
Cuisinier de la République
Vincent Poussard, je le connais depuis plusieurs années. C’est le genre de personne qu’on repère tout de suite : énergique, drôle, généreux, avec du caractère et une vraie présence. Je l’ai rencontré dans le cadre du Quai des Saveurs, et à chaque fois, il se passe quelque chose. L’homme a du talent, de la gouaille et ne se prend pas au sérieux, ce qui devient presque un luxe.
Un vrai parcours de cuisinier
Le livre Vincent Poussard, cuisinier de la République, écrit par Joël Raffier, raconte son itinéraire. Et pas un itinéraire de papier glacé. Un vrai parcours, avec du travail, des virages, des rencontres et une bonne dose de tempérament.
On y suit Vincent Poussard depuis son enfance dans une famille modeste charentaise jusqu’aux cuisines de l’Élysée, où François Mitterrand le surnommait « l’indispensable Vincent ». Le livre revient aussi sur l’Oiseau Bleu, sur le lycée hôtelier de Talence, sur son goût de la transmission, sur Compostelle, et sur d’autres étapes qui dessinent une vie riche, mouvementée, profondément ancrée dans le réel. Cela se lit presque comme un roman.
Ce que j’ai aimé, c’est justement cela : on découvre un cuisinier dans la vraie vie, pas dans une version télégénique et bien coiffée du métier. Vincent Poussard y apparaît comme il est sans doute dans la vie : passionné, entier, parfois râleur, souvent drôle, jamais tiède.
Un livre vivant, entre cuisine et terroirs
Le livre est ponctué d’une vingtaine d’interventions d’acteurs de la gastronomie régionale, parmi lesquels Alain Darroze, Michel Portos, Pierre Oteiza, François Adamski, Fabrice Biasolo ou encore Thierry Renou. Chacun improvise autour d’un produit de la région, comme le pruneau d’Agen, le marron du Périgord ou l’Ossau-Iraty. Le tout est enrichi de trucs et astuces signés Vincent Poussard.
J’ai eu la chance de croiser Joël Raffier et Vincent Poussard cette semaine lors d’une conférence de presse autour du piment d’Espelette. J’en ai profité pour leur poser quelques questions. Enfin, surtout à Vincent. Et, comme vous pouvez l’imaginer, cela n’engendre pas la morosité.
Si vous aimez les livres de cuisine qui racontent autre chose que des recettes, ceux qui parlent aussi d’hommes, de transmission, de terroirs et de caractère, celui-ci mérite vraiment le détour.
Vincent Poussard, Cuisinier de la République – Joël Raffier
Éditions Le Festin – 22 €