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Interview gourmande, Paolo Basso, meilleur sommelier du monde

J’ai rencontré il y a quelque jours Paolo Basso, lors d’un évènement organisé par Air France. J’en ai profité pour lui poser quelques questions. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Paolo Basso, est l’un des six sommeliers à avoir remporté à la fois le titre de champion d’Europe de sommellerie (en 2010) et de champion du monde (en 2013). C’est un grand monsieur du monde du vin.

En avant pour le questionnaire 7 péchés capitaux :p

Fierté : Vous avez été élu meilleur sommelier d’Europe, puis du Monde, meilleur sommelier de Suisse etc. Mais finalement, de quoi êtes vous le plus fier ?

Je suis fier d’avoir gagné le titre de meilleur sommelier du monde car cela a été dur, compliqué et cela a représenté un investissement très important. Entre le moment où j’ai commencé à participer à ces concours (1995) et ma victoire (2013), il s’est écoulé 18 ans. C’est 18 années de ma vie que j’ai dédié à cela. Et avoir gagné ce titre, c’est une récompense pour moi mais surtout pour ma famille qui a consenti beaucoup de sacrifices, que ce soit en termes de temps ou d’argent.  Cette victoire, c’est pour eux, c’est à eux que je la dédie.

 Colère : Qu’est-ce qui vous énerve ? 

Colère est peut être un mot un peu fort mais quand certains personnes n’ayant pas les compétences se prennent pour des sommeliers, cela m’agace un peu.

Avarice : Est ce qu’être sommelier, cela permet de bien gagner sa vie ? 

Oui, mais je pense que j’aurais pu gagner plus si je n’avais pas voulu faire l’école hôtelière. J’était bon élève et j’aurais pu faire d’autres carrières, plus lucratives. Mais voilà, j’étais passionné.

Luxure : Est ce qu’être meilleur sommelier du monde, cela amène le petit truc en plus vis a vis des femmes ? 

Non, je ne crois pas. Mais pour séduire ma femme, je lui ai offert une très belle bouteille.

Paresse : Est-ce qu’il vous arrive de ne rien faire ? 

Oui. Alors on l’appelle paresse ici mais moi je considère que c’est prendre du temps pour soi. J’ai besoin de moments de silence, de calme. Je suis un peu comme ces japonais, assis dans les parcs, qui regardent pendant des heures fleurir les cerisiers.

Envie : Y a-t-il un grand chef ou un sommelier que vous auriez aimé être ? 

Je rêvais de devenir champion du monde de sommellerie et j’ai atteint mon but. Mais ce que j’aurais eu envie d’être c’est champion du monde de cyclisme sur route. Je suis passionné de vélo, je pratique. Il m’arrive de regarder une bicyclette comme je regarderai une belle femme.

Gourmandise : Y a-t-il un vin qu’il faut absolument avoir goûté dans sa vie.

Un Petrus d’un grand millésime ! J’ai des souvenirs de dégustation à l’aveugle tout à fait incroyables. Vous sentez que vous entrez dans une autre dimension. C’est l’effet wow. C’est la conjugaison de plusieurs facteurs qui fait ce vin exceptionnel :

  • Le sol : A Pomerol, sur les terres le Petrus, on parle de cette fameuse crasse de fer (le sous sol comporte dans sa composition des oxydes de fer).
  • La vigne, mais c’est quand même l’homme qui décide de sa conduite,
  • Le climat,
  • et surtout l‘homme. Certains pourraient faire de Petrus une piquette.

Quoi qu’il en soit, il a quelque chose de tout à fait magique.

Merci Paolo.