La fricassée à cul nu et la bayenne
C’était un plat de guerre, tout simple, pour les jours ‘sans’ (viande), mais on peut toujours le faire pour les fins de mois difficiles.
On fait dorer des pommes de terre et un peu d’oignons. Ensuite, on les saupoudre de farine puis on les couvre d’eau. On met une pincée de sel, du poivre, un peu de thym et de laurier, de l’ail, et on fait mijoter le tout à tout petit feu. Les jours fastes ma mère y ajoutait des lardons et des morceaux de poumon : ça je n’aimais pas, c’était caoutchouteux. Et la fricassée n’était plus à cul nu.A l’époque, à la campagne,on n’était pas malheureux si on avait une basse-cour, mais la viande de boucherie était rare et il fallait des tickets.
Dans la famille de mon mari, originaire du Nord, on faisait la bayenne avec des pommes de terre arrachées de la veille, quand elles avaient jeté leur feu.(Des fraîches pétotes en patois). Sans les éplucher, car on les mangeait avec la peau, on les couvrait de thym, laurier, céleri, persil, oignon, ail, sel, poivre et très peu d’eau. On faisait cuire sur le derrière de la cuisinière à charbon pendant au moins 1 heure .On les mangeait avec du pain frais et du beurre salé . Et c’était bon !!!!!! Un jour, j’ai voulu en faire avec des pommes de terre du jardin à Libourne : déception, rien de comparable. C’est vrai qu’ici la terre ne sent pas bon.
Edit : Edith de Charleville Mézières a souhaité elle aussi parler de cette recette. Voici ce qu’elle m’a envoyé :
Le nom, en réalité, en est la « cacasse à cul nu »
C’est un plat originaire des Ardennes, pays qui a subi tant d’invasions au cours de toutes les guerres, et pays industrieux pauvre dans lequel (vallée de la Meuse notamment), il n’y avait pas de viande pour améliorer l’ordinaire, ni en temps ordianires, ni encore moins en temps de guerre.
Je vous conseille de voir, à ce sujet, l’excellent film « les patates » avec Pierre Perret, de Claude Autant-Lara, qui relate la difficulté à se nourrir pendant la dernière guerre mondiale.
La bayenne est un plat du même style que la cacasse, avec toutefois, une couenne de lard gras pour faire revenir les pommes de terre.
Voilà, juste pour re situer l’origine de ces plats.
A noter qu’il existe, dans les Ardennes, à l’heure actuelle une confrérie de la cacasse à cul nu pour faire connaître et défendre la recette.
Merci Edith !


C’était un plat de guerre, tout simple, pour les jours ‘sans’ (viande), mais on peut toujours le faire pour les fins de mois difficiles.


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