
Durian ©Hendra+Su shutterstock
Si vous êtes déjà allé en Asie du Sud-Est, impossible de passer à côté du durian. Pas tant à cause de sa présence sur les étals… mais plutôt à cause de son odeur. Souvent comparée à celle d’un œuf pourri (et je reste polie), elle est si forte que beaucoup d’hôtels, de métros ou de taxis affichent fièrement des panneaux : « No Durian Admitted » — pas de durian autorisé.

Durian interdit
De mon côté, je dois avouer : rien que l’odeur m’a jusqu’à présent découragée d’y goûter (sauf en chips, mais je ne sais pas si ça compte 😀 ). Pourtant, ce fruit culte continue de susciter fascination et débat partout où il passe.
D’où vient le durian ?
Le durian est le fruit du Durio zibethinus, un arbre originaire de l’archipel malais, aujourd’hui cultivé principalement en Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Vietnam et Philippines. C’est un arbre impressionnant, pouvant atteindre 20 à 40 mètres de haut. Son fruit, lui, est tout aussi spectaculaire. En effet, il est volumineux puisque son diamètre oscille en 20 et 30 cm, pouvant aller parfois jusqu’à 40 cm de long. Et, il est aussi très lourd, pesant de 1 à 3 kilos.
Il est recouvert d’une épaisse coque hérissée de piquants. Même si sa silhouette rappelle vaguement celle du jacque, le durian appartient à une autre famille botanique.
Comment reconnaître un durian mûr ?
Sa peau est marquée de lignes naturelles qui craquent légèrement quand le fruit arrive à maturité. C’est par ces rainures que l’on introduit un couteau pour l’ouvrir. Faites attention et prenez vos précautions vu l’épaisseur de la coque et la densité des piquants.
À l’intérieur, le fruit est divisé en cinq ou six compartiments, séparés par une fine membrane blanche non comestible. Chaque compartiment contient une chair blanchâtre à café au lait, douce et crémeuse et jusqu’à six grosses graines brillantes.

A l’intérieur du durian ©Thassin shutterstock
Si vous êtes prêt à passer au-delà de l’odeur, voici comment le déguster : ouvrez donc le fruit en suivant les rainures avec un couteau bien aiguisé, prélevez la chair à la cuillère et retirez le graines. C’est prêt !
Le durian se mange nature, à la cuillère, pour les plus téméraires. Mais il existe aussi plusieurs autres façons de l’apprivoiser : en yaourt ou en glace, en confiture, et aussi intégré à des pâtisseries. En Asie du sud-est, par exemple vous croiserez peut-être des mochis au durian. Il peux être aussi accompagné de riz gluant, une association très populaire en Thaïlande.
Et ce n’est pas tout : les graines du durian, une fois rôties ou grillées, peuvent se consommer comme des noix ou être réduites en poudre pour préparer des confiseries.
Quel goût a le durian ?
Difficile à décrire avec précision. La plupart des amateurs évoquent une texture crémeuse, un mélange de sucré, d’ail, d’amande et de fromage affiné. Bref, soit on adore, soit on déteste. Il n’y a pas vraiment de juste milieu. Personnellement, comme je vous le disais plus haut, je n’ai jamais osé dépasser l’épreuve de l’odeur. Mais si vous avez plus de courage que moi, je veux bien vos impressions !
Une petite anecdote historique
Au passage, sachez qu’au temps jadis, en Asie, le durian pouvait aussi servir… d’arme de fortune. Avec ses piquants redoutables, il suffisait de lui ajouter un manche pour obtenir une massue improvisée. Vu l’engin, autant dire que ça ne faisait pas rire tout le monde. 😅