restaurant Le Croquant – 28 Rue Saint-Jacques, 24540 Monpazier
Cuisine de saison, cantine de campagne, menu du jour
Pensez à vérifier les jours d’ouverture, les horaires et l’adresse avant votre venue sur leur site ou leur page Facebook.
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