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Allergies alimentaires chez l’enfant. Attention, trop d’erreurs de diagnostic !

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Allergie alimentaire enfant

Allergie alimentaire enfant

A l’occasion d’une récente campagne de sensibilisation sur les symptômes méconnus des allergies alimentaires chez l’enfant, le Pr Christophe Dupont, chef du service de pédiatrie de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, alerte les parents et les généralistes sur les risques d’erreur d’identification de certaines manifestations cliniques.

La revue pédiatrique internationale “Archives of Disease in Childhood” publie les études d’un groupe de pédiatres, destinées notamment à éviter de fréquentes erreurs de diagnostic concernant les symptômes de l’allergie alimentaire chez le petit enfant. De quelles manifestations s’agit-il ?

Pr Christophe Dupont. Trop souvent, des parents ne réalisent pas qu’une colique, un eczéma, une constipation ou une régurgitation (reflux) qui résistent aux médicaments usuels sont en fait des réactions de type allergique, plus ou moins sévères et comportant des risques si on n’identifie pas l’allergie.

Quels sont ces risques si on continue à donner l’aliment auquel l’enfant est allergique ?

Pr C.D.
Outre le fait d’administrer un traitement médical inutile, parfois non dénué d’effets secondaires, un déficit nutritionnel peut s’installer, entraînant par exemple une carence en fer ou empêchant l’enfant de grandir normalement. Autre complication possible : l’installation d’une plus grande vulnérabilité à d’autres types d’allergie. Toute première crise signale un terrain propice à ces problèmes d’hypersensibilité.

Actuellement, quelles allergies chez l’enfant sont le plus fréquemment identifiées par les pédiatres ?

Pr C.D.
Avant l’âge de 1 an, on relève surtout des allergies aux protéines du lait de vache, révélées par des coliques et des vomissements dont jusqu’à 30 % des cas sont faussement diagnostiqués comme de classiques signes digestifs ! Par la suite, les allergènes concernés sont généralement l’œuf, le blé et l’arachide. Ils vont entraîner des diarrhées, un arrêt de la croissance ou de l’eczéma. Ensuite, chez les enfants plus grands, les allergies apparaissent sous forme aiguë, par des crises d’urticaire, par exemple, réactions dues alors à une ingestion de crustacés, de poisson ou de fruits à coque (noix, noisettes…). Dans les cas graves, la crise peut se manifester de façon violente et provoquer un choc anaphylactique avec perte de conscience et baisse brutale de la tension artérielle.

La réaction à un aliment peut donc déclencher un tel choc ?

Pr C.D. Oui, car l’organisme d’un allergique se défend, en quelque sorte, contre un certain type de substance absorbée. Il s’agit en fait d’une réaction exagérée de son système immunitaire qui produit alors des anticorps dirigés contre l’aliment “ennemi”. L’allergène, en pénétrant dans la circulation sanguine, déclenche une libération massive de substances entraînant une dilatation des vaisseaux sanguins et une chute de tension.

Quels sont vos conseils aux jeunes parents ?

Pr C.D. Tout d’abord, y penser puis chercher à identifier l’aliment pouvant être à l’origine du trouble digestif et envisager son élimination. Pour cela, la consultation auprès d’un médecin est nécessaire. Le seul traitement préventif d’une allergie alimentaire est de supprimer l’aliment qui l’a provoquée. Pour traiter une crise modérée, il faut donner à l’enfant un antihistaminique, ou parfois des corticoïdes, en attendant qu’elle disparaisse. En cas de réponse violente, comme un choc anaphylactique, il faut immédiatement une injection d’adrénaline qui va stopper la crise. Raison pour laquelle il est important que les parents de petits allergiques aient toujours de l’adrénaline dans leur armoire à pharmacie.

Et comment peut-on s’assurer que son enfant est véritablement allergique à un aliment spécifique ?

Pr C.D. Le spécialiste consulté, après avoir longuement interrogé les parents, effectue des tests cutanés pour rechercher l’allergène responsable ainsi qu’une prise de sang destinée à doser les éventuels anticorps de l’aliment allergénique soupçonné.

Doit-on appliquer aux petits allergiques des règles spécifiques d’hygiène de vie ?

Pr C.D. Ne pouvant manger de tout comme leurs petits camarades, ils doivent suivre un régime nécessitant un aménagement de vie particulier. D’autre part, ceux qui risquent un choc anaphylactique seront en permanence porteurs du médicament nécessaire à l’arrêt de la crise. Par ailleurs, on surveille toujours de près l’évolution allergique de ces enfants en tentant de réintroduire dans leur nourriture l’aliment concerné, car ces allergies de la petite enfance ont tendance à disparaître avec la croissance, hormis celles dues aux fruits à coque et à l’arachide. Quant à la recherche, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul mène actuellement un programme sur la désensibilisation progressive des enfants présentant une allergie alimentaire sévère. Il s’agit d’administrer un traitement sous forme liquide, que l’on place sous la langue chaque matin avec de très petites quantités de l’aliment allergénique. Les résultats semblent prometteurs mais nécessitent d’être confirmés.

Source: Paris Match

Allez on en discute ?
Les commentaires
  • Nine a écrit le 10 décembre 2007

    Merci pour ton post et le lien vers l’interview. Il y a un autre problème : celui des résultats contradictoires des allergologues, que les parents constatent de plus en plus. Personnellement, je ne sais plus trop comment prendre le problème. Je ne vais plus chez l’allergologue, le meilleur de la région, qui me dit que Benjamin n’est pas allergique aux noisettes alors je sais très bien qu’il l’est. Il ne me donne pas de prescription, ni de conseils et renvoie au généraliste qui renvoie au spécialiste ???? Je ne sais plus quoi faire.

  • estelle a écrit le 11 décembre 2007

    merci pour cet article. C’est exactement le cas ici : hugo et son papa ont des tests négatifs mais pleins de manifestations autres qui s’en vont quand on enlève l’ingrédient suspect. Officiellement ce sont donc des intolérances.

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