
Son Vives
Comme vous le savez je me suis rendue récemment à Minorque et vous avez été nombreux sur les réseaux sociaux à me demander des conseils et des bonnes adresses alors je vous dis tout 😀 . En cliquant sur les mots en rose vous accédez à mes articles.
Il y a des îles qui s’offrent au premier regard, et d’autres qui se laissent apprivoiser. Minorque fait partie de celles-là. Elle se goûte lentement, un peu comme une ensaïmada tiède que l’on partage au petit matin, avec les doigts encore poudrés de sucre glace.
Dès la descente de l’avion, la lumière vous enveloppe. Le ciel joue avec la mer turquoise, les ruelles ondulent entre pierre blonde et ombre fraîche, et les volets s’ouvrent sur une vie qui ne se presse jamais. Ici, on prend le temps. De savourer, de respirer, de regarder.
J’ai arpenté l’île comme on feuillette un vieux livre de recettes : un chapitre à la fois. Mahón, Ciutadella, Es Mercadal… À chaque page, des visages, des saveurs, des histoires. Des brioches qui dorent lentement, des alambics en cuivre, des marchés bruissants, des couchers de soleil sur les pierres blondes.
Minorque, c’est une île douce et salée, à la fois sucrée comme ses pâtisseries et iodée comme ses vents. Et croyez-moi : on en revient avec le sourire au coin des lèvres et la tête pleine de parfums.
Mahón et le goût du large
Mahón, la capitale, m’a séduite par sa lumière et son rythme tranquille. Une cité perchée au-dessus d’un port immense, baignée de soleil et de nonchalance méditerranéenne. Dans la vieille ville, les ruelles blondes serpentent entre les façades miel et les volets verts. Sur la plaça de la Constitució, le café fume, les conversations montent doucement, et la grande église Santa Maria veille, paisible.
- Grande façade ocre (église Santa Maria
- Passage voûté avec vue sur le port
- Hôtel de ville, plaça de la Constitució
Derrière elle, l’ancien couvent des augustins, Es Claustre, est devenu un lieu de vie où se croisent concerts, marchés et apéros sous les arcades. Tout l’esprit de Mahón tient là : simple, vivant, joyeux. Un peu plus bas, le marché aux poissons, mercat de peix , s’est mué en food court animé. On y partage des tapas, on lève son verre de vin local, on rit fort, un endroit parfait pour sentir battre le cœur de la ville.
Et juste à côté, impossible d’ignorer la distillerie Xoriguer. Entre les vieux alambics en cuivre et le parfum du genièvre, on découvre le gin artisanal de Minorque, celui qui donne naissance à la Pomada, ce mélange frais de gin et de citron qui résume à lui seul l’été minorquin.
- Marché aux poissons
- Pomada
- La table
- Distillerie Xoriguer, Minorque
Dans la partie haute, la Joia House offre une halte pleine de charme. Installée sur S’Arraval, dans une ancienne maison seigneuriale baignée de lumière, elle conjugue calme, élégance et hospitalité. Le lieu parfait pour prolonger la douceur de Mahón, entre vieilles pierres et esprit contemporain.
L’Illa del Rei, entre mémoire et brunch parfait
Depuis le quai voisin de la distillerie Xoriguer, dix minutes de bateau suffisent pour rejoindre l’Illa del Rei. Là-bas, le temps semble suspendu. On marche sur les pas d’Alphonse III, on longe les murs ocres d’un ancien hôpital naval du XVIIIᵉ siècle, restauré pierre à pierre par des bénévoles passionnés.
Au cœur du site, la Fondation Isla del Rey dialogue avec la galerie d’art Hauser & Wirth Menorca. L’architecte Luis Laplace y a conservé l’âme du lieu : murs de chaux, lumière rasante, volumes préservés. Dehors, le jardin imaginé par Piet Oudolf, le créateur du High Line à New York, déroule ses vagues végétales : lavandes, graminées blondes, plantes méditerranéennes dansant au vent.
- Cantina
- Table de brunch
- Hauser & Wirth
Et puis, il y a Cantina, la table les pieds dans l’eau. Nous y sommes arrivés tôt, quand l’île s’éveillait à peine. L’air sentait la pierre chaude et le romarin et des cordes de piments et de gousses d’ail séchaient sous les oliviers.
Le brunch était à l’image de Minorque : généreux et sincère. Œufs brouillés fondants, guacamole citronné, pan con tomate, fromages et charcuteries locales, huile d’olive dorée comme un bijou. Simple, bon, et inoubliable.
Ciutadella et Es Mercadal, le cœur battant de l’île
À l’ouest, Ciutadella déploie sa grâce aristocratique. On arrive par des routes bordées de murets de pierre sèche, et soudain apparaissent ses palais, sa cathédrale gothique et ses ruelles dorées. Sur la Plaça d’es Born, on se sent minuscule sous les façades solennelles. Plus bas, le port s’anime au coucher du soleil : les voiliers tanguent doucement, les familles se retrouvent autour des tapas, les enfants courent entre les tables.
C’est là que j’ai découvert Ulisses, une adresse moderne et audacieuse où le poulpe s’associe à la soubressade, la patate douce caramélise sous une touche de miel, et le tataki de thon fait un clin d’œil à la Méditerranée.
- Ruelle
- Patate douce, poulpe, soubressade
- Port de Ciutadella
- Formatjada à la seiche
Pour le shopping, direction Castell Menorca : le magasin d’usine des vraies sandales minorquines, ces avarcas cousues à la main, souples, solides et indémodables. Le souvenir parfait à glisser dans la valise.
Au centre de l’île, Es Mercadal incarne la douceur minorquine. J’y ai dormi à l’hôtel S’Antiga, une ancienne école devenue cocon rustic chic, et pris un petit-déjeuner délicieux: café, tomate râpée, jambon ibérique et ensaïmada tiède.
Le soir, dîner chez Ca N’Olga, une adresse pleine de charme où la fideuà de seiche, les calamars farcis et le cannelloni croustillant de cochon de lait racontent la cuisine minorquine avec sincérité. Un peu plus haut, l’agrotourisme Son Vives domine les collines et invite à déguster le fromage Mahon-Menorca DOP, frotté au paprika et à l’huile d’olive.
- La vue depuis Son Vives
- Ensaimada aux figues
Saveurs et artisans de Minorque
Impossible de repartir sans passer chez Can Pons, la référence absolue pour les ensaïmadas. Dorée et moelleuse, parfois garnie de cabell d’àngel, cette confiture de courge de Siam , c’est un délice discret mais inoubliable.
Eh oui, Minorque ne se visite pas seulement : elle se déguste. Dans chaque village, un goût, un geste, une tradition.
À la Bodega Torralba, j’ai goûté les vins qui portent la renaissance du terroir minorquin : rouges profonds, blancs salins, travaillés avec patience et respect du climat. Plus au nord, le Sidra Kane m’a surprise : un cidre fermier, puissant, élaboré avec les pommes de l’île.
Chez Omar Zola j’ai découvert un safran d’une intensité incroyable, cultivé avec amour sur les terres rouges d’Es Mercadal : un or végétal qui parfume aussi bien un risotto qu’une crème dessert.
- Alba Blanca
- La vue
- Sangria blanche
- Safran
Et que dire des douceurs ?
Les rubiols, flaons, canyes et formatjades remplissent les vitrines au moment des fêtes. Les carquinyols croquent sous la dent, le Biscocho Mari fond sur la langue, et l’Ensaïmada maison résume tout : douceur, patience et générosité.
- Biscocho mari coupé
- Ensaïmada
- Spécialités minorquines
- Carquinyols
Pour un plat de famille, testez les Pilotes de Minorque : des boulettes de veau moelleuses, nappées d’une sauce à la tomate et au vin blanc, parfaites pour un dimanche midi.
- Fromage Mahon affiné
- Pilotes
- Mahonnaises
Et bien sûr, la mahonnaise: née ici, à Mahón, elle se monte encore au mortier, à la main, avec cette lenteur qui fait toute la différence. Quant au fromage Mahon, frais ou affiné, c’est un régal.
Pierres, hôtels et lumière
À l’intérieur des terres, Trepucó raconte la Minorque des origines : taulas monumentales, talayots millénaires et silence habité de vent. Impressionnant !
Sur la côte, le charme discret de la Villa Le Blanc, Gran Meliá Minorque s’impose naturellement : chambres baignées de lumière, dîner au S’Amarador, petit-déjeuner face à la mer, dans la tiédeur d’un matin calme.
Sur les routes, guettez le label Emblemàtics : il distingue les artisans, commerçants et maisons historiques fidèles à l’esprit de l’île.
- Terrasse
- Taula
- Emblemàtics
- Aquiara
Et pour un dîner plus contemporain, poussez la porte du Restaurant AQUIARA, où le chef revisite la tradition locale avec audace et poésie.
Enfin, un mot sur le sel : celui des Salinas de la Concepción, la seule saline encore en activité. Dans ses bassins, l’eau s’évapore lentement pour donner la fleur de sel de Menorca, récoltée à la main. Autour, les flamants gris glissent sur l’eau et le vent du nord fait miroiter la lumière : ici, le sel n’est pas un condiment, c’est une mémoire.
- Tables de séchage
- Dégustation de sels
- Paniers de sel
- Fleur de sel picant
Minorque, l’île qui se déguste
Je suis repartie de Minorque avec du sel sur la peau, du sucre dans les poches et la sensation d’avoir voyagé dans le temps. L’île ne s’impose jamais : elle s’insinue. Elle se raconte dans un pain feuilleté au saïm, dans une sauce montée au mortier, dans un verre de Pomada au bord du port et dans un plat de pilotes tout simple.

Monastère de San Francisco, Mahon, Minorque
Si vous partez là-bas, goûtez tout : une ensaïmada tiède, un gin Xoriguer glacé au coucher du soleil, une fleur de sel sur une tomate encore tiède du jardin. Vous verrez : on y laisse un bout de son estomac. Et peut-être, un petit morceau de son cœur.
Questions fréquemment posées
Quand partir à Minorque pour profiter de sa gastronomie ? D’avril à octobre, quand les marchés regorgent de produits locaux et que les salines sont en activité. Mai et octobre sont les mois les plus agréables d’après mes interlocuteurs sur place. Le temps est beau et il y a moins de monde.
Quels sont les produits typiques à rapporter ? Le fromage Mahón-Menorca DOP, le gin Xoriguer, le sel des Salines de la Concepción et les ensaïmadas.
Faut-il louer une voiture ? Oui, pour explorer les villages et les plages plus confidentielles, souvent éloignées des lignes de bus.
Bon voyage !
Invitation – Voyage de presse