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Feijoa : le petit fruit vert au parfum d’ananas, de goyave et de fraise

Feijoa cultivé chez Moulin Ô Fruits en Dordogne

Feijoa © Moulin Ô Fruits

Le feijoa, je l’ai vraiment découvert non pas au Brésil mais en Dordogne, chez Moulin Ô Fruits. J’étais venue pour les petits fruits bio, les échanges avec deux producteurs passionnés et ces moments de terrain comme je les aime. Et puis je suis repartie avec un nom nouveau en tête, un goût en bouche, et cette petite envie très raisonnable de demander à tout le monde : “Vous connaissez le feijoa ?”.

À Moulin Ô Fruits, ils en ont planté parce que la maman d’Alexandra en avait un dans son jardin. Ils connaissaient donc déjà ce drôle de fruit vert, parfumé, encore peu courant, et ont eu envie de lui faire une place dans leur verger. Ils le vendent tel quel et en font aussi des confitures.

Le fruit, lui, ne joue pas les divas. Petit, vert, ovale, presque modeste. Et pourtant, quand il est mûr, il cache une chair très aromatique, douce, acidulée, avec des notes d’ananas, de goyave, de fraise, parfois de kiwi. Un petit cocktail tropical sous une peau vert sauge. Sans parasol en papier, heureusement.

Le feijoa, un fruit discret mais très bavard

Le feijoa est aussi appelé goyavier du Brésil, goyavier-ananas ou encore goyavier de Montevideo. Il appartient à la famille des Myrtacées, comme le rappelle Jardins de France, et pousse naturellement en Amérique du Sud, notamment au sud du Brésil, en Uruguay, au Paraguay et dans le nord de l’Argentine.

Voilà pour la minute botanique. Elle est utile, mais ce qui nous intéresse surtout, c’est ce qui se passe quand on le coupe en deux. Sa chair se mange à la petite cuillère, comme celle d’un kiwi, avec un parfum frais, floral, acidulé. C’est le genre de fruit que l’on goûte par curiosité, puis que l’on cherche ensuite du regard sur les marchés. Mauvais signe pour votre panier, excellent signe pour vos papilles.

Comment manger le feijoa ?

Le plus simple reste de le déguster cru, bien mûr, coupé en deux. Il doit être souple sous les doigts, parfumé, mais pas mou. Trop ferme, il manque d’intérêt. Trop mûr, il file vite vers le côté “oups, on aurait dû s’en occuper hier”. La fenêtre de tir est courte, mais c’est souvent le cas avec les fruits qui ont du caractère.

Vous pouvez aussi l’ajouter dans une salade de fruits, avec de la pomme, de la poire, du kiwi ou des agrumes. Il aime les associations fraîches, acidulées, pas trop lourdes. Dans un yaourt nature, un fromage blanc ou une compote, il apporte tout de suite une petite note parfumée, inattendue, très agréable.

Et puis il y a la confiture de feijoa. Là, forcément, je tends l’oreille. Son parfum fruité et légèrement acidulé donne une confiture originale, fraîche, pas écœurante. Sur une tartine de pain au levain avec un peu de beurre demi-sel, je pense que l’on tient quelque chose de tout à fait fréquentable. Voire franchement recommandable.

Et les fleurs de feijoa ?

Les fleurs de feijoa se dégustent aussi, à condition bien sûr qu’elles soient parfaitement identifiées, non traitées et cultivées pour être consommées. Le site Fruits Oubliés Réseau rappelle d’ailleurs cet usage culinaire, encore assez confidentiel. Les pétales sont charnus, légèrement croquants, fruités, avec une vraie personnalité. Pas la fleur décorative un peu inutile que l’on pousse au bord de l’assiette. Plutôt la fleur qui vous fait lever un sourcil et dire : ah oui, quand même.

Je les ai goûtées dans ces petites verrines de perles du Japon au lait de coco et coulis de fruits rouges. Et franchement, cela fonctionnait très bien : le lait de coco apportait la douceur, les fruits rouges le peps, et les fleurs de feijoa cette petite note fraîche, florale, presque acidulée, qui réveillait l’ensemble sans faire son intéressante. Enfin si, un peu, mais avec élégance.

On peut aussi les imaginer sur une salade de fruits, une panna cotta, une pavlova, un fromage frais ou une assiette de fraises. Quelques pétales suffisent. Pas besoin de transformer le dessert en bouquet de mariée.

En revanche, prudence avec les fleurs comestibles : on ne mange pas une fleur inconnue parce qu’elle est jolie. La fleur du bord du chemin, même romantique, reste au bord du chemin. Elle a sa vie. Vous avez la vôtre.

Si vous croisez du feijoa, goûtez-le

Parce que c’est rare. Parce que c’est bon. Et parce que cela change des fruits que l’on connaît par cœur. Le feijoa a ce charme des produits discrets : il ne fait pas le malin sur l’étal, mais une fois ouvert, il déroule son parfum et vous attrape par les papilles.

C’est un fruit à goûter au moins une fois, juste pour cette sensation très agréable de découvrir une saveur nouvelle. Pas spectaculaire, pas tape-à-l’œil, mais fine, fraîche, aromatique. Une petite parenthèse entre fruit du jardin et fruit exotique, entre Dordogne et tropiques imaginaires. Oui, rien que ça.

Alors si vous voyez du feijoa chez un producteur, sur un marché ou dans une confiture artisanale, n’hésitez pas. Goûtez. Ce serait dommage de laisser filer ce petit fruit vert sous prétexte qu’il a l’air sage. Les plus sages ne sont pas toujours les moins intéressants.