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Le b.a ba du triticale

Triticale ©Alberto Agnoletto shutterstock

Triticale ©Alberto Agnoletto shutterstock

Triticale, un nom difficile à articuler pour une plante trop souvent oubliée. Son nom vient de la contraction de «triticium» et de «secale» les noms scientifiques du blé et du seigle ! C’est le fruit des amours du blé et du seigle comme son nom l’indique. Bien que connue depuis la fin du XIXe siècle, notre céréale a donné bien du fil à retordre à ses parents généticiens et sélectionneurs. Il leur en aura fallu des éprouvettes et des saisons avant de combiner parfaitement la productivité du blé et la rusticité du seigle au sein d’une même céréale: le triticale que nous connaissons aujourd’hui. Ce n’est donc qu’en 1983 que ses 1ères variétés furent inscrites au catalogue officiel des variétés.

Son allure et sa culture ressemblent fortement à celles du… blé ! Semée à l’automne et récoltée en été, la plante adulte peut atteindre 1 mètre de hauteur.

À défaut d’être la star des cultures, où elle est tout de même la 5e céréale la plus cultivée en France avec 1,5 million de tonnes récoltées en 2016, le triticale pousse au pays des tsars, en Russie. Elle est aussi produite aux États-Unis, en Australie et bien sûr en Europe qui en est le 1er producteur mondial.

Une céréale à destination de l’alimentation animale

Eh oui, qui dit céréale méconnue dit carrière inconnue du grand public. Les volailles, le bétail et autres animaux d’élevage ne peuvent pas en dire autant puisque cette céréale non panifiable a trouvé sa place dans la nutrition animale, sa 1ère utilisatrice avec 400 000 tonnes de grains transformés. Sa haute valeur nutritionnelle et sa teneur élevée en protéines et en acides aminés essentiels (notamment la lysine) en font un met de choix dans les élevages. Rare céréale à n’avoir pas encore trouvé sa place dans l’industrie, ce n’est qu’une question de temps. Les bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau lui ont donné un contenu énergétique et des fibres de qualité qui ne manqueront pas d’intéresser très bientôt les producteurs de combustibles et de matériaux de construction.

Triticale ©Jozef Sowa shutterstock

Triticale ©Jozef Sowa shutterstock

C’est bien connu, parfois l’élève dépasse le maître. Et en matière de rendement, le triticale a fait fort ! Son potentiel est très élevé et peut dépasser les rendements du blé tendre avec 10 tonnes à l’hectare. Au total, c’est 1.42 millions de tonnes récoltées en 2016 en France. Quant à son rendement en paille il surpasse de 30 à 50 % celui du blé et de l’orge. Comme quoi on peut avoir un nom imprononçable et un rendement admirable

Son grand petit plus ? C’est une plante vigoureuse, tolérante au froid et à l’excès d’eau. Elle s’adapte à tous les sols et tous les climats. De plus, sa résistance aux maladies réduit l’usage de fongicides. On comprend pourquoi la culture du triticale recouvre déjà 332 016 hectares en France (juste derrière les surfaces de blé dur).

Source : Passion céréales