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Le Château du Rivau : un château de contes de fées en Touraine

Je suis arrivée au château du Rivau en fin d’après-midi, après une journée déjà bien remplie. Le matin, j’étais passée par la Maison de la Poire Tapée, puis j’avais rencontré Ambroise Vareux, de La Cabane à Matelot, et découvert son incroyable restaurant-pêcherie au bord de la Loire. Autant vous dire qu’à ce stade, j’avais déjà les yeux bien nourris et le cerveau en mode économie d’énergie. Option batterie faible, mais curiosité encore vaillante.

Nous étions à cette heure où la lumière dore les pierres, allonge les ombres et donne à tout un petit air de tableau. Même la fatigue devient presque élégante, c’est dire.

Et puis on entre par une petite porte.

Un château de contes, mais pas figé

Le château du Rivau apparaît d’un coup, massif, médiéval, avec ses tours, ses douves et son pont-levis. Il a quelque chose de très dessiné, presque évident, comme le château que l’on imaginait enfant quand on pensait aux contes, aux chevaliers et aux grandes portes que l’on pousse avec un peu d’appréhension.

Dans la cour, des paons se promenaient tranquillement, comme s’ils payaient la taxe foncière. Leur cri, parfois, montait depuis les jardins et venait se glisser dans la visite. Dans ce décor déjà très imaginaire, il suffisait de l’entendre pour que l’esprit parte tout seul : forêt enchantée, princesse disparue, dragon mal réveillé… chacun son scénario.

On ne le comprend pas seulement avec des dates. On le comprend en avançant dans la cour, en regardant les pierres, en passant des zones d’ombre à la lumière, en levant les yeux vers les tours. Le château n’a pas ce côté froid de certains monuments trop bien rangés, où l’on a peur de respirer de travers. Ici, il semble encore habité par des histoires, des traces, des usages, une fantaisie.

Les anciennes écuries rappellent aussi que le domaine a longtemps vécu avec les chevaux. Je ne vais pas vous refaire toute la chronologie, promis juré, vous avez échappé au contrôle surprise. Mais j’aime ces détails-là dans les châteaux : les lieux qui racontent le quotidien autant que les grandes heures. Les pierres, c’est bien. Les pierres qui ont vu passer du monde, c’est mieux.

Des jardins pleins de fantaisie

Rien n’y est complètement sage et c’est ce qui m’a plu.

Il y a le labyrinthe d’Alice au pays des merveilles, des sculptures élaborées avec des pots de fleurs en terre cuite, de grandes bottes posées là comme si un géant venait de filer déjeuner, des allées qui appellent la curiosité, des œuvres un peu décalées et, de temps en temps, ce cri des paons qui vient remettre une pièce dans la machine à imaginer.

Le château donne le cadre, les jardins ouvrent les portes. On est bien dans un château de la Loire, mais pas dans la version amidonnée. Ici, le lieu accepte le pas de côté. Il y a du sérieux, bien sûr, mais aussi de l’espièglerie. Et franchement, un château qui ne se prend pas complètement au sérieux, c’est reposant.

À l’intérieur aussi, l’art contemporain poursuit le même fil. Le château abrite une collection assez déjantée, entre cabinets de curiosités, clins d’œil, objets inattendus et œuvres qui bousculent un peu les vieilles pierres. Cela pourrait être gadget. Ici, cela donne plutôt l’impression que le bâtiment s’amuse avec son histoire.

Dormir et dîner au Château du Rivau

Le Rivau n’est pas seulement un château que l’on visite avant de reprendre la route. On peut aussi y dormir, puisque l’hôtel est installé dans les anciennes écuries royales. J’aime bien cette idée : passer la nuit dans un lieu qui a gardé les traces de son histoire, mais sans renoncer au confort moderne. Les chevaux ont laissé la place aux chambres, ce qui, reconnaissons-le, est tout de même plus pratique pour poser une valise.

Nous avons aussi dîné sur place. Le domaine propose deux tables, avec deux ambiances différentes : La Table des Fées, plus décontractée, pour une pause simple face au Potager de Gargantua, et Le Jardin Secret, le restaurant gastronomique où nous avons dîné.

Au cœur de la cour du château, sous une verrière entourée de roses puis de dahlias en été, le chef Antoine Lopez compose une cuisine très liée aux jardins du domaine. Fleurs comestibles, herbes aromatiques, légumes du potager bio, produits tourangeaux et poissons de Loire se retrouvent dans des assiettes très végétales, colorées et élégantes.

Ce que j’ai aimé, c’est cette impression de continuité entre les jardins et le dîner. On passe des allées fleuries à l’assiette sans rupture. Même le décor participe à cette sensation de dîner dans un jardin imaginaire.

Je vous reparle du dîner plus en détail dans un article dédié, parce que là aussi, il y a matière à raconter.

Le Rivau n’est pas forcément le château le plus spectaculaire de la Loire, ni le plus connu. Mais il a de la personnalité. Et c’est souvent ce que je préfère dans une visite : ne pas avoir l’impression de revoir ce que l’on connaît déjà.

Informations pratiques

Le Château du Rivau se situe 9, rue du Château à Lémeré, près de Chinon, en Indre-et-Loire. Prévoyez au moins deux heures pour profiter du château, des jardins, des écuries et des expositions, davantage si vous aimez flâner, photographier, sentir les fleurs ou simplement laisser votre imagination faire sa petite vie.

Avant votre visite, vérifiez les horaires et les informations pratiques sur le site officiel : Château du Rivau.