Choisir un bon melon, c’est tout un art. Choisir un mauvais, en revanche, on y arrive très bien sans entraînement. Vous savez, celui qui ne sent rien, qui n’a pas de goût, voire pire, ce petit goût tristoune entre le non-goût et le goumit de gogniol. Parce que le melon, lui, ne supporte pas la médiocrité.
Quand il est bon, c’est un bonheur d’été. Quand il est raté, même noyé dans le Porto, il reste pénible. Alors voici mes astuces pour limiter les déceptions au moment de l’achat.
Mes critères simples pour choisir un bon melon
Je regarde d’abord le parfum. Si le melon ne sent rien du tout, je passe mon chemin. Il doit sentir bon, sans non plus embaumer à trois mètres façon parfumerie de gare.
Ensuite, je le prends en main. À taille égale, je choisis toujours le plus lourd. Un melon lourd donne souvent une impression plus juteuse, plus dense, plus prometteuse.
Le pédoncule peut aussi donner une indication : s’il commence à se détacher légèrement, c’est plutôt bon signe. Mais je reste prudente. Si vous êtes la trente-quatrième personne à tirer dessus sur l’étal, il va forcément finir par partir. Ce n’est plus de la maturité, c’est de l’acharnement collectif.
Melon mâle ou femelle : est-ce que cela change vraiment le goût ?
J’ai souvent entendu dire qu’il existait des melons mâles et des melons femelles, et que les femelles seraient meilleures. Honnêtement ? Je n’ai jamais trouvé cela totalement convaincant.
En cuisine, ce qui change vraiment les choses, c’est la maturité, le parfum, la variété et les conditions de culture. Un melon peut avoir toutes les “bonnes caractéristiques” du monde, s’il a été cueilli trop tôt, il restera décevant.
Cette histoire de melon mâle ou femelle revient pourtant très souvent sur les marchés et dans les discussions estivales. Alors je la garde dans un coin de ma tête, mais je ne choisis jamais un melon uniquement sur ce critère.
Le melon à 10 côtes : vraie astuce ou légende ?
En cherchant des informations, j’avais lu sur le site du melon de Cavaillon qu’il fallait compter le nombre de côtes du melon. L’idée était qu’un bon melon devait en avoir 10.
J’ai testé cette astuce, mais je ne l’ai jamais trouvée totalement fiable. Un melon peut bien avoir 10 côtes, s’il n’est pas mûr, il ne sera pas terrible. Et inversement, un melon qui ne coche pas parfaitement cette case peut être très bon.
Donc, là encore, je préfère croiser les indices : parfum, poids, maturité, aspect général, saison. Le melon n’aime pas les raccourcis trop faciles.
Alors, comment reconnaître un melon mûr ?
Un bon melon doit être parfumé, lourd pour sa taille, sans taches suspectes ni zones molles. Sa peau doit être saine, et son pédoncule peut commencer à se décoller légèrement.
Je privilégie aussi les melons achetés en pleine saison. Un melon choisi au bon moment a déjà plus de chances d’être savoureux qu’un melon acheté trop tôt, quand l’été n’a pas encore fait son travail.
Et surtout, je me méfie des astuces miracles. Le melon parfait ne se choisit pas avec un seul signe, mais avec un faisceau d’indices. Oui, comme une enquête policière, mais avec plus de soleil et moins de cadavres.
Pour aller plus loin sur le melon
Si le sujet vous intéresse, j’ai aussi écrit un article plus complet après une visite chez Rouge Gorge, dans le Poitou, spécialiste du melon. On y parle variétés, culture, sélection, traçabilité et melons charentais jaunes : comment choisir un bon melon, mes conseils.
Et une fois le bon melon trouvé, vous pouvez le cuisiner en salade, avec du jambon cru, de la mozzarella, de l’avocat, des herbes fraîches ou simplement le servir bien frais. Retrouvez ici mes recettes avec du melon.
Et vous, comment choisissez-vous vos melons ? Vous avez une astuce familiale, une théorie de marché, un rituel secret ? Dites-moi tout en commentaire.
Bon appétit !