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Killepitsch : la liqueur culte de Düsseldorf

Killepitsch bouteille

Killepitsch bouteille

Si vous avez mis les pieds à Düsseldorf, vous avez forcément vu passer ce nom étrange en vitrine ou sur une bouteille à l’étiquette rétro : Killepitsch. Intrigante, rouge rubis, intense… mais c’est quoi exactement cette potion locale qui ressemble à un élixir de grand-mère sous stéroïdes ? Allez, je vous dis tout.

Qu’est-ce que le Killepitsch ?

Le Killepitsch, c’est une liqueur allemande de plantes — mais attention, pas n’importe laquelle : elle contient plus de 90 herbes, épices, fruits et racines macérés dans de l’alcool. Oui, 90. De quoi faire pâlir un labo de phytothérapie.

Sa robe est d’un rouge profond, presque grenat, et son goût… unique. Un mélange à la fois sucré, amer, épicé, un brin médicinal, avec des notes de cerise, d’agrumes confits, de cannelle, de clou de girofle et de réglisse. On pourrait dire que c’est une sorte de croisement entre un digestif old school et un bonbon pour adulte.

Et côté degré ? Accrochez-vous : 42 % d’alcool. Autant dire qu’on ne le sirote pas au goulot en fin de soirée (en tout cas, pas deux fois).

Un peu d’histoire (parce que ça se boit mieux avec une anecdote)

On raconte que Killepitsch n’est pas né dans une distillerie, mais dans une cave sombre de Düsseldorf, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage.

Deux vieux amis, Willi Busch et Hans Müller-Schlösser, étaient cachés là, à attendre que le vacarme cesse. Les bombes tombaient, les murs tremblaient et la discussion dévia — logiquement — sur le schnapps 😀 .

« Tu sais Willi, à ce rythme, ils vont finir par tous nous tuer (Kille)… »
« Pas avant qu’on ait bu une dernière gorgée d’alcool (Pitsch) », rétorque Hans.
« Mais on n’a plus rien à boire… »
« Tu ne distilles plus ? »
« Avec quoi, Hans ? Même l’alcool est interdit ! »

Et là, promesse d’ami au cœur du chaos :

« Si on s’en sort vivants, je te ferais un élixir, un vrai, un breuvage à t’en lécher les babines. Et on l’appellera… Killepitsch. »

Killepitsch

Bouteilles de Killepitsch

L’histoire aurait pu rester une blague entre deux copains. Mais en 1955, ouvre “Et Kabüffke”, un tout petit bar dans la vieille ville, sur la Flinger Strasse. Le soir de l’inauguration, Hans donne un coup de coude à Willi :

Alors, ce fameux Killepitsch, c’était du flan ? »

Willi sourit et tend un petit verre :

« Pas du tout. C’est prêt depuis un bail. Tu veux goûter ? »

Hans hume, goûte… et s’émerveille

Ça sent les herbes, c’est corsé, équilibré… et ça passe comme du petit lait. On dirait presque que c’est bon pour la digestion ! »

Comment le boire (et éviter de tomber à la renverse)

Traditionnellement, on le sert :

Killepitsch

Killepitsch

Où en boire à Düsseldorf ?

Le lieu le plus iconique, c’est Et Kabuffke Killepitsch Stube, une minuscule boutique-bar située dans l’Altstadt (la vieille ville),  On y boit debout, dans la rue, avec les locaux, en discutant autour d’un shot.

Alors, tenté(e) ?

Si oui, passez dans l’Altstadt, poussez la porte d’Et Kabüffke, et goûtez à ce schnapps pas comme les autres. Et surtout : trinquez à la paix, à l’amitié… et aux promesses tenues. Et sinon, vous pouvez aussi en acheter en version bouteille dans la plupart des épiceries fines ou duty free, pour ramener un petit bout de Düsseldorf dans vos valises.

Dernière chose, pour ceux qui connaissent, cela ressemble un peu au Jägermeister mais en moins marketé 🙂 et aux saveurs plus fruitées.

 

A consommer avec modération, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.