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Crevettes impériales vivantes des Marais Charentais

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Pancarte Crevettes impériales

Des crevettes impériales ? En France ? Vivantes ? Eh bien oui, n’en déplaise à Frédéric Anton, qui l’autre jour disait dans MasterChef que cela n’existait pas, cela existe bel et bien. Je fais la fière mais il y a quelques jours, je ne le savais pas non plus.

J’ai découvert l’existence de cette production en visitant les claires de Marennes-Oléron. Dans ce département de Charente Maritime une vingtaine de producteur élève ces crevettes impériales [Penaeus Japonicus]. La production est assez confidentielle puisqu’elle s’élève à 40 tonnes par an. J’ai pu en goûter et c’est absolument divin.

Carpaccio de Crevettes impériales des Marais Charentais
Crevettes impériales en carpaccio

Alors à quoi ressemblent-elles, vous demandez-vous ?

En voici une en gros plan :

Crevette Impériale dans la main

Jolie non ?

Et pourquoi en Charente Maritime alors, vous demandez-vous ?

Parce que cela marche bien ^_^, et ce pour deux raisons principales :

  • La structure des claires de Marennes-Oléron est très adaptée à l’élevage de ces crevettes, parce que la crevette peut s’y enterrer très facilement. Oui, la crevette s’enterre  le jour, Ladies and Gentlemen, et ce,  pour se mettre à l’abri des prédateurs. Sinon, elle est un peu comme Cathy Guetta, elle vit la nuit.
  • L’autre raison c’est la nourriture.  Elle trouve en en effet dans les claires une nourriture naturelle très riche en planctons et en petits organismes naturels de toute sorte.

L’élevage est pratiqué de manière extensive, c’est à dire que l’exploitant met seulement 4  à 6 crevettes au mètre carré. Dans certains pays tropicaux producteurs de crevettes, on peut multiplier ce chiffre par 100. Oui, cela fait un peu peur ^_^.  De plus, ici, aucun produit chimique n’est utilisé.

La production est saisonnière, liée aux conditions climatiques. Il ne faut pas oublier que la bestiole est d’origine tropicale. Alors, quand la température descend trop, grosso modo à partir du 15 novembre, c’est terminé, et ce, jusqu’au mois de mars de l’année suivante.

Collage Exploitation de Crevettes Impériales

Comment élève t-on ces crevettes ?

En novembre les producteurs, ici Philippe De Haeck, récupèrent des gros géniteurs et les envoient à la seule écloserie de France qui se situe à Port Leucate. Ils restent là bas tout l’hiver et au printemps l’écloserie les fait pondre.

En mars, les producteurs achètent donc de petites larves à cette écloserie.

A quoi ressemblent-elles  ?

Elles sont épaisses comme un cheveu et longues d’1 cm.

Pendant 10 jours, elles sont mises dans une bassin avec une eau chauffée à 25°C. C’est le pré grossissement. Les crevettes vont doubler de taille durant cette période.

Les claires sont ensuite ensemencées (maxi 6 animaux au mètre carré). Les crevettes impériales seront récoltées au fur et à mesure des besoins, à partir du 15 juillet en éclaircissant les bassins.  La population va petit à petit diminuer, et les crevettes restantes vont grossir d’autant plus.

En 3 ou 4 mois elles passeront de 0.25g à 15g .

Elle seront ensuite mises 24 heures à dégorger (à la diète) dans des bassins en béton remplis d’eau salée, munis d’écumeurs pour ôter les excréments, puis conditionnées vivantes et expédiées.

Suivant les conditions météo, la saison s’arrêtera fin novembre (maxi mi décembre). Si l’on veut en acheter pour les fêtes, on peut les congeler.

Si vous en croisez sur votre chemin, chez votre poissonnier par exemple, cassez votre tirelire et achetez-en quelques unes, c’est un produit exceptionnel.Elles sont vendues ici, en local, 30 € le kilo mais cela risque de monter assez vite chez votre détaillant.

Nous avons eu la chance d’en consommer pochées et passées à la plancha au restaurant Le Relais des Salines à Le Grand Village plage sur l’île d’Oléron. Un régal.

Monsieur De Haeck, le producteur qui nous a reçu chez lui à Saint Just Luzac et chez qui ont été prises les photos nous a confié sa recette chouchou :

Préparez une marinade de jus de citron, vin blanc, huile d’olives, quelques herbes, persil, sel, poivre et laissez y macérer les crevettes entières pendant 1 heure. Passez-les ensuite à la plancha et régalez-vous !

EARL Claires Atlantique – Philippe De Haeck – 2 place Eugène Papin – 17 320 St-Just Luzac (Marennes)

Les claires de Marennes-Oleron vues du ciel
Les claires vues du ciel

Enjoy !

 

 

Allez on en discute ?
Les commentaires
  • L'étudia a écrit le 12 octobre 2010

    Ca alors ! Je suppose que ça doit être difficile de s’en procurer si on est pas de la région… En tout cas, il faut que vous écriviez à Monsieur Anton pour qu’il répare l’affront fait à ces artisans !

    • Mellelaure a écrit le 25 juillet 2011

      Laure
      En effet ces crevettes impériales sont fabuleuses. J’en ai acheté au pont de la Seudre à Marennes chez Philippe De Haeck au prix très raisonnable de 30€ le Kg.
      Bon accueil, on peut les emmener dans des boites isotherme et restent vivantes pendant un long trajet. A déguster absolument

  • Tiuscha a écrit le 12 octobre 2010

    Une découverte ! Je ne savais pas qu’on en trouvait, depuis quand en fait-on l’élevage en fait ?

    • Cam a écrit le 7 mai 2016

      Le premier élevage en France s’est fait dans les années 80 !

  • patricia a écrit le 12 octobre 2010

    je crois qu’il y a un élevage dans le médoc du coté de soulac sur mer !

  • Virginie a écrit le 12 octobre 2010

    Dire que c’est à 40 bornes de chez moi et que ça fait déjà 2 ans que j’ai l’info ! Merci pour cet article qui a réveillé mon envie de voir (et de manger) ça de plus près 🙂

    Et effectivement côté environnemental c’est quand même top d’avoir ce genre de produits (bio !) à 2 pas de chez soi !

  • Myosotis 33 a écrit le 12 octobre 2010

    Il y a un élevage de gambas du pacifique en Gironde à Saint Vivien du Médoc. Ferme auacole EAUMEDOC On peut visiter. J’y suis allée, j’ai acheté des gambas vivantes. Un régal . Le prix aux allentours de 30 e. Si tu as l’occasion fais-y un saut cela vaut la peine.

  • Anne a écrit le 12 octobre 2010

    Tiuscha, je ne sais pas du tout

    Myosotis : merci beaucoup pour l’info 🙂

  • Toque et Popote a écrit le 13 octobre 2010

    Certes, c’est assez exceptionnel et très bien pour nos assiettes…mais ma petite conscience ecolo me fait demander si c’est bon pour l’écosystème…ne risque-on pas bientôt de connaitre le même genre de souci qu’avec d’autres espèces venant d’ailleurs comme le rat musqué…

  • Anne a écrit le 13 octobre 2010

    Je n’avais pas pensé à cela. Je ne pense pas dans la mesure où les bestioles ne partent pas dans la nature et meurent aux premiers froids.

  • Laurence a écrit le 13 octobre 2010

    En réponse à Patricia, il y a effectivement 2 élevages dans le Médoc. Compter une trentaine d’euros la vingtaine de bestioles, mais ça vaut le coup…. flambées à l’anis (pour ne pas citer la marque) avec un chouya d’herbes et d’ail, en 5 minutes l’affaire est pliée = miam !

    Pour info, elles sont vendues vivantes (pardon Brigiiiiiiiiitte) dans un truc isotherme, donc elles peuvent attendre le retour à Bordeaux tranquillou (ça se tortille un peu dans la poele mais pas de sauts périlleux non plus !).

  • Anne a écrit le 13 octobre 2010

    Merci Laurence. Le même prix qu’en Charente alors 🙂

  • Mumukouski a écrit le 13 octobre 2010

    N’empêche moi je suis bien contente que tu lui aies cloué le bec à ce Monsieur Anton :-). J’avoue qu’il a légèrement tendance à m’énerver

  • Zenobie a écrit le 14 octobre 2010

    Merci pour l’info du restau d’Oleron…j’atteri à Bordeaux mardi et je serai à Oleron pour la journée mercredi…enfin si y a pas grève !!!

    • Anne a écrit le 15 octobre 2010

      tu verras, c’est top 🙂

  • Claire a écrit le 15 octobre 2010

    Ha ben voila, je savais bien moi qu’on trouvait des gambas tigrées vivantes en France, j’en ai achetée il y a quinze jours (et j’ai également pensé à Frederic Anton) – merci de cette info passionnante !

  • Anne a écrit le 15 octobre 2010

    de rien 🙂

  • Le Boudoir Gourmand a écrit le 17 octobre 2010

    J’en ai trouvé ce matin au marché de Convention dans le 15ème (côté gauche du marché en le remontant, au début) chez un vendeur d’huitres de Marennes-Oléron, mais je ne me souviens plus de son nom… preuve en image http://twitpic.com/2yfe6s

    Même après un trajet Oléron-Paris elles sont encore archi vivantes, je les ai mise à mariner avec la recette donnée plus haut, mélange vin blanc et citron, elles n’apprécient pas beaucoup, 2 viennent de se faire la malle de l’assiette. Un petit tour à la plancha et ça va être un vrai régal ! 🙂

  • Anne a écrit le 17 octobre 2010

    Merci beaucoup pour l’info 🙂

  • Zenobie a écrit le 23 octobre 2010

    Coucou Anne!!

    Eh bien voilà…je suis passée par Oléron et le relais des Salines….divin!!! autant le cadre que la cuisine. J’ai mangé des coquilles Saint-Jacques avec des endives braisées aux abricots et poivre rose, un pur délice. Je n’ai rien pris d’autre car nous étions attendu à Rochefort pour le soir…je n’arrive pas à faire deux repas copieux par jour moi !!!. En plus nous avons bénéficié d’une journée extraordinaire et nous avons pu déjeuner dehors: un régal !!!!!

    De plus, j’ai découvert une région que je ne connaissais pas….je reviendrai en famille c’est sûr !!!

    je profite aussi pour te faire part d’une adresse…j’ai rencontré la propriétaire dans l’avion qui m’emmenait sur Bordeaux. J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette femme. Je suis sûr que son domaine est aussi chaleureux qu’elle… .http://www.domainedelarchey.com/index.php?lg=fr

    voilà c’est sûrement tout près de chez toi…je crois que tu es bien placée pour un petit coup de pub !!! si cela te plaît bien sûr !!

    bisous et bon weekend

  • Anne a écrit le 23 octobre 2010

    Ahhhh, je suis ravie ! Oui l’endroit a beaucoup de charme n’est ce pas ? Nous avions beaucoup aimé. Nous avions mangé une entrée avec des langoustines top top top.

    Je google sur le domaine. Merci beaucoup

    bises et bon weekend aussi.

  • Baptiste a écrit le 22 février 2011

    bonjour, il sagit enfait de penaeus japonicus (crevette imperiale) et non de penaeus monodon (crevette tigrée ou tiger shrimp).

    la différence est importante car l’une (japonicus) s’élève en élevage expensif et l’autre en intensif, le prix d’ailleurs au kg en est témoin 🙂

    En ce qui concerne l’environnement, c’est bien d’y penser mais il s’agit la de détritivores donc aucun impacte sur la chaine trophique si par un hazard peu probable quelques individus venaient à s’échapper des bassins d’élevage pr ramper, sauter jusqu’à l’océan..

    Nous avons beaucoup de chance car il sagit simplement de la meilleure crevette d’élevage au monde!

    Meme les tigers malgache font pale figure à coté de la qualité de sa chair.

    bonne appétit!

  • Anne a écrit le 25 février 2011

    Merci pour ces précisions

  • greg a écrit le 20 juin 2011

    bonjours !!je suis ostreiculteur et egalement eleveur de crevette imperial je me situe a l’aiguillon sur mer en vendee!!!! ce n’est pas compliqué de me trouver je suis le seul dans ce pti village!!a bientot 0660334774 pour info uniquement si besoin merci

  • Mellelaure a écrit le 25 juillet 2011

    Laure
    En effet ces crevettes impériales sont fabuleuses. J’en ai acheté au pont de la Seudre à Marennes chez Philippe De Haeck au prix très raisonnable de 30€ le Kg.
    Bon accueil, on peut les emmener dans des boites isotherme et restent vivantes pendant un long trajet. A déguster absolument

  • Visitmelayers evelyneeur a écrit le 25 janvier 2012

    coucou ma belle ayant fait des crevettes impériale vu ton article je mis ton lien sur mon blog merci pour cette expliquation bisous

  • Visitmelayers evelyn a écrit le 25 janvier 2012

    coucou ma belle ayant fait des crevettes impériale vu ton article je mis ton lien sur mon blog merci pour cette expliquation bisous

  • Anne a écrit le 25 janvier 2012

    Super 🙂

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