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Qu’est-ce que la biodynamie

Peut être avez-vous déjà entendue ce terme : Vins bio, vins en biodynamie  ?

Cela vous semble obscur ? Ou pas ?

Pour tout vous avouer, dans ma tête c’était une espèce de viticulture bio ++ mâtinée d’un peu de lune, le tout élaboré par un espèce de professeur Tournesol sous Ecstasy.

Je rassure ceux qui pensaient comme moi, ce n’est pas tout à fait cela non plus :p

J’ai eu la chance de pouvoir en savoir plus sur le sujet, juste avant les fêtes, invitée par Charlotte au Château Ferrière à Margaux.

Le Château Ferrière

Les vignes de Château Ferrière, propriété de Claire Villars Lurton, sont situées majoritairement sur la commune de Margaux. En 2015, le Château a obtenu la certification Agriculture Biologique et depuis 2016, la propriété est en conversion en biodynamie, certification qui sera effective en 2017. Plusieurs années ont été nécessaires à la mise en place de cette démarche car Il a fallu s’y familiariser et l’intégrer à la vie quotidienne de la propriété. Aujourd’hui, elle fédère les équipes qui y sont complètement associées dont Alexandre Beaumont (Maître de chai et responsable de la bio-dynamie) et Gérard Fenouillet (directeur de la production)  que j’ai eu la chance de rencontrer.

Pourquoi cette volonté de travailler en biodynamie ? 

Cette orientation est le fruit d’une prise de conscience de l’héritage d’un terroir d’exception qu’il faut préserver et rendre durable grâce à une viticulture écologique. Elle s’associe à l’envie d’aller plus loin dans les équilibres entre la vigne et son environnement naturel. On lui donne l‘énergie qui lui permet de s’affranchir par elle-même des maladies.

La mise en valeur du terroir par ces méthodes culturales plus respectueuses de l’environnement, tend nos vins vers plus de finesse, de profondeur et d’équilibre, révélant ainsi sa minéralité et une fraîcheur vibrante, signature des grands vins de terroir.

A propos de la biodynamie

Mais concrètement la biodynamie qu’est-ce que c’est ? 

C’est comme pour l’agriculture biologique la non utilisation de produits de synthèse lors des traitements contre les maladies. On limite ensuite l’utilisation du cuivre (fongicide) en le remplaçant par des tisanes . On respecte aussi les rythmes astraux et les cycles lunaires. Et puis on utilise de la bouse de corne et de la silice de corne. Le but est d’obtenir notamment des sols vivants.

Bouse de corne ? Silice de corne ?

La bouse de corne qu’on appelle aussi la « 500 » est obtenue par fermentation dans le sol de bouse de vache stockée dans des cornes de vache. #MinuteGlamour. Cette préparation, ajoutée à de l’eau dynamisée sera pulvérisée au moins 2 fois par an dans les vignes. Cela aidera notamment à nourrir les populations microbiennes.

Eau dynamisée ? 

Oui, l’eau est très importante. Nous récupérons l’eau de pluie sur les toits que nous appelons organiques, c’est à dire en tuiles et pas en goudron, ou autres matériaux non nobles. Les premiers millimètres tombés ne sont pas utilisés, nous considérons que cela lave le toit. Les autres sont récoltés, filtrés, et stockés dans des cuves de béton affranchi.

Quand nous avons besoin, nous prenons cette eau et nous la chauffons à une température comprise entre 35 et 37°C.  Nous la mettons ensuite dans le dynamiseur, nous ajoutons la bouse de corne et nous dynamisons 1 heure.

Pour dynamiser nous utilisons cette machine en cuivre qui « mélange » l’eau à grande vitesse et créée un vortex. Nous obtenons un chaos et la machine mélange dans l’autre sens. Toute cette opération dure 1 heure. Ensuite le produit est prêt à être diffusé sur les feuilles ou dans la terre en fonction de nos choix.

OK, et la silice ? 

Quant à la 501 ou silice de corne, elle peut selon les cas favoriser la vigueur végétative, ou au contraire atténuer la trop grande luxuriance. Elle apporte une qualité lumineuse aux plantes et atténue les tendances aux maladies. Il faut là aussi utiliser de l’eau dynamisée.

Fument-ils la moquette vous demandez-vous peut être ? 

Je n’ai pas eu l’impression :p

Et utilisez-vous d’autres traitements, tout à l’heure vous avez parlé de tisanes ? 

Pour limiter l’utilisation du cuivre, nous préparons des tisanes et des décoctions de plantes comme la prêle, (pour durcir la cuticule des feuilles) l’ortie (dynamisante) ou l’osier. Elles assurent une protection contre le mildiou et permettent l’usage du cuivre à des doses beaucoup plus faibles qu’en viticulture biologique.

Et que pouvez-vous dire du résultat obtenu ? 

Nous apprenons toujours sur nos vignes. Nous faisons de la biodynamie mais ne sommes pas intégristes. Nous faisons des essais comparatifs, nous apprenons au fur et à mesure, mais au bout du bout nous voulons des vins qui soient excellents et qui sont l’expression de notre terroir.  Nos méthodes de travail nous semblent logiques mais tout ceci ne se fait pas du jour au lendemain.

Merci Alexandre, merci Gérard pour avoir partagé votre vision du travail de la vigne. Merci aux équipes du Château Ferrière pour leur accueil et à Charlotte pour son invitation.

C’était tout à fait passionnant.

Un lien pour aller plus loin sur la biodynamie : Principes de la bio-dynamie d’après Pierre Masson.

Un autre regard sur cette visite chez Viviana : Château Ferrière surgit à Margaux dans la volupté des inattendus

Château Ferrière – 33bis Rue de la Tremoille, 33460 Margaux
Un site : www.ferriere.com
Une page facebook : @chateau.ferriere.margaux