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Mon intronisation dans l’Ordre des Vignerons des Bordeaux et Bordeaux Supérieur

Anne Lataillade rit avec Nathalie Escudero et Jérôme Depoizier lors du banquet anniversaire

Éclat de rire avec Nathalie Escudero et Jérôme Depoizier

Il y a des journées un peu à part. Des journées où l’on se retrouve, sans trop savoir comment, au milieu des capes, des médailles, des bannières, des discours, des sourires, des verres levés… et où l’on se dit : mais qu’est-ce que je fais là ?

Et puis, très vite, on comprend.

On comprend que derrière le cérémonial, derrière les habits, derrière les mots solennels, il y a surtout des femmes et des hommes attachés à leur terre, à leurs vins, à leur histoire. Des vignerons, des amoureux du goût, des défenseurs de cette convivialité toute simple qui fait qu’un repas devient un souvenir.

C’est ainsi que j’ai eu l’honneur d’être intronisée dans l’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur, à l’occasion de son 30e anniversaire. Une belle journée, chaleureuse et joyeuse, comme Bordeaux sait en offrir.

Une confrérie, ce n’est pas seulement du folklore

Je sais bien ce que l’on peut se dire quand on voit arriver une confrérie : les grandes capes, les chapeaux, les colliers, les chants, les formules rituelles… On peut trouver cela anachronique et sourire. Moi aussi, j’ai souri.

Mais il suffit d’écouter quelques minutes pour comprendre qu’il y a là quelque chose de beaucoup plus profond qu’un simple folklore. Une confrérie, c’est une mémoire vivante. Ce sont des gens qui prennent le temps de rappeler d’où ils viennent, ce qu’ils défendent et pourquoi cela compte encore aujourd’hui. Dans un monde où tout va vite, où tout se ressemble parfois, j’ai trouvé cela assez touchant.

Pendant la cérémonie, il a beaucoup été question de transmission, de solidarité entre vignerons, d’attachement aux terroirs, mais aussi de la nécessité de faire évoluer Bordeaux, de parler autrement du vin, de le rendre plus lisible, plus proche, plus accessible.

Et cela m’a parlé.

Parce que, finalement, c’est aussi ce que j’essaie de faire depuis plus de vingt ans avec Papilles & Pupilles : raconter les produits, les producteurs, les recettes, les paysages et les rencontres sans jargon inutile, sans snobisme, avec gourmandise et sincérité.

Rassemblement des confréries devant Planète Bordeaux pour les 30 ans de l’Ordre des Vignerons

Les confréries réunies devant Planète Bordeaux.

Bordeaux, loin des clichés

Quand on parle de Bordeaux, les clichés ne sont jamais très loin. On pense parfois à des vins intimidants, à des étiquettes prestigieuses, à des bouteilles que l’on n’ose pas ouvrir, à des codes que l’on ne maîtrise pas toujours.

Mais Bordeaux, ce n’est pas seulement cela.

Bordeaux, ce sont aussi des vignerons qui ont les mains dans la terre, qui regardent le ciel avec inquiétude ou soulagement selon la météo, qui s’adaptent au climat, aux attentes des consommateurs, aux nouvelles façons de boire et de partager le vin.

Membres de l’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur avec leur bannière

L’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur réuni autour de sa bannière.

Les appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur racontent justement cette autre facette : celle de vins vivants, accessibles, sincères, faits pour accompagner la table, les amis, les grandes tablées comme les dîners improvisés.

Et vous me connaissez : le vin, chez moi, n’est jamais très loin de l’assiette. Il fait partie de cette culture du repas que j’aime tant. Pas comme un objet compliqué, mais comme un compagnon de table.

Un moment très émouvant

Quand mon tour est venu, je dois bien avouer que j’ai eu un petit moment de flottement intérieur. Vous savez, ce sentiment bizarre où l’on entend parler de soi à la troisième personne et où l’on se demande si c’est vraiment de vous qu’il s’agit.

Nathalie Escudero, Grand Maître de l’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur et propriétaire du Château Boutinet, a rappelé mon parcours : mes débuts loin de la cuisine, dans le monde de la finance, puis la création de Papilles & Pupilles en 2005, presque par hasard, par envie de partager des recettes, des découvertes, des coups de cœur.

Et puis, au fil des années, le blog est devenu bien plus qu’un carnet de recettes. Il m’a menée sur les marchés, dans les cuisines, dans les fermes, chez les artisans, chez les vignerons, en France et ailleurs. Il m’a permis de rencontrer des gens passionnés, de raconter leur travail, leur patience, leurs gestes, leurs savoir-faire.

J’ai beaucoup aimé que l’on parle de cette cuisine accessible, joyeuse et conviviale que je défends. Parce que c’est exactement cela qui m’anime : donner envie de cuisiner, de goûter, de comprendre, sans jamais mettre de barrière entre ceux qui savent et ceux qui découvrent.

Être ambassadrice, mais à ma façon

À la fin du rituel, j’ai été élevée au titre d’ambassadrice des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Dit comme cela, cela impressionne un peu. Mais je le prends très simplement.

Pour moi, être ambassadrice, ce n’est pas réciter un discours tout fait. Ce n’est pas dire que tout est merveilleux parce qu’il le faudrait. C’est continuer à faire ce que j’aime faire : aller voir, écouter, goûter, comprendre, puis raconter avec mes mots.

C’est parler du vin comme je parle de cuisine : avec curiosité, plaisir et honnêteté. Et puis, c’est aussi rappeler qu’un vin n’a pas besoin d’être inaccessible pour être intéressant. Qu’il peut accompagner un poulet rôti, une salade généreuse, un fromage de brebis, une entrecôte, une tarte aux prunes, un repas du dimanche ou un dîner sur le pouce.

C’est aussi défendre cette idée toute simple : derrière une bouteille, il y a toujours quelqu’un. Une famille, une équipe, une parcelle, une météo, des choix, des doutes, des convictions.

Une journée de partage

Ce qui m’a le plus marquée, au fond, ce sont les visages, les voix, les discours, l’émotion sincère des gens. Ce sont des traditions portées par des personnes bien vivantes, heureuses d’être ensemble.

Il y avait des confréries venues d’ailleurs, des vignerons, des amis du vin et de la gastronomie. On a levé les verres, on a ri, on a applaudi, on a trinqué. Bref, on a fait ce que l’on devrait faire plus souvent : célébrer ce qui nous rassemble.

Et dans un monde parfois un peu rugueux, je trouve que cette bienveillance-là n’est pas rien.

Alors merci à l’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur pour cet accueil si chaleureux. Merci pour cette reconnaissance qui me touche beaucoup. Et merci surtout à celles et ceux qui, chaque jour, continuent de faire vivre nos terroirs, nos produits, nos tables et nos moments de partage.

Parce qu’au fond, tout est là. Un plat, un verre, des gens que l’on aime, une histoire à raconter.

La journée s’est prolongée autour d’un dîner, dans le même esprit : des conversations, des rires, des verres partagés et cette convivialité bordelaise que j’aime tant.

Et comment conclure autrement qu’en citant la devise de la confrérie : “Bordeaux, toujours Bordeaux.”

Bannière de l’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur à Planète Bordeaux

La bannière de l’Ordre des Vignerons de Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

 

À consommer avec modération. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.