
Château Kirwan
Il y a quelques semaines, pendant les vendanges, j’ai eu la chance de visiter trois châteaux emblématiques du Médoc : le prestigieux Château Margaux, le très chic Château Rauzan-Ségla, et le charmant Château Kirwan, à Cantenac, en appellation Margaux. Un petit coin de paradis, à deux pas de Bordeaux.
À cette saison, les vignes commencent à roussir, les arbres éclaboussent le paysage de leurs chaudes couleurs, la lumière dorée caresse les pierres blondes… tout est paisible, vibrant, et incroyablement photogénique.
- Château Kirwan
- Vignes
Une visite pleine de charme
Le parc du château est superbe, calme, apaisant. Je serais presque prête à quitter le centre de Bordeaux pour m’installer là (bon, il faut un peu rêver). J’y ai rencontré Madame Sophie Schÿler, copropriétaire du domaine, avec qui nous avons échangé avant de suivre la visite, conduite par Philippe Delfaut, Directeur Général.
- Château Kirwan
- Sophie Schÿler
Le parc du château
- Bassin
- Chai de vinification
La vinification à Kirwan : douce, précise, quotidienne
Le raisin est d’abord vendangé, éraflé, puis trié à la main. Ensuite, direction les cuves, selon l’origine parcellaire. Le jus contient à ce moment environ 230 g de sucre par litre. En 10 jours, ce sucre se transforme naturellement en alcool.
Mais ici, rien n’est laissé au hasard :
- Chaque jour, toutes les cuves sont dégustées : on observe la couleur, les arômes, la montée des tannins.
- En fonction des résultats, on ajuste la fréquence des remontages, leur durée, la température… pour 24 heures seulement. Le lendemain, on recommence.
- Même les raisins sont goûtés chaque jour pour déterminer la date idéale de vendange. Pas de place pour l’à-peu-près.
- Tri manuel
- Remontage
Un élevage tout en finesse
Le vin est ensuite mis en barriques, avec un usage mesuré du bois : 40 à 45 % de barriques neuves pour le Grand Cru, et 5 à 10 % pour le second vin. L’idée ? Préserver l’expression du terroir sans masquer le fruit.
La vinification se veut douce, avec peu d’extractions, peu de manipulations. Le vin est soutiré par gravité (pour les barriques en hauteur) ou à l’air comprimé très léger (pour celles au sol), tous les 4 mois. Cela permet de séparer naturellement le vin clair des lies.
Clarification : tradition et précision
Pour parfaire la clarté du vin, on procède à un collage au blanc d’œuf en barrique : entre 4 à 6 blancs par barrique selon les millésimes. Ce collage doux affine encore les tanins et donne de la brillance.
Fin janvier-début février, on effectue le soutirage de levée de colle, toujours avec soin.
Le moment délicat : le soutirage à la bougie
Après clarification, il reste environ 5 litres de lies au fond de chaque barrique. Le vin est soutiré jusqu’à l’esquive, ce petit trou latéral qu’on atteint par gravité. Ensuite, un ouvrier soulève délicatement la barrique, millimètre par millimètre, et observe à la bougie la limpidité du vin.
Dès que les lies apparaissent : stop.
Ce geste précis permet de traiter 30 à 35 barriques par jour. C’est un travail minutieux, artisanal. Les lies sont ensuite regroupées, laissées à reposer dans 3 ou 4 barriques pour récupérer un peu de vin.
- Barriques
- L’esquive
Un chai paisible, un vin lumineux
Le chai à barriques est aussi beau que calme. L’élevage se poursuit lentement, dans le respect du vin et de son rythme. Ici, pas d’esbroufe : juste du soin, du silence et du temps.
Le chai :

Chai à barriques
La visite s’est conclue autour d’un repas, mais cela… c’est une autre histoire (je vous en reparlerai).
Château Kirwan – Informations pratiques
Château Kirwan – 33460 Cantenac
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A consommer avec modération, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.