Nous nous sommes arrêtés à Castelnau-Montratier, dans le Lot, en allant visiter les Phosphatières du Cloup d’Aural, à Bach. Une halte en chemin, pas forcément prévue comme un grand moment du voyage. Plutôt le classique : “On s’arrête dix minutes ?”
Spoiler : très bonne idée.
Castelnau-Montratier est un village du Quercy Blanc, bâti sur le plan d’une bastide. On y retrouve la grande place centrale, les couverts, les arcades, les maisons de pierre claire et cette lumière qui donne tout de suite envie de marcher plus lentement. Certains y voient un petit air de Toscane. Je ne sortirai pas les cyprès et les violons, mais je comprends l’idée : la pierre blanche, les paysages ouverts, la douceur de l’ensemble… il y a quelque chose.
La place, les arcades et la vie du village
La grande place est entourée sur trois côtés de couverts et d’arcades. C’est le cœur du village, celui où l’on imagine très bien le marché, les conversations à l’ombre et les cafés qui s’étirent.
Ce matin-là, il faisait déjà très beau et très chaud. Autour, les façades en pierre claire, les volets colorés et les toits de tuiles composent un décor très doux. On flâne sans itinéraire, on lève les yeux, on suit une rue parce qu’elle est jolie. C’est exactement ce qu’il faut faire ici.
L’église Saint-Martin, la vraie surprise
L’église Saint-Martin est un peu excentrée, construite sur la hauteur, le pech. Depuis les ruelles, sa coupole bleutée apparaît entre deux murs de pierre. Déjà, de l’extérieur, elle intrigue.
Mais l’intérieur est franchement sublime.
Je ne m’attendais pas à une telle ampleur : une nef lumineuse, de grands arcs, des colonnes, des vitraux, beaucoup de volume. L’église actuelle a été construite à la fin du XIXe siècle, à l’emplacement d’une ancienne église romane. Son architecture s’inspire des basiliques romano-byzantines, d’où cette impression assez inattendue quand on entre.
La coupole, ajoutée en 1935-1936, rappelle un peu celle du Sacré-Cœur de Montmartre. En plus modeste, évidemment, mais avec beaucoup de caractère. C’est vraiment la visite à ne pas manquer à Castelnau-Montratier.
Ruelles, maisons anciennes et petite fantaisie
En redescendant, on retrouve les ruelles, les maisons anciennes, les pierres irrégulières, les volets rouges ou violets, les hortensias et les échappées vers la campagne. Castelnau-Montratier n’est pas un village où l’on court d’un monument à l’autre. Il se découvre plutôt en marchant doucement, en regardant les détails.
Près du point de vue, on tombe aussi sur la sculpture de Daniel Pézeril, La lune, le lapin et la tortue. Une grande courbe rouillée, très graphique, posée face au paysage. C’est inattendu, un peu poétique, et cela donne une respiration à la promenade.
Et puis, en arrivant ou en quittant le village, on aperçoit aussi les moulins de Castelnau-Montratier. Ils se devinent parfois derrière la végétation, posés sur les hauteurs, comme des silhouettes discrètes du Quercy Blanc.
Une halte agréable dans le Quercy Blanc
Castelnau-Montratier n’est pas le village le plus spectaculaire du Lot, mais c’est une halte agréable si vous passez dans le secteur. La place à arcades, les ruelles, les pierres claires et les moulins que l’on aperçoit sur les hauteurs donnent un bon aperçu de l’ambiance du Quercy Blanc.
On y passe volontiers une petite heure, le temps de marcher un peu, de lever les yeux et de profiter de la lumière. Et surtout, ne manquez pas l’église Saint-Martin : c’est vraiment la belle surprise du village.